Défense du libéralisme
Par David Valence le lundi, février 19 2007, 06:57 - Lien permanent
La pensée libérale n'a pas bonne presse en France.
Tantôt, c'est Jacques Chirac qui confesse à Pierre Péan sa haine du libéralisme, sans préciser qu'il songe plus à un anarcho-capitalisme mondialisé qu'à Benjamin Constant ou Raymond Aron.
Tantôt, c'est José Bové qui éructe que le libéralisme détruit l'homme et l'humanisme.
Le jugement porté par les Français sur l'adjectif "libéral" reste étrangement négatif, dans une Europe qui associe plutôt le mot à des valeurs positives et fondatrices de son identité.
La campagne présidentielle n'a fait qu'accentuer cette répugnance massive, cette méprise injuste : Nicolas Sarkozy, tout en lançant à ses auditoires des citations de Jaurès, a cherché à assécher les eaux libérales à son seul profit.
On peut douter que l'élection des 22 avril et 6 mai prochains accouche à l'UMP, et a fortiori au PS, d'un vrai projet libéral pour notre temps.
Rappelons-le : il n'est pas de libéralisme qu'économique. La pensée libérale se veut porteuse d'un projet global de société, construit autour du postulat que c'est l'individu qui préexiste à la société, non l'inverse.
S'agissant du rapport des individus les uns aux autres, la pensée libérale affirme l'égal respect mérité par chacun, et la nécessité que la liberté de l'un ne trouve de bornes que pour autant qu'elle heurte celle de l'autre. La redistrubution est une idée libérale : son objectif demeure de donner à chacun les moyens de pouvoir exercer sa propre liberté.
Concernant le rapport de l'individu aux groupes intermédiaires (syndicats, partis, mais aussi communautés ethniques ou religieuses), le libéralisme défend une indépendance radicale et non négociable. En clair, nul ne doit pouvoir vous contraindre à appartenir à une organisation ou vous réduire à une identité de fait. Le libéralisme s'oppose en principe au corporatisme, mais aussi au communautarisme dans sa forme "encadrée".
Quant aux rapports de l'individu à l'Etat, chacun sait que la capacité de se retirer en soi et chez soi, sans y subir d'intrusion de la puissance publique, reste essentielle à la pensée libérale.
Dans cet ordre d'idées, il est par exemple inconcevable que l'Etat puisse, concrètement, attenter à notre droit de disposer de notre propre existence.
Oui, en bon libéral, j'approuve l'interdiction de fumer dans les lieux publics, mais pas la verbalisation de l'oubli de la ceinture pour un conducteur.
Il serait temps de parler enfin juste.
A trop prêter de noires intentions au libéralisme, nous risquons de condamner subrepticement les valeurs les plus fondamentales de l'Occident.
David Valence
Commentaires
Encore que l'absence de ceinture de sécurité pour les passagers à l'arrière d'un véhicule puisse compromettre la vie des individus placés à l'avant, en cas de choc.
L'association Occident-libéralisme est fâcheuse, mais je te dédouane volontiers de tout prurit néo-libéeal.