Jean-Marie Le Pen vient de récidiver, qui a renvoyé Nicolas Sarkozy à ses origines étrangères en lui déniant le droit de parler au nom de la France.

J’ai déjà expliqué pourquoi, à mon sens, l’antisarkozysme n’était pas un antifascisme, même si les bonnes consciences d’aujourd’hui s’égarent plus facilement encore que celles d’hier, puisqu'elles se trompent d'ennemi.

Il faut condamner les propos de Le Pen affirmant que la « magyarité » de Sarkozy pourrait gêner les Français : c'est de l'ordre de la nécessité absolue. Que certains ricanent à ces sous-entendus ignobles, ou pire, les cautionnent par leur silence, voilà une chose que je ne puis comprendre.

Mon billet « un borgne contre la République » a suscité deux réactions assez argumentées mais souvent à côté de la plaque, sur le mode : « Sarkozy l’a bien cherché, c’est l’arroseur arrosé ». Pardonnez-moi, amis, de vous rappeler qu’en démocratie, il arrive de défendre des responsables politiques malgré eux.

L’exigence de dignité du débat public n’est pas à géométrie variable selon qu’il s’agit de Mme Royal ou de M. Sarkozy.

Or, les mêmes qui s’indignaient hier à juste titre de la misogynie anti-royaliste se taisent face à la xénophobie anti-sarkozyste.

Que diriez-vous, belles âmes, si Julien Dray se voyait reprocher d’avoir passé ses premières années en Algérie ? Que diriez-vous, si on lui contestait le droit de solliciter les suffrages des Français ? Vous parleriez d’antisémitisme larvé, et vous auriez raison.

Il est vrai que le coup d’envoi des hostilités douteuses avait été donné par M. Besson (depuis passé à droite) qui avait repeint Sarkozy aux couleurs du « Parti de l’Etranger » ; le diable, pour la gauche, c’est toujours l’Amérique…

Alors oui, je suis révolté par les propos de Sarkozy sur l’inné et l’acquis. Oui, je reproche au président de l’UMP d’être un candidat de division, et c’est même pour cela que je soutiens un autre candidat, celui du rassemblement : François Bayrou.

Mais on ne peut se satisfaire de voir la xénophobie et l’antisémitisme ainsi mis en scène pour déstabiliser un candidat. La joie mauvaise des hommes de gauche lorsqu’ils entendent attaquer Sarkozy par Le Pen me fait peur.

La démocratie exige de nous une vigilance de chaque instant : et s’il faut donner à certains l’impression que je défends ici Sarkozy, le candidat du fric et des grands media, peu m’importe.

Il est certains principes avec lesquels on ne transige pas, même -et surtout!- en période pré-électorale.

David Valence