Blog de David Valence

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Mot clé - Service civil obligatoire

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jeudi, mai 17 2007

Au revoir et... merci?

Certains amis me reprochent de préférer les responsables politiques une fois refroidis, c'est-à-dire sortis du champ de la vie publique, les pieds devant ou la tête haute. Les lignes qui suivent renforceront leur impression, puisqu'elles se veulent une manière de salut respectueux mais lucide adressé à Jacques Chirac, nouvel ex-président de la République.

A l'occasion de la passation de pouvoir du 15 mai 2007, qui vit Sarkozy succéder à son ancien mentor en politique, les journaux se penchèrent sur le bilan chiraquien. Inutile de préciser qu'on ne put, à cette occasion, les accuser de complaisance...

A l'heure qu'il est, le nom de Chirac irrite plus à droite à gauche : la relève très "libérale-conservatrice" de l'UMP n'a pas de mots assez durs, en privé, pour l'ancien hôte de l'Elysée. Cet homme aurait sacrifié à une forme de repentance systématique compromettant la fierté nationale (discours de 1995 sur la responsabilité de la France dans les déportations, ...), affermi par son discours un antilibéralisme supposé "naturel" aux Français, et surtout conforté la mauvaise conscience des hommes de droite en les persuadant qu'ils devaient penser le monde avec des idées de gauche, même nuancées.

Il n'est pas que de l'immérité dans ce procès. Que Chirac ait rejeté le libéralisme avec autant de fureur dans ses entretiens récents avec Pierre Péan (L'inconnu de l'Elysée) laissera songeur plus d'un modéré...

Pour autant, si on se place du simple côté du bilan, et de non de l'état d'esprit du pays, il est possible de conclure, en un clin d'oeil d'outre-Styx à Marchais, à un "globalement positif" argumenté. Les historiens ont pour manie de vouloir réhabiliter -pas toujours à raison- certains personnages supposés méconnus ou mésestimés, comme Henri III, Louis XVIII ou Georges Pompidou. Il faut croire que le métier "rentre" un peu, si je cède à ce penchant dès aujourd'hui.

S'agissant de Jacques Chirac, une première nécessité s'impose : celle de préciser que son bilan ne peut être jugé que sur 7 ans de présidence pleine, et non 12. En période de cohabitation, chacun le sait, l'Elysée se mue en camp retranché et impuissant, préparant méticuleusement l'élection d'après, si le président envisage de se succéder à lui-même. De 1997 à 2002, il serait malhonnête de dire que Chirac aura exercé le pouvoir, puisque la lettre de la Constitution invite, en cas de désaccord Parlement/Président, à une pratique parlementaire des institutions.

Sur ces 7 ans pleins (pour 3 premiers ministres), que porter à l'actif de l'ancien député de Corrèze?

La suppression du service militaire, d'abord, décision saluée par des générations de jeunes Français, dont la mienne. Inutile de revenir sur le mythe du service militaire comme "grand creuset national", pour mieux le briser, je renvoie ici à mon billet contre sa resucée hypothétique, le service civil obligatoire. Sur le plan de la Défense nationale, ajoutons de Jacques Chirac aura permis, entre 2002 et 2007, que la France augmente enfin son effort d'équipement, après plusieurs années de réduction des budgets. Cet acquis-là n'avait pas été mis en cause par Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, pas plus que par Nicolas Sarkozy.

Jacques Chirac a su agir avec constance pour la solidarité et la cohésion nationales, à une époque où tout semble les compromettre ou les éroder. On pense aux lois en faveur des handicapés, au Plan Cancer, dont les résultats sont d'ores et déjà remarquables, à la création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE), à l'égalisation des différents niveaux de SMIC consécutifs aux 35 heures... Ce n'est pas négligeable.

Pour ma part, je retiendrai deux dimensions principales des sept ans de Chirac : la réforme des retraites de François Fillon en 2003 (certes incomplète, mais courageuse) et surtout la qualification de la France pour l'euro, essentiellement entre 1995 et 1997.

Ce dernier aspect demeure discret dans les procès à charge instruits par la presse. Pourtant, en mai 1995, chacun sait que le déficit public (aggravé par Balladur, avec Sarkozy comme ministre du Budget) représentait 6,2% du PIB français. Les critères de Maastricht imposaient de passer sous les 3%. En 1997, après deux années de croissance très molle, le déficit ne pesait "plus" que 3,6% du PIB. Autant dire que le reste de l'effort, accompli par Jospin et consorts, s'avérait un jeu d'enfant, en période de croissance forte.

De cette qualification de la France pour l'euro, il faut donc créditer le Président Chirac, son Premier ministre d'alors, le très courageux Alain Juppé, mais aussi Jean Arthuis, aujourd'hui sénateur UDF, alors Ministre de l'Economie et des Finances. Non, le bilan de Chirac en matière européenne n'est donc pas nul, contrairement à ce qu'affirment ceux qui lui avaient précisément réclamé que se tienne un référendum sur le Traité instituant une Constitution européenne (TCE).

Au total donc, un bilan mitigé. Qui ne mérite ni l'excès d'honneur du dernier carré chiraquien (Baroin, Jacob, toujours dithyrambiques), ni l'excès d'indignité auquel le vouent les socialistes les plus sectaires.

Que Chirac prenne le temps de se déshabituer de la politique, et il vivra -espèrons-le- assez vieux pour se voir traité avec plus de justice qu'aujourd'hui.

samedi, août 12 2006

Le service civil obligatoire : une fausse bonne idée

Ou comment cette mesure-gadget serait dangereuse politiquement, inefficace socialement et absurde économiquement.

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