Perspectives et réalités : pourquoi je voterai Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007
Par David Valence le vendredi, avril 27 2007, 06:16 - Lien permanent
La déception du dimanche 22 avril passée, chaque électeur de François Bayrou se voit confronté au choix du second tour.
Nos voix ont été beaucoup sollicitées dès que furent connues les premières estimations des instituts de sondages : avec brutalité par le candidat de la droite, avec une hypocrisie de maquignon du côté socialiste. Hier vilipendé, notre candidat s’est vu paré, notamment par Mme Royal, des qualités les plus éminentes tout au long de ce début d’entre-deux tours. On comprend que cette sollicitude prenne pour François Bayrou un goût de revanche.
Mais à l’électeur et au militant anonymes, le vertige des 18,57% ne saurait tenir longtemps lieu de ligne de conduite. Les plus déçus –et les moins lucides ?- de mes camarades envisagent de se retirer du jeu, de passer leur tour à la table où se décide l’avenir de la France. Que rêvent-ils, ces moines- soldats du centre ? Souvent jeunes ou neufs en politiques, ils ont formé l’espoir qu’un mouvement de taille réduite, privé de beaucoup de ses cadres les mieux implantés depuis la saignée de 2002 et armé du seul enthousiasme de ses néo-militants, pouvait terrasser deux mastodontes héritiers de décennies d’histoire politique.
Le combat valait la peine d’être mené, et je suis fier d’en avoir été, avec beaucoup d’autres. En votant UDF, nous avons affirmé avec force la possibilité d’un centre humaniste et libéral, pour peu que son projet s’incarne dans une personnalité de haute valeur.
La démocratie porte pourtant des règles que chacun doit respecter.
Malgré nos efforts conjugués, plusieurs millions de voix séparaient, dimanche 22 avril, François Bayrou de Ségolène Royal, et plus encore de Nicolas Sarkozy. Il importe désormais de tenir compte du fait majoritaire, sauf à contester jusqu’au principe de l’élection présidentielle.
Ceux qui refusent de trancher entre Mme Royal et M. Sarkozy sont maîtres de leur non-choix.
J’ose croire pour ma part qu’en tenant un discours de liberté et de courage, François Bayrou ne nous a pas fait franchir le Rubicon pour y pêcher à la ligne le 6 mai.
Deux préoccupations doivent gouverner l’intime conviction des centristes à l’approche du second tour : l’intérêt de la France, d’abord ; l’intérêt stratégique de l’UDF et du futur Parti démocrate, ensuite.
Il se trouve qu’ils coïncident en cette circonstance. L’intérêt de la France exige que se trouve placée, à la tête de l’Etat, une personnalité d’expérience, capable d’avoir la main sûre et la décision prompte en cas d’atteinte portée aux intérêts vitaux de notre pays.
Or, la candidate du Parti socialiste ne sait pas ce qu’elle veut pour la France, pas plus d’ailleurs que la pléiade de mouvements qui la soutiennent pour le second tour (LO, LCR, PCF, MRC, Les Verts, PS, PRG, …). C’est bien simple : depuis ses victoires de 2004, le Parti socialiste croit pouvoir emporter l’élection présidentielle sans avoir à effectuer en profondeur de révision de sa doctrine, qui « met le réformisme au service des espérances révolutionnaires » (la formule vaut toujours !).
Quant à la méthode employée par les gauches pour convaincre, elle évoque rien de moins que la IVe République. Ségolène Royal, sous prétexte de l’emporter au second tour, a cédé depuis dimanche aux poisons et délices de la combinazione, pensant acheter les électeurs du centre comme des clémentines sur un marché, au prix de deux ou trois strapontins ministériels.
Mais, amis centristes, souvenez-vous que nous avons su préserver notre indépendance en 2005, au moment où l’UMP formulait les mêmes propositions indécentes à certains de nos élus ! Pourquoi céder aujourd’hui, après avoir fait preuve de notre courage hier?
L’intérêt de la France me poussera dimanche 6 mai à choisir un bulletin au nom de Nicolas Sarkozy.
L’ancien Ministre de l’Intérieur a construit un projet clair, moins caricatural que le répètent ceux qui ne l’ont pas lu. Un projet qui, sur les questions économiques et sociales, demeure incontestablement proche de celui de François Bayrou, comme l’ont constaté de nombreux économistes. A l’heure où la principale préoccupation des Français demeure l’emploi, pouvons-nous appeler à voter pour le projet du tout-étatique?
Non, résolument non.
Sur l’immigration ou l’éducation, nous n’avons pas plus de points communs avec un PS laxiste et laïcard. L’approche sécuritaire de Nicolas Sarkozy mérite d’être nuancée par des propositions concrètes en matière de libertés publiques, mais elle répond aux attentes de très nombreux Français, et rejoint les analyses de Jean-Christophe Lagarde, par exemple.
Est-ce un hasard si le rédacteur de notre projet –Pierre Albertini-, notre Porte-parole –François Sauvadet- et un de nos Vice-présidents –Maurice Leroy- ont appelé sans ambiguïté à voter Nicolas Sarkozy, comme une majorité de parlementaires UDF ?
Remarquez bien qu’aucun député UDF n’a déclaré envisager de voter Royal !
Je suis prêt à parier qu’AUCUN ne le fera. Voter pour Royal pour voter contre Sarkozy, c’est faire le choix de l’irrationnel contre la cohérence, du fantasme antifasciste contre le réformisme.
En outre, notre mouvement comme le futur Parti démocrate ont tout intérêt à une victoire de Nicolas Sarkozy.
Réfléchissons un peu en cyniques -une fois n'est pas coutume- : quel est le principal enjeu des législatives à venir pour l’UDF ? Réponse : réussir à fidéliser les voix de gauche qui se portèrent sur François Bayrou le 22 avril 2007.
En cas de victoire « royaliste », les voix en question risqueraient d’être emportées dans la dynamique d’un vote de soutien au nouveau pouvoir. Pour peu que Mme Royal ait l’habileté d’appeler quelques attrape-bobos au gouvernement (Mmes Autain et Taubira, MM. Mamère et Montebourg), nous serions certains de retrouver les basses eaux du centrisme politique dans l’écrasante majorité des 577 circonscriptions de France.
En revanche, François Bayrou a tout intérêt à une victoire de Nicolas Sarkozy la plus large possible : elle accélérerait la recomposition du paysage politique, ferait entrer le PS dans une zone de turbulences, l’UDF pouvant lui dérober définitivement le feu social-démocrate.
Je ne suis ni un grand féodal, ni une éminence grise de l’UDF.
J’appartiens à cette génération de jeunes militants qui a rejoint la famille centriste et libérale depuis 2002.
C’est en homme libre, sans hésitation aucune, que je voterai Nicolas Sarkozy dimanche 6 mai 2007.
Je lance un appel à tous mes camarades qui ont fait le même choix : pour la France et dans l’intérêt du centre comme force politique, faîtes voter Nicolas Sarkozy, et n’hésitez pas à convaincre jusqu’aux plus réticents de vos proches !
Chaque voix comptera.
Commentaires
La seule chose qui me fait hésiter à voter NS, c'est, comme l'a d'ailleurs dit Bayrou, que je pense qu'avec son élection existerait un vrai risque que la France se tranche en deux : comment vont réagir les banlieues (pour ne parler que d'elles) le 6 mai s'il est élu ?
D'un autre côté, je me dis que s'il y a vraiment un fossé entre deux france, alors autant le franchir maintenant plutôt que laisser les choses empirer...
Qu'en pensez-vous ?
"Faites voter Nicolas Sarkozy" : n'est-ce pas s'éloigner de la position communément admise du fait que chacun décide lui-même et en conscience du candidat pour qui il votera. Assumer son vote est très bien , je t'en sais gré. J'assume mon vote pour Ségolène. Mais je laisse chacun décider...
Quand à François Bayrou, je ne suis pas sûr qu'il ait tout intérêt à la victoire de Sarko. Ca n'est d'ailleurs pas ainsi qu'il faut raisonner de prime abord : il faut d'abord y voir l'intérêt du pays avant l'intérêt partisan et personnel.
Le centrisme est devenu une force à part entière. Rien ne peut plus l'effacer.
enfin en ce qui concerne les députés qui voteront pour Sarko, tu sais aussi bien que moi que c'est une pure manoeuvre électorale afin de garder leur siège de députés en juin prochain...
A bon entendeur,
Cher Raphaël,
Comme le ton assez moralisateur de ton mail le laisse deviner, il est une différence entre toi et moi : tu assumes des responsabilités au sein d'une formation partisane, moi pas.
Sur le papier, je suis donc plus "libre" que toi de toute langue de bois (et cela se lit!).
Ton procès insidieux sur la consigne de vote que je donne est ridicule. N'ayant aucune responsabilité interne, je peux appeler à voter Sarkozy, et non seulement donner mon point de vue, sans engager l'UDF. Ce qui n'est pas ton cas.
Quant à ta remarque sur le fait que je prendrais d'abord en compte l'intérêt du parti, plutôt que l'intérêt de la France, cela s'appelle un procès d'intentions.
Je suis aussi patriote que toi, aussi Français que toi, et pas plus "politicien".
J'ai articulé mes raisons de voter Sarkozy en 2 points, en mettant justement en tête l'intérêt de la France, comme il convient.
Avant de donner des leçons à la terre entière sur un ton faussement calme mais sentencieux, il est préférable, cher Raphaël, de lire jusqu'au bout les textes auxquels on se réfère.
Sur les députés, pardonne-moi de ne pas partager ton point de vue. Si ces 22-23 députés (sur 29) soutiennent Sarkozy, ce n'est pas uniquement pour de basses raisons électorales. Ou alors il faudrait suspecter Maurice Leroy d'être un mauvais centriste, Pierre Albertini d'être un traître, François Sauvadet d'être un vendu à l'UMP?
Le fond de ta pensée, c'est la liberté de vote que nous laisse François Bayrou ne vaut que pour une formule de ce genre : "liberté de voter ce que vous voulez, sauf Sarkozy".
Or, cher Raphaël, cher jeune camarade, Bayrou n'a
rien dit de de tel. Il n'a interdit à personne de voter Sarkozy, que je sache!
Enfin, une précision : les gens n'ont pas voté pour le "centrisme" dimanche dernier, ils ont choisi une autre façon de faire de la politique. Il ne faut pas confondre les aspirations des Français avec les bulletins de vote qui traduisent un temps leur opinion.
Cher Olivier,
Je comprends très bien ta crainte, mais quoiqu'il arrive, le président élu le 6 mai sera celui qu'auront choisi les Français.
Respect de la règle démocratique fait loi, et les banlieues ne pourraient se soulever contre le nouveau président de la République sans provoquer une réaction dans les urnes au moment des législatives (types raz de marée des législatives de juin 1968).
Sarkozy est d'abord un pragmatique, pas un doctrinaire (ce qui lui permet malheureusement de ne pas craindre le paradoxe).
Je crois qu'il prendrait, à peine élu, une initiative spectaculaire s'agissant des banlieues (type plan Borlo) et du chômage qui les frappent.
Ca vaudra mieux que la compassion hypocrite qu'offrent les socialistes aux habitants de ces secteurs.
excellent choix !
Je crois en revanche que par son entêtement, François Bayrou - dirigé par Marielle de Sarnez - n'ait franchi le Rubicon... l'UDF va exploser et les législatives seront très difficiles. Bon courage dans cette galère !
Bien cordialement,
PM
Cher Pierre,
Je ne puis que former des voeux pour que tes prédictions quant à l'UDF ne se vérifient pas.
Les Français ne comprendraient pas qu'après le premier tour de la présidentielle, nous nous divisions et abandonnions l'espoir de rénover les pratiques politiques.
Ce qui est insupportable, c'est l'arrogance de ceux qui nous reprochent d'user de notre liberté de vote en faveur de Nicolas Sarkozy.
A très bientôt j'espère, DV.
Tactiquement parlant, je ne suis pas vraiment certain que l'élection de Nicolas Sarkozy serait une bonne chose pour l'UDF. Le PS pourrait se réformer plus vite que vous ne le croyez. Face au danger que présenterait Bayrou pour eux, les millitants socialistes choisiraient de nommer un social-démocrate comme premier secrétaire (Strauss-Kahn par exemple) pour contrer l'UDF aux législatives, d'autre part je ne pense pas que l'UMP fera beaucoup de cadeaux à Bayrou durant ces mêmes législatives. En fin de compte, le Parti Démocrate n'aurait qu'une piètre importance dans le futur jeu politique. En revanche, si Royal gagne, Sarkozy serait alors menacé serieusement par les chiraquiens. Et si je pense qu'ils peuvent effectivement renverser Sarkozy, je ne pense pas qu'un de ces néo-chiraquiens ne puisse être "prêt" pour 2012. Le Parti Démocrate aurait donc beaucoup plus d'espace sur l'échiquier politique et pourrait facilement se réformer face à un PS qui resterait sur un statut quo lamentable, hésitant toujours entre un encrage à gauche ou un virage social-démocrate, et finissant par fusionner maladroitement dans un ségolisme flou. Il ne serait donc pas difficile à François Bayrou à s'imposer aux présidentielles de 2012. Voilà donc pourquoi il serait plus bénéfique à l'UDF que Royal passe. Biensûr en dehors de la stratégie politique, il y a la France. Et ça...
Bonjour,
D'accord, le programme économique et même social de Royal n'est pas cohérent. Mais que pourra-t-elle vraiment faire ? Et les méthodes de Sarkozy ? Ne sont-elles pas plus "dangereuses" pour notre idée de la démocratie française ? L'idée de communauté, du chacun pour soit, les méthodes d'accès au pouvoir et la façon de laisser pouvoir et argent gouverner ensemble me paraissent largement plus "anti-Bayrou-compatible". Voilà en quelques lignes ma position.
"Les programmes sont souvent du vent, mais les méthodes imprègnent" : message d'un électeur de Bayrou pour le second tour.
Le scrutin du deuxième tour de la présidentielle ne doit pas effacer le projet et la cohérence que François Bayrou a brillamment incarné au premier tour. Les 18,57% de notre candidat est un beau score, étant donnée la répartition des voix qui traduit un vote utile bien assimilé, expliqué par la crainte d'un nouveau 21 avril 2002. Fort de son succès, qui pouvait le qualifier pour le second tour avec une répartition des votes moins concentrée sur les trois principaux candidats, l'avenir de l'UDF n'est pas de s'allier avec un candidat et son parti. L'UDF doit continuer à proposer et à soutenir un projet de changement pour une société juste, équitable, au delà des partis et des intérêts personnels ou communautaires. Or les deux projets qui vont s'affronter au second tour, tels qu'ils nous ont été présentés jusqu'à présent, n'intègrent pas la nécessité d'une véritable refonte de l'organisation politique qui doit permettre de réformer la France. Malgré de bonnes volontés de chaque côté, avec des hommes et des femmes compétents et constructifs, les deux projets ne nous paraissent ni viables à long terme, ni cohérents avec les enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui se présentent dès aujourd'hui, à nous français, et à la Planète toute entière. Les candidats de ces deux "camps" ne sont pas, pour moi, des personnes ayant les qualités, la personnalité et le projet personnel qui correspondent à la charge que les Français vont leur confier.
Maintenant, à chacun de trouver le vote qui est le moins en contradiction avec les valeurs, l'histoire et les espérances que chacun porte. Mais avant de choisir votre attitude le 6 mai, je pense qu'il faut rester très vigilant, veiller à être très critique vis-à-vis des discours et promesses démagogiques des deux partis, qui ne rêvent que de faire disparaître votre vote du 22 avril.
Vous ne vous retrouvez pas du tout dans ce choix Sarkozy/Royal : C'est la preuve que François Bayrou a raison : il y a une autre voix que le "droite / gauche". Il y a une autre politique que la politique spectacle des sondages et des puissants… Mais dans ce choix de fou, on ne sait plus quoi faire et on est mal à l'aise.
Cependant, il est deux raisons majeures pour lesquelles le vote Sarkozy apparait être en contradiction avec la campagne menée par les militants UDF.
Premièrement, il est certain que le projet de Nicolas Sarkozy, soutenu par l'UMP, est clairement le plus incompatible avec les valeurs essentielles défendues lors de la campagne de François Bayrou. Incompatible avec un projet de développement durable, avec les valeurs d'humanisme, de justice. L'égalité devant la santé, l'emploi, l'éducation, la retraite, le logement, la loi, l'énergie, l'eau (…) ne seront pas la priorité de l'ancien ministre de l'intérieur et sera soumis aux intérêts des plus forts. Son projet n'est pas fondé sur la sérénité et le souhait de mettre en marche l'ensemble de ceux qui font notre nation, Français comme étrangers.
Le deuxième point concerne la méthode Sarkozy. Non seulement son projet politique n'est pas soutenable pour tous, mais sa façon de faire, de mépriser autant l'électeur, en particulier l'électeur du centre, est à vomir. Depuis dimanche 22 au soir, et les propos diffamatoires de Jean-Pierre Raffarin sur France 2 qui se réclamait de l'UDF, la vraie, la vieille, l'UMP s'enferme sur son idée que ces 7 millions d'électeurs "Bayrou" n'aurait jamais dû exister. Nicolas Sarkozy a construit sa victoire sur l'affrontement droite-gauche, dont il savait depuis le début qu'il lui serait favorable. Tout a été minutieusement échafaudé sur cette idée. L'UMP a consciencieusement choisi que le débat se ferait sur les thèmes qui permettraient de taper sur le Parti Socialiste : l'identité nationale, l'immigration, la sécurité, les 35 heures…. Oui, mais, un grain de sable gêne le camp Sarkozy : le cas Bayrou. Il pensait s'en être débarrassé, mais, le Béarnais tient bon. Le Béarnais a fait un beau score, et rechigne à le suivre. Le Béarnais a gagné sa place et il ne veut pas s'effacer. Alors Sarkozy cherche à l'ignorer. Le premier tour est passé et l'UMP rappelle que les voix du centre doivent revenir au "Maître". Alors pour cela, tout est possible. Tous piétinent copieusement notre message : Alliot-Marie, Borloo, Fillon et les autres s'emploient à effacer la mémoire des électeurs de François Bayrou. Ils font comme s'ils n'avaient pas compris le message des électeurs de Bayrou, électeurs qui ne veulent plus de cette monarchie déguisée. Ont-ils pris la peine de les comprendre ? Non, il leur faut ces voix !
Pour moi, cette pression s'appelle du racket ! Nicolas Sarkozy et ses lieutenants montrent depuis plusieurs semaines qu'ils considèrent les élus du Centre comme leurs obligés. Ils menacent de ne pas laisser la vie politique sauve à tous ceux qui osent. Les voilà qui agissent comme de vrais caïds sur nos élus. Inutile alors d'évoquer les éventuelles manœuvres de voyous sur un débat Royal-Bayrou et les méthodes de bourrage de crâne, via les élus UDF, qui devraient être attentifs à la récupération faite de leur vote, via les fidèles qui répètent mot pour mot les critiques du Chef, pour que moi, électeur de Bayrou, je penche vers le côté "Sarko".
C'est pourquoi il me semble que, si on va voter, le vote le moins mauvais, le moins "destructeur" pour notre société est, pour moi, clairement contre la méthode et le projet "Nicolas Sarkozy". Pour cela, le vote "Royal" s'impose, le vote blanc étant assimilé à de l'abstention. Ce n'est pas un vote de soutien à Ségolène Royal, c'est un vote de soutien à tous les fragilisés de la Vie.
Avant de voter ou ne pas voter dimanche, redevenons libres et responsables. N'oublions pas que les programmes des candidats sont souvent du vent mais que les méthodes persistent et peuvent modifier nos vies et celles de nos frères .Ne donnons aucune chance aux fruits de l'arbre de la discorde à répandre les ronces de l'esclavage, de l'inégalité et de l'individualisme. Donnons toutes les chances à la vraie France, terre de Libertés, d'Egalités et de Fraternités.
Wilfried SERRE
Vous rentrouvrez cet article sur mon blog (effet de serre) et bientôt sur AgoraVox. Dans les deux cas, n'hésitez pas à y mettre vos commentaires.
Bonjour,
D'accord, le programme économique et même social de Royal n'est pas cohérent. Mais que pourra-t-elle vraiment faire ? Et les méthodes de Sarkozy ? Ne sont-elles pas plus "dangereuses" pour notre idée de la démocratie française ? L'idée de communauté, du chacun pour soit, les méthodes d'accès au pouvoir et la façon de laisser pouvoir et argent gouverner ensemble me paraissent largement plus "anti-Bayrou-compatible". Voilà en quelques lignes m'a position.
"Les programmes sont souvent du vent, mais les méthodes imprègnent" : message d'un électeur de Bayrou pour le second tour.
Le scrutin du deuxième tour de la présidentielle ne doit pas effacer le projet et la cohérence que François Bayrou a brillamment incarné au premier tour. Les 18,57% de notre candidat est un beau score, étant donnée la répartition des voix qui traduit un vote utile bien assimilé, expliqué par la crainte d'un nouveau 21 avril 2002. Fort de son succès, qui pouvait le qualifier pour le second tour avec une répartition des votes moins concentrée sur les trois principaux candidats, l'avenir de l'UDF n'est pas de s'allier avec un candidat et son parti. L'UDF doit continuer à proposer et à soutenir un projet de changement pour une société juste, équitable, au delà des partis et des intérêts personnels ou communautaires. Or les deux projets qui vont s'affronter au second tour, tels qu'ils nous ont été présentés jusqu'à présent, n'intègrent pas la nécessité d'une véritable refonte de l'organisation politique qui doit permettre de réformer la France. Malgré de bonnes volontés de chaque côté, avec des hommes et des femmes compétents et constructifs, les deux projets ne nous paraissent ni viables à long terme, ni cohérents avec les enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui se présentent dès aujourd'hui, à nous français, et à la Planète toute entière. Les candidats de ces deux "camps" ne sont pas, pour moi, des personnes ayant les qualités, la personnalité et le projet personnel qui correspondent à la charge que les Français vont leur confier.
Maintenant, à chacun de trouver le vote qui est le moins en contradiction avec les valeurs, l'histoire et les espérances que chacun porte. Mais avant de choisir votre attitude le 6 mai, je pense qu'il faut rester très vigilant, veiller à être très critique vis-à-vis des discours et promesses démagogiques des deux partis, qui ne rêvent que de faire disparaître votre vote du 22 avril.
Vous ne vous retrouvez pas du tout dans ce choix Sarkozy/Royal : C'est la preuve que François Bayrou a raison : il y a une autre voix que le "droite / gauche". Il y a une autre politique que la politique spectacle des sondages et des puissants… Mais dans ce choix de fou, on ne sait plus quoi faire et on est mal à l'aise.
Cependant, il est deux raisons majeures pour lesquelles le vote Sarkozy apparait être en contradiction avec la campagne menée par les militants UDF.
Premièrement, il est certain que le projet de Nicolas Sarkozy, soutenu par l'UMP, est clairement le plus incompatible avec les valeurs essentielles défendues lors de la campagne de François Bayrou. Incompatible avec un projet de développement durable, avec les valeurs d'humanisme, de justice. L'égalité devant la santé, l'emploi, l'éducation, la retraite, le logement, la loi, l'énergie, l'eau (…) ne seront pas la priorité de l'ancien ministre de l'intérieur et sera soumis aux intérêts des plus forts. Son projet n'est pas fondé sur la sérénité et le souhait de mettre en marche l'ensemble de ceux qui font notre nation, Français comme étrangers.
Le deuxième point concerne la méthode Sarkozy. Non seulement son projet politique n'est pas soutenable pour tous, mais sa façon de faire, de mépriser autant l'électeur, en particulier l'électeur du centre, est à vomir. Depuis dimanche 22 au soir, et les propos diffamatoires de Jean-Pierre Raffarin sur France 2 qui se réclamait de l'UDF, la vraie, la vieille, l'UMP s'enferme sur son idée que ces 7 millions d'électeurs "Bayrou" n'aurait jamais dû exister. Nicolas Sarkozy a construit sa victoire sur l'affrontement droite-gauche, dont il savait depuis le début qu'il lui serait favorable. Tout a été minutieusement échafaudé sur cette idée. L'UMP a consciencieusement choisi que le débat se ferait sur les thèmes qui permettraient de taper sur le Parti Socialiste : l'identité nationale, l'immigration, la sécurité, les 35 heures…. Oui, mais, un grain de sable gêne le camp Sarkozy : le cas Bayrou. Il pensait s'en être débarrassé, mais, le Béarnais tient bon. Le Béarnais a fait un beau score, et rechigne à le suivre. Le Béarnais a gagné sa place et il ne veut pas s'effacer. Alors Sarkozy cherche à l'ignorer. Le premier tour est passé et l'UMP rappelle que les voix du centre doivent revenir au "Maître". Alors pour cela, tout est possible. Tous piétinent copieusement notre message : Alliot-Marie, Borloo, Fillon et les autres s'emploient à effacer la mémoire des électeurs de François Bayrou. Ils font comme s'ils n'avaient pas compris le message des électeurs de Bayrou, électeurs qui ne veulent plus de cette monarchie déguisée. Ont-ils pris la peine de les comprendre ? Non, il leur faut ces voix !
Pour moi, cette pression s'appelle du racket ! Nicolas Sarkozy et ses lieutenants montrent depuis plusieurs semaines qu'ils considèrent les élus du Centre comme leurs obligés. Ils menacent de ne pas laisser la vie politique sauve à tous ceux qui osent. Les voilà qui agissent comme de vrais caïds sur nos élus. Inutile alors d'évoquer les éventuelles manœuvres de voyous sur un débat Royal-Bayrou et les méthodes de bourrage de crâne, via les élus UDF, qui devraient être attentifs à la récupération faite de leur vote, via les fidèles qui répètent mot pour mot les critiques du Chef, pour que moi, électeur de Bayrou, je penche vers le côté "Sarko".
C'est pourquoi il me semble que, si on va voter, le vote le moins mauvais, le moins "destructeur" pour notre société est, pour moi, clairement contre la méthode et le projet "Nicolas Sarkozy". Pour cela, le vote "Royal" s'impose, le vote blanc étant assimilé à de l'abstention. Ce n'est pas un vote de soutien à Ségolène Royal, c'est un vote de soutien à tous les fragilisés de la Vie.
Avant de voter ou ne pas voter dimanche, redevenons libres et responsables. N'oublions pas que les programmes des candidats sont souvent du vent mais que les méthodes persistent et peuvent modifier nos vies et celles de nos frères .Ne donnons aucune chance aux fruits de l'arbre de la discorde à répandre les ronces de l'esclavage, de l'inégalité et de l'individualisme. Donnons toutes les chances à la vraie France, terre de Libertés, d'Egalités et de Fraternités.
Wilfried SERRE
Vous rentrouvrez cet article sur mon blog (effet de serre) et bientôt sur AgoraVox. Dans les deux cas, n'hésitez pas à y mettre vos commentaires.
A De Vaca,
Votre analyse relève de la stratégie, non de la tactique, premier point. Elle me paraît complètement hasardeuse et improbable, car elle suppose :
1-qu'en cas de défaite de Royal, le PS change de Premier secrétaire avant les législatives ; or, je vous rappelle que le prochain congrès socialiste n'aura pas lieu -au plus tôt- avant septembre 2007. Croyez-vous vraiment que les socialistes prendraient le risque de changer le capitaine Hollande en plein milieu de la bataille navale? C'est très mal anticipé de votre part.
2-que l'UMP serait plus "clémente" à l'égard de l'UDF en cas de défaite. C'est un non-sens absolu pour qui a quelques notions de positionnement politique. Défaite, la droite chercherait à la fois à sauver ses sortants, et à désigner des boucs émissaires. Il est certain que, dans ce cas, François Bayrou se verrait opposé un candidat UMP (ce n'était pas le cas en 2002), lequel pourrait se maintenir au second tour et faire passer la gauche en Béarn.
Souvenez-vous du sort que le PS a réservé à Chevènement en 2002 (confronté à un candidat officiel du PS, le "Che" fut battu par l'UMP aux législatives).
Enfin, votre récit sur un renversement de Sarkozy traduit une profonde méconnaissance de l'équilibre des forces à l'UMP. Un candidat qui a fait 31,1% des voix au premier tour, et qui serait battu de justesse (car Sarkozy ne peut être largement battu au vu des résultats de premier tour), ne serait pas évincé par ses camarades de parti. D'autant que Sarkozy, grâce aux nouveaux adhérents, dispose d'une force qui lui est entièrement acquise dans les rangs de son mouvement, et qui a submergé les vieux militants du RPR en nombre.
Vous évoquez les "néo-chiraquiens". Mais ils sont très impopulaires (Villepin), trop jeunes, pas assez solides (Baroin), peu nombreux et peu soutenus par les militants de l'UMP. Chirac, c'est déjà la préhistoire pour une droite dont les jeunes militants rejettent l'absence de ligne directrice et la générosité floue.
Chirac est mort politiquement. Ses héritiers ne pourraient en aucun cas reprendre une UMP qu'ils n'ont même pas su conserver en 2004, et que Sarkozy a "ramassé" comme une couronne tombée à terre.
Même en cas d'échec, Sarkozy restera dans la citadelle UMP à attendre des jours meilleurs, comme Chirac après 1988. Et Chirac avait été battu très largement (46%), ce qui n'arrivera pas à Sarkozy.
Sarkozy battu en 2007 serait de nouveau candidat en 2012.
J'ajoute que votre analyse n'est partagée par aucune des nombreuses personnes avec lesquelles j'ai pu m'entretenir des vrais intérêts de l'UDF depuis dimanche.
Certains proches de François Bayrou, il faut le savoir, disent même tout bas qu'il faut voter Sarkozy, qu'il condamne tout haut.
De l'art du billard à trois bandes...
ONT VOIT LE RESULTAT DEJA DE SARKOZY AU DEPART . IL MET SES AMIS BIEN PLACE. OUQU IL FAUT ENSUITE ON S OCCUPE DE L IMMOBILIER POUR LES PROPRETAIRES ON PARLE MAINTENANT DE LA SECU AU PASSAGE ILE ETAIENT DEJA LA 5 ANS AVANT ? ON PARLE AUSSI DE FRANCHISE ET LA CERISE SUR LE GATEAU LE FAMEUX CONTRAT UNIQUE CPE DEGUISE PLUS 2 GROUPES DU CENTRE UN A DROITE ET L AUTRE LE MOUVEMENT DEMOCRATE DE BAYROU IL FAUT VOTEZ PS MEME QUE C EST PERDU D AVANCE LE SEUL PARTIE VALABRE
L'incohérence du propos me dispense, je crois, de toute réponse...