Côté Royal : soutiens fragiles et adhésion négative
Par David Valence le mardi, mai 1 2007, 07:14 - Lien permanent
Une récente enquête TNS-Sofres pour RTL et Le Monde confirme ce que nous ressentions depuis plusieurs semaines : si Ségolène Royal était élue à la présidence de la Républiquele 6 mai prochain, elle ne disposerait que d'un "socle" politique très réduit.
Que veut-on dire par là? Le "coefficient personnel" d'un candidat, pour utiliser une expression gaullienne, tient à deux choses : sa capacité à incarner le changement d'une part ; l'adhésion positive qu'il suscite sur ses idées, d'autre part.
Le sondage auquel nous faisons référence a été publié dans l'édition du Monde datée du 2 mai 2007. Il indique que 63% des personnes interrogées s'attendent à un changement dans l'hypothèse où Nicolas Sarkozy serait élu. A l'inverse, 59% des sondés estiment que l'élection de Mme Royal n'amènerait que peu ou pas de changement.
S'il tient à bien des égards le rôle de candidat du pouvoir sortant, Nicolas Sarkozy aurait donc réussi à être considéré comme un homme volontariste, porteur d'un discours de rupture, quelqu'anxiogènes que certains de ses accents puissent sembler.
A l'inverse, Mme Royal serait l'incarnatiion d'un certain "statu quo" apaisé mais émollient. Un "sur-place" de plus.
Un autre aspect de cette étude a retenu mon attention : 60% des électeurs envisageant de voter pour Sarkozy au 2e tour le feraient par adhésion, contre seulement 42% des personnes se prononçant pour Mme Royal. L'électorat potentiel de cette dernière se détermine à 56% sur des éléments d'adhésion négative, soit la volonté de rejeter Nicolas Sarkozy.
Petite question : quelle serait l'assise d'une Présidente élue avec une majorité étroite (car il est improbable que la candidate socialiste gagne largement), et qui n'aurait représenté qu'un "choix contraint", ou un vote d'adhésion négative, pour les Français?
Le risque de cohabitation serait grand. Songeons que François Mitterrand, qui l'avait emporté nettement en 1988 dans une manière de référendum anti-Chirac, n'avait ensuite obtenu qu'une majorité très étriquée aux législatives.
Le vote anti-Sarkozy est le principal ressort du soutien à Ségolène Royal. Plus le temps passe, et plus l'impression s'impose qu'il est le seul...
Commentaires
Je pense aussi malsain de soutenir pleinement Nicolas Sarkozy que de prôner le Tout Sauf Sarko.
N'étiez-vous pas UDF? Pourquoi dès lors prendre ainsi part dans le choix de conscience des uns et des autres?
S'il est une chose que ne doit pas faire l'UDF aujourd'hui, c'est se désunir! Notre choix commun est notre socle. Les votes du second tour ne doivent rester pour nous UDF que des votes de dépit ou de report.
Pourquoi marquer aussi distinctement les désacords qui peuvent apparaître au sein même de ce parti, qui ne l'oublions pas, est centriste! Un militant UDF n'a pas à devenir un militant royaliste ou sarkoziste pour satisfaire les appels des uns ou des autres. Pourquoi ainsi vous engager auprès de Nicolas Sarkozy? Pourquoi ne pas l'avoir soutenu depuis le début? Vous semblez finalement convaincu qu'il est l'homme qu'il fallait à la France.
François Bayrou a beau avoir "échouer" au premier tour, je reste convaincue que sa position était (est) la bonne, et que le centre n'est en rien l'avatar du PS ou une version édulcorée de l'UMP!
Chère Madame,
Pour avoir fait campagne en faveur de François Bayrou sur le terrain, je me sens très libre de vous répondre avec fermeté.
Je trouve agaçant de se voir intenter un procès en militantisme chaque jour de la semaine par des militants de fraîche date, qui sont parfois restés dans leurs foyers pendant la campagne, quitte à se croire autorisés de nous morigéner ensuite.
Le choix à effectuer dimanche prochain est de moindre mal, et il vous suffira de lire plus attentivement mes billets pour le comprendre.
Il est quand même paradoxal d'applaudir à ceux qui ne cessent d'argumenter en faveur de Royal, et de reprocher aux autres de désunir l'UDF!
Je ne m'engage pas auprès de Sarkozy. Je n'ai rien à négocier, rien à vendre. Je ne fais que prendre position et défendre ma position. Et j'en ai le droit, en citoyen libre.
Le choix de dimanche se fera en Sarkozy et Royal. Tels sont les termes du débat jusqu'au 6 mai.
Le combat centriste et libéral est une lutte de longue haleine.
Pour (mal) plagier François Bayrou, les accusations vite proférées tombent sur le dos des bédouins comme de l'eau sur les plumes du canard.
Prendre position pour M. SARKOZY ou Mme ROYAL n'est pas une mauvaise chose, ni pour chacun d'entre nous, ni pour l'UDF.
Ce qu'il faut éviter, ce sont les tensions internes. Prendre parti pour l'un ou l'autre des candidats n'est pas de nature à créer ces tensions si cela est fait dans le respect de la liberté de chacun.
Pour l'heure, l'UDF est éliminée, Prenons en acte et faisons notre choix entre les candidats qualifiés.
Prendre position pour quelqu'un n'implique pas une prise de position définitive mais constitue un acte citoyen d'Homme libre.
Pour ma part, je suis encore indécis, même si je commence à savoir quel bulletin je n'utiliserai pas.
Je suis heureux de voir que, sur l'essentiel, nous sommes parfaitement d'accord.
Bon vote!
Bonjour,
Nous sommes en effet d'accord sur l'essentiel, c'est à ce titre que je disais plus haut "S'il est une chose que ne doit pas faire l'UDF aujourd'hui, c'est se désunir! Notre choix commun est notre socle. Les votes du second tour ne doivent rester pour nous UDF que des votes de dépit ou de report."
Bon dimanche et bon vote!