Les élections municipales de dimanche prochain occupent les media nationaux depuis plusieurs semaines : le passionné de politique aura lu cinq ou six analyses sur le maelström strasbourgeois, trois ou quatre sur le trébuchet toulousain, une ou deux sur la farce paloise. Silence ou presque, en revanche, sur les villes de moins de 80.000 habitants.

Las! Les états-majors politiques savent que seules les villes moyennes représentent un véritable enjeu électoral. L'évolution qui voit les grandes cités pencher à gauche est entamée depuis longtemps, alors que Nicolas Sarkozy a pu s'appuyer sur nombre de villes moyennes aux élections présidentielles d'avril-mai 2007. En 2001, les victoires de la droite à Beauvais, Cahors, Montauban, Blois, Laon, Evreux, Chartres, Châteauroux, Roanne, Tarbes (...) avaient préparé les législatives plus efficacement que les "prises" de Strasbourg et de Rouen. Pour notre part, nous jugerons de la poussée de la gauche en observant ses résultats dans des villes comme Bourges, Quimper, Epinal ou Sélestat.

Plus grave : qui sait qu'auront lieu dimanche des élections cantonales? Un tiers des Français sont pourtant concernés. Notamment dans le canton de Remiremont.

Le président du Sénat Christian Poncelet a choisi de solliciter le renouvellement de son mandat de conseiller général. Né en 1928, parlementaire depuis 1962, il restera sénateur jusqu'en 2014 quoi qu'il en soit. Son objectif est donc de quitter l'Assemblée départementale vosgienne et la Chambre haute en même temps.

Il y avait assurément un boulevard pour le Parti socialiste, pour le MoDem et plus encore pour un candidat de droite bien implanté. Au lieu de cela...

François Vannson, député de la 3e circonscription, qui vit à Remiremont, s'est défilé, malgré le contentieux qui l'oppose à Christian Poncelet.

La candidate socialiste aux dernières législatives, Jacqueline Bedez-Stouvenel, aurait pu (et dû) s'y risquer, quoique conseillère régionale. Maire de Raon-aux-Bois (dans le canton de Remiremont), elle a préféré s'effacer derrière un candidat sans expérience de 20 ans.

Gérard Michel, ancien candidat du MoDem aux élections législatives dans la 3e circonscription, est lui aussi élu (d'opposition) à Raon-aux-Bois. Il n'a pourtant pas déposé sa candidature pour les élections cantonales : il se confirme que le MoDem, qui se présente comme un mouvement neuf et audacieux, se garde d'ennuyer Christian Poncelet. De là à penser que le président du Sénat s'accommode très bien de la candidature de Mme Mercier (président du MoDem-Vosges) contre son faux ami Michel Heinrich, maire d'Epinal, il n'y a qu'un pas...

Tout se passe donc comme si le charmeur de serpents Poncelet devait encore remporter la mise.

Les Vosgiens souhaitent-ils avoir un octogénaire pour Président du Conseil général? C'est une autre question!