Gilles de Robien a déclaré, dans un entretien accordé la semaine dernière à un grand titre de la presse écrite, que Jacques Chirac était, incontestablement, "LA grande personnalité internationale".

Cette appréciation a dû en rendre jaloux plus d'un, si d'aventure les chefs d'état étrangers s'intéressent aux propos de M. de Robien.

En lisant cela, je me suis posé un certain nombre de questions .

De quel Jacques Chirac notre camarade-ministre parle-t-il?

Du Jacques Chirac qui a recommencé à faire pratiquer des essais nucléaires dans le Pacifique, dès le lendemain de son élection, en 1995, nous brouillant avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les pays du Sud-Est asiatique?

Du Président de la République qui a dirigé les travaux aboutissant au traité de Nice, ce monstre issu d'un compromis boiteux?

Du seul Chef d'Etat occidental à s'être rendu aux funérailles d'Hafez el Assad, le "lion de Damas", tyran cynique et exportateur de terrorisme devant l'éternel?

Du Chef de l'Etat qui a déclaré que certains membres de l'Union européenne (Pologne par exemple), nouvellement admis dans le "club", avaient perdu une bonne occasion de se taire, en exprimant leur soutien à l'intervention américaine en Irak?

Du Président qui a préféré se dorer la pillule à l'Elysée plutôt que de se rendre aux obsèques de Léopold Sédar Senghor, ce grand poète et homme d'Etat, ami et amoureux de la France?

De l'ami de Serge Dassault, qui a poussé l'Union européenne à lever l'embargo d'armes vers la Chine, pays démocratique, comme chacun sait?

Du Président qui n'a jamais osé évoquer explicitement l'affaire tchétchène avec Poutine, quand Angela Merkel a eu ce courage-là dès sa première rencontre avec l'homme du Kremlin?

Si M. de Robien me lit, qu'il sache que je suis le premier à saluer une large partie de son action "technique" rue de Grenelle.

Mais, de grâce, qu'il ne prête pas sa voix au dernier carré de laudateurs d'un monarque cynique et finissant!

David Valence