Nicolas Sarkozy n'a pas le privilège de l'ouverture, qui a souhaité inclure de nouvelles personnalités de gauche dans le gouvernement Fillon II. En Grande-Bretagne, le Chancelier de l'Echiquier Gordon Brown envisage de marquer sa prochaine accession au poste de Chef de gouvernement en intégrant certains élus libéraux-démocrates dans son équipe.

Rappelons d'abord que lors des dernières élections générales, le parti de Charles Kennedy avait rassemblé plus de 20% des suffrages exprimés en Grande-Bretagne. Depuis, le Roux le plus populaire du Royaume-Uni, convaincu d'alcoolisme, a été contraint de démissionner. Sir Menzies Campbell, un autre Ecossais -comme Gordon Brown- lui a succédé.

Rappelons encore que les Libéraux-démocrates n'ont plus dirigé le gouvernement britannique depuis 1919, et n'exercent que rarement des responsabilités ministérielles. Ce qui signifie certes pas que leurs élus soient inutiles, compte tenu du rôle du Parlement dans la vie publique, à Londres.

L'identité de cette formation est assez complexe pour un esprit français : positions très "ouvertes" en matière de libertés privées et publiques, europhilie inhabituelle outre-Manche, libéralisme économique parfois mâtiné, exigences électorales obligent, d'accents très sociaux. Globalement, les Libéraux-démocrates se distinguent par leur opportunisme en matière d'idées, conjugué à un jusqu'au boutisme stratégique qui leur fait souvent repousser les offres de leurs grands voisins conservateur et travailliste.

Toute ressemblance avec l'évolution que connaît actuellement une certaine formation politique serait fortuite...

Or, il semble que Gordon Brown souhaite élargir sa majorité en faisant entrer au gouvernement des hommes comme Lord Carlile (possible ministre de la Justice, ou plutôt Attorney general), Lord Lester, Lord Ashdown, le prédécesseur de Charles Kennedy à la tête des Libéraux démocrates. Ajoutons que Lord Ashdown avait poursuivi des négociations avec Tony Blair lors de la première victoire travailliste, en 1997, sans résultat. Les discussions actuelles pourraient s'avèrer plus fructueuses.

Au moment où -malgré les dénégations de Lord Campbell Menzies-, la question se pose en Grande-Bretagne d'un ouverture qui permette de mieux gouverner encore, dans un esprit de rassemblement, le MoDem devrait faire preuve de circonspection, avant de s'engager sur la voie d'un centro-centrisme puriste et sans retour.