Confusion d'après-bataille, ou de la pluralité des centres
Par David Valence le jeudi, mai 31 2007, 08:28 - Lien permanent
Renouer avec l'analyse politique est pénible, en ces heures de digestion post-présidentielle. On voudrait avoir cheminé le long de sentes littéraires ou artistiques, avant de pouvoir évoquer sans lassitude la mêlée électorale.
Las! Les servitudes du calendrier m'imposent, comme à chaque électeur, de retourner aux urnes les 10 et 17 juin prochains : certains seront dispensés de 2e tour, mais il est hautement improbable que ce soit mon cas. En passant, rien ne dit mieux la soumission de notre Parlement, et sa faiblesse, que l'enchaînement de la petite foulée législative sur le marathon présidentiel. A posteriori, chacun s'interrogera en son for intérieur sur l'opportunité passée de l'inversion du calendrier électoral, décidée en 2002 par Lionel Jospin, avec l'accord plein et entier de François Bayrou.
Or donc, il faudrait peser à nouveau, se passionner encore, et vibrer derechef. L'heure n'est plus pourtant où les citoyens pouvaient s'abstraire dans un combat collectif au long cours, et les conversations de bistrots tournent à nouveau, depuis le 6 mai 2007, autour des vacances en Bretagne, de la collègue qui va accoucher ou de la dernière série télévisée de TF1.
C'est dans cette apathie apparente que point un nouveau parti centriste, installé librement dans la majorité présidentielle. Lancé le 29 mai dernier à l'Assemblée nationale, il rassemblera l'essentiel des députés UDF sortants, parmi lesquels Hervé Morin, devenu ministre de la Défense, François Sauvadet, Maurice Leroy, Rudy Salles, Francis Hillmeyer ou Charles de Courson. Quelques sénateurs devraient également le rejoindre, comme l'ancien ministre des Finances Jean Arthuis.
Les ex-UDF passés au Mouvement démocrate raillent ce "Nouveau centre", assimilé à un parti-croupion de l'UMP, en tous cas à un parti soumis. Comme si alliance valait suzeraineté!
Plus récemment, l'examen de la liste des candidats "PSLE" (Parti social-libéral européen), qui se réclament d'un centre libre dans la majorité présidentielle, a autorisé un certains nombres de "Modemistes" à en rajouter dans le mépris et l'amertume. Ces candidats ne seraient que des marionnettes, des prête-noms pitoyables, et Hervé Morin un séide de Sarkozy, le "Nouveau centre" ayant pour contrat d'assécher les terres bayrouistes.
Je reconnais que l'urgence n'a pas toujours permis aux hommes du "Nouveau centre" de peser au trébuchet l'intérêt de telle ou telle candidature. Nécessité fait loi, et le devoir incombait aux parlementaires UDF de montrer qu'un centre-droit ouvert et libre pouvait exister, loin des imprécations d'un centro-centrisme stérile.
La liste des candidats du Modem est-elle beaucoup plus convaincante, quand ce parti a eu le temps nécessaire, lui, pour préparer son implantation? Le cas de Paris nous fournit une première réponse.
Les candidats du Modem dans la capitale ont été annoncés au dernier moment. La liste concoctée par Marielle de Sarnez se veut représentative de la diversité et du renouvellement attendus par les Parisiens. Une savante mixture assurément : un fond d'héritiers et de chevaux de retour (4 particules pour 21 candidats ; trois anciens Adjoints au Maire de Paris), un touche de gauche grâce aux éternels aigris du PS et des Verts (3 candidats issus des Verts, mais très marginalisés dans cette formation politique ; une ex-socialiste du Val-de-Marne), pour qui le Modem fait office de voiture-balai ; enfin, une salutaire pincée de diversité visible, essentiellement dans les circonscriptions "râpeuses".
Grands absents : les présidents de section (hormis Elisabeth de Fresquet) et militants de terrain qui, depuis des mois, mouillent leur chemise pour un centre libre mais responsable, incarné à la présidentielle par François Bayrou. Moralité : peu de promotion interne, et des premiers rôles réservés aux copains de toujours ou aux ouvriers de la onzième heure. Est-cela, la rénovation de la vie politique?
Inutile d'insister en évoquant l'investiture de Djamel Bouras (Seine Saint-Denis), qui manifesta jadis aux côtés de l'UOIF ; celle de l'imposteur Claude Ribbe (Val d'Oise), auteur d'un livre scandaleux historiquement, dont le seul propos était de convaincre Bonaparte de crime contre l'humanité et de génocide ; celle d'une ancienne "Bovétiste" à Lyon. J'en passe, et de plus croquignolets encore.
Un certain nombre de mes camarades d'hier sont passés d'une légitime hostilité à l'encontre du bipartisme à un rejet de la bipolarisation, entre 2002 et 2007. Ce m'est d'ailleurs un déchirement que de perdre des amitiés et des fraternités militantes pour avoir souhaité être utile sans tarder.
Je reconnais que beaucoup des ex-UDF ralliés au Modem le font sur une base de conviction, ou plutôt sur celle d'un joli rêve unanimiste, parfois égotiste.
En revanche, les "ralliements" mis en scène face à la presse (Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias, Azouz Begag) relèvent de la plus pure tradition de l'opportunisme politique. Un parti où chacun amène ce qu'il a, sans devoir adhérer à autre chose qu'au "ni-ni" : telle est la voie sur laquelle s'engage le MoDem, qu'on pourrait surnommer "Aubesp" (Auberge espagnole), avec un peu de mauvais esprit.
Pas de danger que les clients de cette auberge-là se plaignent du menu, puisqu'il sont venus avec leurs propres mets, qu'ils ne changeront pour aucun autre. La tentation de l'aubergiste, afin de ne pas laisser entendre du dehors une cacophonie trop fâcheuse pour la réputation de son établissement, sera d'y imposer une discipline de fer, un maintien militaire ou des moeurs spartiates.
Croit-on que les nouveaux adhérents du Modem, cyniques ou pas, se laisseront brider par le centralisme démocratique de feue l'UDF? On peut en douter. Et rien ne garantit en 2012, le succès d'une équation posée en 2007 par François Bayrou : il faudrait pour cela que la France s'enfonçât dans la crise, ce que nous ne pouvons souhaiter.
Enfin, je voudrais faire un sort à une comparaison développée par beaucoup de "Modémistes". Oui certes, la comparaison entre le Bayrou de 2007 et le de Gaulle trahi par une partie de ses parlementaires, en 1952, est pour partie pertinente. Pour partie seulement :
-en 1952, de Gaulle plaidait pour un changement de régime, Bayrou seulement pour un changement de coalition ;
-le prophétisme de De Gaulle ne s'est trouvé vérifié qu'à la faveur d'une guerre : on peut souhaiter que la France soit en paix en 2012 ;
-en 1952, de Gaulle demeurait très entouré, et par des hommes de grande valeur (Malraux, Debré, Pompidou) ; François Bayrou est un homme seul, ou du moins est-ce ainsi que les Français le perçoivent ;
Et puis, rappelons-le comme une évidence : Bayrou, malgré toutes les qualités que nous lui trouvions jusqu'au 22 avril 2007, n'est pas de Gaulle... Son 18 juin à lui, c'est un discours appelant à voter une motion de censure!
Fin de la comparaison...
Commentaires
Vous écrivez :
Quelques sénateurs devraient également le rejoindre, comme l'ancien ministre des Finances Jean Arthuis.
C'est totalement faux.
Lisez donc sa mise au point, et vérifiez vos sources la prochaine fois, svp :
http://www.jeanarthuis-blog.fr/inde...
Cela a l'air de vous gêner que des individus venus d'horizons divers rejoignent l'UDF-Mouvement Démocrate : pouvez-vous en dire autant du Nouveau centre (avec lequel tous les ponts ne sont pas rompus au demeurant) ?
Le MoDem a pourtant bien un projet : c'est l'avant-projet législatif de l'UDF, et il ne l'a pas renié, contrairement à d'autres.
Evidemment, c'est toujours pratique d'appeler auberge espagnole les rassemblements qui dérangent...
Cher Hérétique, toujours aussi courageusement anonyme,
Je vous répondrai sur un ton moins agressif que le vôtre, mais non moins convaincu.
Les ralliements au Modem ne sont pas si nombreux que cela, puisqu'aucun parlementaire socialiste (national ou européen), aucun parlementaire UMP (national ou européen) et un seul parlementaire des Verts a effectué cette démarche.
Le MoDem se voudrait un rassemblement des meilleurs, mais il ne rallie que les personnalités isolées (Corinne Lepage et son "club", Cap 21) ou très marginales au sein de leur propre camp (Jean-Luc Benhamias, qui avait appelé à soutenir Nicolas Hulot).
Rassembler les petits (et bas) morceaux de formations politiques en crise n'est pas un signe de qualité ; a fortiori quand la place faite à ces ouvriers de la onzième heure se fait au détriment des militants de base, sans que les héritiers se poussent un peu (ne m'obligez pas à vous donner des exemples d'héritiers candidats aux législatives à Paris!).
Quant à Jean Arthuis, j'observe qu'il ne doit sa présidence de Commission au Sénat qu'à la bienveillance de l'UMP. Sa position risque donc d'évoluer... Au reste, aucune loi n'aurait pu être adoptée par le Sénat, entre 2002 et 2007, sans le soutien de l'UDF, puisque l'UMP n'y détient pas la majorité absolue.
Michel Mercier lui-même a voté l'essentiel des lois Raffarin et Villepin ; il gouverne d'ailleurs le conseil général de la Loire avec l'aide des UMP.
Pouvez-vous contester que le MoDem prenne le chemin du centralisme démocratique? Franchement, quand on veut monter au mât, il faut avoir les fesses propres!
Quant au projet législatif de l'UDF, figurez-vous que nos sortants le défendent dans leur campagne ; je le répète, l'UDF et le centre ont existé avant François Bayrou ; ils existeront après.
Cessez d'entamer des procès en trahison à tout va, cher camarade aux penchants staliniens!
J'ai entamé un procès en trahison, moi ? Dans vos délires. Figurez que sur ce point, je conçois assez clairement ce que reprochent les anciens élus UDF à François Bayrou, et je suis bien conscient que tout n'est pas ou tout blanc ou tout noir dans cette histoire. C'est bien pour cela que je milite plutôt pour un rapprochement que pour une lutte à couteaux tirés.
Le MoDem fait ce qu'il peut dans l'immédiat, et ce n'est pas si mal en aussi peu de temps.
J'espère, par exemple, que Charles de Courson, qui avait chiffré avec précision les dérapages du programme de Sarkozy interviendra très vite pour en rappeler les faiblesses.
Car pour l'instant, ne vous en déplaise, les comptes dérapent à nouveau.
Pour le reste, je ne suis pas un anti-UMP forcené, comme cela vous arrangerait de le croire, et cela ne me dérange pas qu'il y ait ponctuellement des alliances UDF-UMP.
Ce qu'il y a, c'est que le contexte ne s'y prête guère : l'MMP, sous l'égide de Nicolas Sarkozy, est bien déterminée à éradiquer le MoDem, et, dans ces conditions, je ne vois pas comment les majorités locales pourraient subsister.
Pour un ex-centriste, je vous trouve bien peu amène avec Jean Arthuis.
Bien sûr les centristes, dans votre discours, ont vocation à se satisfaire des miettes, c'est à dire de la «bienveillance» de l'UMP. Ce n'est pas ma vision des choses.
Je ne jette pas la pierre à Villepin ni Raffarin. Certaines choses intéressantes se sont faites sous ces deux gouvernements
(ex : retraites pour Fillon, même s'il a été maladroit, pôles de compétence pour Raffarin, mais il n'a jamais réussi à dépasser les lourdeurs administratives du système français).
Cher David,
Essayons d'apporter un peu de modération au débat ! ;-)
La bataille des deux centres est un peu ridicule et j'avoue que le spectacle aussi bien sur la blogosphère que dans les hautes instances des deux nouvelles formations est un peu désolant.
Que je sâche nous partageons les mêmes valeurs et seul diffère notre appréciation sur la meilleure façon de les défendre.
Les uns, le Nouveau Centre, dont je ne suis pas, font le pari de l'action au sein d'une majorité présidentielle en espérant que celle-ci leur fera echo et qu'elle leur laissera leur liberté. C'est un choix qui se respecte.
Les autres, le Modem, dont je suis, font le pari que la liberté qu'ils se donnent et qu'ils vont payé chèrement aux prochaines législatives leur permettra de défendre leurs valeurs avec plus de force et de conviction, et ce, plus particulièrement lors des autres échéances électorales à venir. C'est un choix que je vous demande aussi de respecter
Chaque attitude me paraît mériter respect, l'avenir dira ceux qui ont fait le bon choix.
Ce qui me gène par contre c'est les anathèmes que nous ne cessons de nous envoyer en oubliant de nous battre pour ce que nous avons en commun !
J'apprécie votre post suivant sur Eric Woerth car pour nous être battu au fil de la campagne sur le danger de la dette je trouvais sa modération dans cette mesure plutôt bienvenue. Las ! Celui pour qui j'ai voté au 2ème tour (et oui !) semble déjà devoir arbitrer entre ses promesses de dépenses "constructives" et sa vocation tardive pour la maîtrise des dépenses.
Sur ce dossier comme d'autres qui arrivent j'attends des membres du Nouveau Centre qu'ils s'expriment fort de cette liberté qu'ils ont paraît-il acquise au sein de la Majorité présidentielle et j'attends aussi des dirigeants du Modem qu'ils fassent entendre leur voix sur ces sujets plutôt que s'épancher sur la nécessaire "resistance" à un pouvoir qui n'est quand même pas dictatorial !
Je vous remercie donc de ne pas nous croire staliniens ni centralisateur comme je ne vous imagine pas inféodé au Dieu Sarkosy.
Cordialement.
Je partage assez largement ce qui est écrit par le dernier commentateur. S'il m'est arrivé de parler de "sectarisme" de la part du MoDem, c'est pour avoir reçu (et écarté) des dizaines de commentaires grossiers et insultants sur ce blog, me qualifiant au choix de "collabo", "vendu", "félon", et j'en passe...
Comme vous le notez, nous sommes de la même famille, mais notre désaccord stratégique est profond. Je ne crois à l'avenir de François Bayrou (dont le MoDem est la "chose") qu'au prix d'une évolution vers la gauche, où le MoDem se chargerait de la rénovation des progressistes.
C'est d'ailleurs ce qu'expliquait Jean Peyrelevade à Sciences-Po hier!
Mais moi je ne vous ai jamais qualifié de félon, vendu, collabo, et cetera, ce qui ne vous empêche pas de m'appeler camarade aux penchants staliniens, je vous fais remarquer : en vous classant, sur mon blog, parmi les centristes égarés, je crois bien faire preuve d'une ouverture d'esprit que vous n'avez guère à mon égard.
Savez-vous par ailleurs, si cette conférence à l'IEP est en ligne quelque part ? Je serais fort curieux d'entendre ou de lire ce qu'il s'y est dit.
Cher Hérétique, toujours aussi courageusement anonyme,
Je vous remercie de l'honneur que vous me faîtes en me référençant comme d'"égaré" sur votre blog, honneur que je n'ai jamais sollicité, mais de je vous sais gré.
Vous passez votre temps à nous accuser de "reniement", et je vous conteste le droit de le faire (le Modem n'a-t-il pas renié l'UDF de 2002?). Le fait est -même si j'apprécie la vigueur de votre propos- que vos mots sont souvent trempés dans l'encre de l'amertume, de l'accusation larvée.
Et puis, allez, il n'est question que d'un penchant, et pas de votre personnalité dans l'ensemble.
Quant à la conférence de Peyrelevade, je ne sais si elle a été enregistrée. Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à me le dire, j'interrogerai les organisateurs.
Sans rancune!
Moi, j'accuse de reniement ? Où ? Qui ? Tout d'abord, il n'y a pas d'accusation globale : il est vrai que j'ai publié un extrait du Reniement de Saint-Pierre de Baudelaire, parce que j'y voyais l'occasion d'un clin d'oeil amusant, mais il ne faut tout de même pas exagérer.
En revanche, au sein des centristes sarkozystes, il y a effectivement des individus qui se sont reniés. Je ne vous accuse pas vous, ni tous les partisans du Nouveau centre, mais certains, oui : Santini, Leroy et Morin en particulier.
D'autres comme Salles, ont toujours été nettement à droite ou ont annoncé la couleur bien avant.
Quant à Blanc, il s'est toujours voulu homme libre, et n'était qu'apparenté UDF : de mon point de vue, il s'est trompé, mais je ne l'ai jamais accusé de s'être renié.
En parlant de tendances, très cher non-anonyme David Valence, n'en auriez-vous aps une qui pencherait justement du côté de la paranoïa ?...
Oui, la conférence de l'IEP m'intéresse beaucoup, et je serais très curieux de savoir ce qu'il s'y est dit.
Pour ma part, je préfère la démocratie chrétienne à la social-démocratie, car le modèle social-démocrate commence à vieillir sérieusement, et a lui aussi besoin de se réformer (c'est dire où nous en sommes en France, puisque nous en sommes encore au socialisme honteux de son accommodation à l'économie de marché et aux accents encore marxistants !)
Je crois, toutefois, que sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens peuvent travailler ensemble, et que par ailleurs, l'UMP actuel ne représente pas les démocrates-chrétiens.
Pour moi, les démocrates-chrétiens, c'est le Mouvement Démocrate, même si actuellement, il est certainement bien plus proche de ce qu'était le MRP que de la démocratie-chrétienne telle qu'on peut la trouver en Europe.
Ce courant m'intéresse beaucoup, et, bien que laïque et athée, je m'intéresse également à l'évolution de l'église dont personne ne s'occupe, mais, qui, dans le champ social, accompagne cette démocratie chrétienne, de loin, bien sûr.
Seul l'avenir dira qui aura raison, mais j'ai espoir qu'un jour elle retrouve la place qu'elle mériterait en France.
Cher Hérétique, toujours aussi courageusement anonyme,
Je croyais avoir usé de mesure pour vous répondre : il faut que je me sois trompé, puisque vous me gratifiez désormais de tendance à la paranoïa.
Chacun pourra juger en l'espèce du ton de vos remarques.
Je suis d'accord avec vous : la social-démocratie est une notion largement obsolète ; je vous recommande à cet égard le numéro de "La Vie des idées" de mars dernier, où un article évoque la défaite des sociaux-démocrates en Suède, lors des dernières élections.
S'agissant de la démocratie-chrétienne, il paraît hasardeux de parier sur l'avenir de cette famille de pensée en France. De manière générale, les démocrates-chrétiens français ne se distinguèrent jamais, en France, par la précision de leurs idées : même Maritain, dont Bayrou est paraît-il friand, baigne souvent en plein flou généreux et humaniste.
Nous nous retrouvons sur ceci que le rapport de la Cité à l'Eglise en France n'est pas sain, qui se noue parfois dans la coopération contrainte et méfiante.
Sans rancune!
un ptit coucou de la Vendée David Valence et l'Hérétique (merci au fait de ton passage sur mon blog et ton commentaire sur le nouveau tribun de la Plèbe).
Moi qui n'étais pas UDF du tout du tout, j'ai voté Bayrou car j'ai aimé l'évolution de ses idées, et son indépendance face à l'UMP.je respecte aussi ceux qui de l'UDF préfèrent se "rapprocher" de l'UMP par des alliances...allégeance? l'avenir nous le dira....
Ce matin j'ai voté pour Thierry HARDOUIN: UDF MoDem, car j'ai rencontré l'homme et j'ai trouvé un candidat capable de dire oui de dire non et de ne pas se renier,je pense qu'élu il tiendraitl e Cap des idées qu'il a défendu courageusement lors de sa campagne qui rejoignent celles de Bayrou.
De toute façon pas de candidat du nouveau centre ou autre apparenté udf...sur la 5ème de Vendée si tu n'es pas couleur Vendée:un mixte UMP,MPF,FN, tu n'es pas pris au sérieux.
Moi les querelles de clocher de l'UDF je m'en moque, vous y perdrez votre âme et votre énergie...
Les votants MoDem sont blasés et veulent une politique autrement, plus de clivages droite gauche chez les gens de bonne volonté.
C'est la première fois que je fais une campagne législative avec des gens de droite de gauche du centre ou sans parti pris jusqu'au 22 avril, qui ont les mêmes envies, veulent avancer, et construire ensembles.
Et ça ça fait du bien.
Par contre j'ai la conviction qu'il ne faut pas mélanger les mots chrétienté et démocratie...tous le monde ne s'y reconnait pas même si je comprends qu'il s'agit des "valeurs ".pour ma part je n'ai pas la foi...et respecte celle des autres.
mais attention aux étiquettes, restons simples et à la porté de tous dans notre langage.
Pour moi laisser la liberté aux adhérents c'est aussi promettre un mouvement garant de la laicité de L'Etat, et préservant la liberté de culte de chacun.
L''important c'est la défense des intérets de tous et non de quelques uns dans tous les domaines.
Je vais y travailler par mon soutien au MoDem, d'autres le feront par un autre chemin plus social, plus chrétien,...
"enrichissons nous par nos mutelles différences"...
Bon vote à tous les deux et faites de belles et bonnes choses pour tous à hauteur de vos possibilités et de votre engagement dans les années qui viennent.
PS: je trouve au contraire Bayrou entouré d'hommes et de femmes de grande valeur.Moi par exemple :-)
et je vais me mettre à l'espagnol(humour)
l'humour est au-dessus de tout...
Sandra CAPPI alias falballa la bayroudeuse.
(je signe parce que David a besoin d'un nom pour situer les gens courageux re lol)
Ce soir je mange à l'auberge espagole vendéenne du candidat MoDem à Fontenay le Comte, humour, bonne humeur, tolérance et droiture garantie...les tortillas tiennent du divin, si tu passes par là on pourra toujours trinquer ensembles quelques soient les résultats...
Pourquoi cette rengaine "courageusement anonyme" ?
Moi aussi, je ne dis pas mon nom. Parce que je serai un lache ? Non, tout simplement car mon statut, fort proche du tien, quelques prestiges en moins :-) fait que je ne suis pas titularisé. A Science Po, vous devez presque tous prendre position me semble-t-il. Moi, je dois encore prendre mes précautions...
Le jour viendra où je pourrai dire ce que je veux quand je veux... On vit dans un pays où certaines personnes (commerçantes dans un village, certains fonctionnaires, etc...) ne peuvent ou ne doivent pas exprimer leurs idées... Voir aussi le devoir de réserve dans certains cas...
Et ne parlons même pas des militants du FN... quel calvaire pour eux !
Alors je te trouve bien dur ac l'hérétique... il a peut-être, comme moi, ses bonnes raisons...
Par contre, et si tu le demandes, je peux bien évidemment t'envoyer un mail et tu connaitras mon identité.
je suis désolé d'intervenir dans de vieux débats mais je découvre ton blog.
Il me fait bcp réflechir (et c'est très bien). Toutefois, des commentateurs/contradicteurs sont souvent de qualité !
A Sciences-Po, nul n'est tenu de s'afficher plus qu'ailleurs. Je suis certes agrégé (donc sûr de ne pas me retrouver au chômage demain), mais il serait préférable, pour mes perspectives de carrière, une fois la thèse finie, que je m'en tienne au silence, ou aux conversations entre amis.
Quant à la rengaine, elle vient de ce que "l'Hérétique" milite à Paris, dans une Fédération que je connais bien. Il se pourrait que je le connaisse, ou qu'il m'ait déjà croisé.
Merci pour mes commentateurs -dont vous êtes désormais- et merci à vous, DV.
Mais si ce cher David voulait bien se donner la peine de faire une petite recherche sur google, en un clic seulement, il pourrait m'identifier.
Cela m'étonnerait que nous nous soyons croisés, car je ne milite dans cette fédération que depuis une quinzaine de jours pour cause de déménagement à venir.
Je n'ai quasiment pas été actif autrement auparavant : mais ça va changer, maintenant, et je compte bien m'engager et m'investir...
merci bien les amis