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  <title>Blog de David Valence - Valeurs</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 16 Sep 2008 22:27:43 +0200</pubDate>
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    <title>Ni école du crime, ni lieu d'humiliation</title>
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    <pubDate>Wed, 12 Dec 2007 17:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Région Lorraine</category><category>Sécurité</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les nouvelles règles pénitentiaires européennes imposent désormais de distinguer les prévenus et accusés des condamnés jusque dans la géographie carcérale. Plutôt que de prévoir des prisons spécifiques, l'administration française s'oriente lentement mais à raison vers des établissements où des quartiers distincts correspondraient aux deux types de détenus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme nous l'apprenait &quot;Le Monde&quot; daté du 11 décembre 2007, la maison d'arrêt de Metz-Queuleu a été choisie comme site pilote pour cette évolution. L'occasion est donc donnée par la réglementation européenne de repenser les règles de l'environnement carcéral. Surpeuplées -situation que la politique judiciaire de Madame Dati ne saurait résoudre-, nos prisons sont trop souvent vécues comme des écoles du crime ou comme des lieux d'humiliation par ceux qui y vivent contraints et forcés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On sait le sujet sensible, et la polémique nauséabonde sur ces détenus &quot;qui ont la télévision et tout le confort&quot;. Contre une certaine doxa officielle, il est urgent d'affirmer que l'augmentation du nombre d'incarcérations ne représente pas une fin en soi, sauf à rêver des effarantes statistiques américaines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une limitation du nombre de prévenus et d'accusés en prison&amp;nbsp;: voilà qui devrait constituer un des horizons de notre politique pénale. Cela supposerait un meilleur encadrement de la détention provisoire (vaste chantier) ou une extension du bracelet électronique aux non-condamnés&amp;nbsp;: mieux vaut une liberté surveillée que l'engeôlement.
Les substituts à l'emprisonnement (travaux d'intérêt général, voire d'autres formats à étudier) pourraient d'être autre part être privilégiés&amp;nbsp;: croit-on que la prison apprendra quoi que ce soit à un adulte qui incendie une voiture?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour éviter d'exposer les condamnés comme les prévenus/accusés à de &quot;mauvaises fréquentations&quot;, tout plan de construction et de rénovation des prisons  nécessite de déterminer au préalable un plafond de personnes emprisonnées. On ne juge pas un magistrat au nombre d'incarcérations qu'il obtient!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La politique de défense des libertés publiques se porte mal ces temps derniers, et nulle voix ne s'élève pour en redire la noblesse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans ce contexte peu favorable, on saluera le choix de Véronique Vasseur comme tête de liste de l'UMP dans le 13e arrondissement de Paris...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Fin de partie</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/11/30/Fin-de-partie</link>
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    <pubDate>Fri, 30 Nov 2007 18:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Histoire politique</category><category>Pour un centre utile</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;A l'heure où ces lignes s'inscriront sur la toile, l'UDF aura vécu. Les vieux compagnons des années 1970, les ambitieux des années 1980, les égarés des années 1990, les idéalistes du nouveau siècle savent-ils bien ce qu'ils vont perdre? On peut faire accroire qu'aucun bras ne tremblera au moment de voter une mise en sommeil, nul doute qu'en plus d'un esprit naîtront alors de ces questions insidieuses qui sapent les engagements.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Bayrou, lui, ne doute pas. Bouteille de chloroforme à la main, il jubile depuis mai 2007 à l'idée de pratiquer sur son parti une anesthésie définitive. A-t-il jamais aimé l'UDF, ce démocrate-chrétien qui enrageait dans les années 1980 de voir le libéralisme l'emporter sur son personnalisme imprécis?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-il d'un vrai démocrate de se penser &quot;appelé&quot; à l'incarnation de la France, au-delà des contingences électorales? Chez de Gaulle, cette conviction avait reçu l'assentiment de l'histoire. Chez François Bayrou, elle se contente du pain d'orgueil.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Prenons l'entretien que notre candidat du printemps accorde au &quot;Matin plus&quot; daté de ce 30 novembre 2007. Les journalistes évoquent devant Bayrou des troupes qui se dispersent, des rangs qui s'éclaircissent. Le futur maire de Pau -avançons-nous- laisse entendre qu'il est soulagé par ces amputations, qui accréditeraient son image d'homme libre dans l'opinion. Pis, il n'a pas un mot de regret pour Jean-Marie Cavada, comme s'il ne s'agissait pour un corps sain (le MoDem) que d'être vidé de sang noir (les grincheux, les ambitieux).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'oeil rivé sur 2012, François Bayrou attend que tout empire. &quot;Tout empire finira&quot; se répète-t-il en songeant à sa rivalité avec le chef de l'Etat plutôt qu'à la France. Perdu dans la métapolitique -la réorganisation du paysage partisan-, il regarde à la fois trop haut et trop bas. Les défauts du vol plané et du rase-mottes en quelque sorte. Le rase-mottes à propos de Cavada&amp;nbsp;: &quot;Il n'y aucun mystère dans cette affaire. Cavada voulait à tout prix un portefeuille. Pour prix de ce maroquin, on lui a demandé de se rallier à l'UMP (...)&quot;. Le vol plané à propos de soi&amp;nbsp;: &quot;Je défendrai un autre projet de société, et je dirai la vérité. La vérité est plus forte que les mensonges&quot;, dixit François Bouche d'Or.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qu'avance-t-il? La social-économie, qui n'est qu'un mot. La nécessité de réduire la dette, nous en sommes d'accord. Le refus d'une &quot;société de l'argent-roi&quot; (le veau d'or), le rêve d'&quot;entreprises à qui on fait confiance&quot; (le petit entrepreneur bien gentil et peu audacieux).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La France dont Bayrou parle, c'est celle d'avant-hier, celle des solidarités organiques, de la Foi qui imprègne jusqu'aux gestes les plus intimes sans défendre l'hypocrisie. Cette France-là ne reviendra pas, les électeurs urbains du printemps 2007 le savent mieux que quiconque.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Foin de mysticisme trompeur, posons-nous des questions simples et modestes&amp;nbsp;: comment être utiles au Pays? Comment servir?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne crois pas qu'on fasse preuve de courage en préférant son petit tas de rêves au grand bain du monde. Cette erreur-là, François Bayrou la commet depuis six mois avec application.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En tuant une UDF créée en 1978, il prive le pays d'une force d'équilibre, et la famille centriste et libérale d'un foyer où consommer ses retrouvailles. Chacun saura s'en souvenir!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Qu'est-ce qu'un raté?</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/11/17/Quest-ce-quun-rate</link>
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    <pubDate>Sat, 17 Nov 2007 12:03:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Si Woody Allen bénéficie d'un public captif en France -400.000 entrées au pire-, les critiques hexagonaux ne l'ont guère ménagé par le passé. La rengaine sur le tarissement de son inspiration fut entonnée dès la fin des années 1980. Certaines des réussites qui suivirent -&quot;Celebrity&quot; ou &quot;Sweet and Lowdown&quot;- ne rendirent pas les plumitifs plus circonspects. La vérité est qu'ils guettaient l'épuisement du filon, en étranges chercheurs d'or.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couardise ou lucidité, beaucoup de journalistes se rêvent derrière une caméra sans passer nécessairement à l'acte. On conçoit qu'un auteur aussi prolifique que le schmoll de Brooklyn les agace. Je concéderai un ratage complet aux aigreurs de la critique&amp;nbsp;: &quot;Anything else&quot;, opus bavard et inutile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Déroutés par &quot;Match point&quot;, les adversaires d'Allen Stewart Königsberg, ont repris leur souffle avec &quot;Scoop&quot;. Ils soupirent d'aise depuis la sortie à Paris, il y a quelques semaines, du &quot;Rêve de Cassandre&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, ils vont pouvoir reprocher à Allen ses redites, feindre la lassitude et trouver le film bâclé. La singulière brièveté des articles à lui consacrés par Le Monde et Libération traduit cependant un malaise dans l'argumentation. Qui soutient ce film, me direz-vous? La Croix et Le Figaro. Tout un programme, auquel vous ne devrez pas vous arrêter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le long métrage traite de la réussite sociale (comme &quot;Match point&quot;). L'élément américain se fait ici corrupteur (l'oncle), quand il n'était que victime dans &quot;Match point&quot; (l'actrice minable, mais sublime de puissance érotique). L'American dream se déplace jusqu'à Londres et y prend visage de pousse-au-crime. Etrange cinéaste que ce jeune homme de Woody Allen! Le grand fleuve du film est nourri par des infiltrations karstiques, dont l'incommunicabilité entre Ancien et Nouveau monde n'est pas la moindre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une analyse fine révèle que le propos du &quot;Rêve de Cassandre&quot; se distingue des deux autres films &quot;londoniens&quot; d'Allen.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Résumons&amp;nbsp;: &quot;Match point&quot;, c'était &quot;Que sommes-nous prêts à sacrifier pour réussir?&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Scoop&quot;&amp;nbsp;: &quot;Le mensonge est-il la condition de toute ascension sociale?&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Le Rêve de Cassandre&quot;&amp;nbsp;: &quot;Qu'est-ce qu'un raté?&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n'est pas un homme de 25 à 34 ans qui pourra regarder le film sans trembler. Les deux acteurs principaux, nourris au lait du rêve américain par leur mère, jettent un regard sans concession sur leur père. Malheur à celui qui ne réussit pas mieux que son père, dirait un proverbe de l'Afrique sahélienne -que M. Guaino eût gagné à connaître avant de décrire l'Afrique noire comme égarée dans un présent  infini-.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tenaillée par la pression sociale qui réclame qu'on respecte son modèle de réussite, toute une génération de jeunes hommes connaît l'angoisse du déclassement dans nos sociétés occidentales. Deux alternatives&amp;nbsp;: rejeter le joug, ou se couler dans un moule conçu par d'autres, qui vous ont précédés. Les frères du &quot;Rêve de Cassandre&quot; se perdront par trop de soumission à la seconde hypothèse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ressort noué de ce long métrage, essoré par les questions surgies sur soi au fil des images.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les dix premières minutes galopent -merveilleux premiers plans dans le port-, les ceintures doivent demeurer attachées jusqu'au terme. L'orée du film et son débouché se font écho, comme chez Hemingway (&quot;Pour qui sonne le glas&quot;). Rien de mécanique dans le récit pourtant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je gage que dans trente ans, d'autres critiques blâmeront les ricaneurs d'aujourd'hui, les mal embouchés de novembre 2007, pour avoir fait la fine bouche devant un film tendu, sec, funèbre.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Irradié</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/11/08/Ir-radie</link>
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    <pubDate>Thu, 08 Nov 2007 21:06:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Histoire politique</category><category>Pour un centre utile</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Un texte de 11 lignes, formules de politesse comprises&amp;nbsp;: une vraie lettre de rupture. La fin d'une aventure et une mise au ban. C'est à cela que ressemble le courrier adressé à votre serviteur par M. Philippe Arnaud, Président de la Commission nationale d'arbitrage et de contrôle de l'UDF.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De quoi s'agit-il? De mon exclusion. Ou plutôt de ma &quot;radiation&quot; de l'Union pour la démocratie française. Rien que de logique, penseront mes amis Modemistes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme certains billets l'ont laissé entendre, il m'arrive de regretter l'aventure de la présidentielle comme on se souvient d'une impasse ensoleillée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En avouant mon émotion, je risque une double condamnation. Les Modémistes m'appelleront à reconsidérer ma position, tout en murmurant entre eux que je l'ai bien cherché. Les Néo-centristes me suspecteront peut-être de tiédeur pour leur  frêle esquif, voire de duplicité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment crever l'abscès pour reprendre la route demain et parler de politique sans amertume? En faisant confiance à ce qu'on est. En l'espèce&amp;nbsp;: un amoureux des mots et des analyses de textes. Je décide donc de ressasser, de remâcher celui-là, reçu ce 8 novembre au soir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Commençons par reproduire intégralement la lettre du sieur Arnaud&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&quot;UDF                                                                                                                 Paris, le 5 novembre 2007
Le Président de la Commission Nationale
D'Arbitrage et de Contrôle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Monsieur,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plusieurs informations nous sont parvenues, qui tendent à indiquer que vous avez fait le choix d'adhérer à une autre famille politique que celle de l'UDF.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme vous le savez, nos statuts interdisent, dans leur article 4, la double appartenance à l'UDF et à un autre groupe politique. Dans un tel cas, il est précisé que la radiation est automatique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vous informe donc, par la présente, de la décision qu'a prise la Commission Nationale d'Arbitrage et de Contrôle d'appilquer cet article 4 et de vous radier de la qualité de membre de l'UDF.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans l'hypothèse où nos renseignements seraient infondés ou érronés (sic), je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'en avertir le plus rapidement possible, ce qui me permettrait de régulariser votre situation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vous prie de croire, Monsieur, l'assurance (sic) de mes sentiments les meilleurs.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;                                                                                                                     Philippe Arnaud&quot;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Reprenons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;UDF
Le Président de la Commission Nationale
D'Arbitrage et de Contrôle&quot;&amp;nbsp;: trop de majuscules injustifiées. On aurait pu écrire aussi bien &quot;Le Président de la Commission nationale d'arbitrage et de contrôle&quot; ou à la rigueur &quot;Le Président de la Commission Nationale d'Arbitrage et de Contrôle&quot; en considérant que le sigle de &quot;CNAC&quot; est souvent utilisé en interne. Les graphologues ou ici les linguistes distinguent dans l'abus de majuscules un signe de prétention ou de mégalomanie. On pourrait hasarder l'hypothèse d'un germanisme. Passons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La &quot;CNAC&quot;, pour les militants UDF, c'est un peu comme le Comité d'analyse et de prévision du Ministère des Affaires étrangères. Peu de gens en connaissent les membres, leur production écrite est assez limitée, mais votre oeil doit ciller en identifiant les initiales, car elles annoncent que les gros poissons se réveillent. Une fois la lecture du document achevée, vous pouvez reprendre votre souffle&amp;nbsp;: les squales sont passés près de vous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Monsieur&quot;&amp;nbsp;: comme tout militant, j'ai reçu des milliers de lettres du &quot;Siège&quot;. Précisons ma date d'adhésion&amp;nbsp;: décembre 2002. Chacune de ces missives s'ouvrait par les mots de &quot;Cher ami&quot;. A croire que je suis sale désormais, retourné à un anonymat total et définitif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Plusieurs informations nous sont parvenues&quot;&amp;nbsp;: de quoi fantasmer pour des semaines!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un contact avec les RG? Une taupe au Nouveau centre?  Un lecteur assidu de mon blog rue de l'Université, qui m'aurait balancé? Dans ce cas, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de couper ma tête, si on admet que j'ai péché -je ne l'admets pas-?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Autre hypothèse&amp;nbsp;: les adhérents de l'UDF qui n'ont pas rejoint le MoDem sont tous suspects. Ce serait assez étonnant. J'attends des témoignages...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Vous avez fait le choix d'adhérer à une autre famille politique que l'UDF&quot;. On pourrait me dire que j'ai adhéré à une autre &quot;formation politique&quot;, mais le choix familial se veut cruel. Je ne ferais plus partie du clan, pour m'être renié moi-même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Merci, messieurs, mais je suis en paix avec ma conscience. Taquinez la vôtre avec cette question&amp;nbsp;: &quot;à quoi servent aujourd'hui les millions de voix qui ont fait le choix de François Bayrou le 22 avril 2007?&quot; Un votant UDF de la présidentielle et, par amitié, un suffrage MoDem aux législatives vous suggèrent cette navrante réponse&amp;nbsp;: à rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A qui la faute?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Comme vous le savez, nos statuts interdisent, dans leur article 4, la double appartenance à l'UDF et à un autre parti politique&quot;. Je l'ignorais, faute d'avoir jamais pu me procurer les statuts en question. Un conseil d'ami pour plus de démocratie&amp;nbsp;: adresser à chaque adhérent un exemplaire des statuts avec sa carte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'interdiction de la double appartenance est une vieille tradition démocrate-chrétienne, même quand elle joue contre une proximité d'idées ou une fraternité d'analyse. Qu'on se souvienne du MRP qui avait, en 1947, poussé les &quot;gaullistes&quot; ayant adhéré au RPF vers la porte&amp;nbsp;: Michelet et Terrenoire se retrouvèrent sur le sable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je précise que le Parti radical autorisa la double appartenance jusqu'en 1951. Le MRP ne cessa de perdre du terrain électoral après ce choix de l'a-gaullisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Dans un tel cas, il est précisé que la radiation est automatique&quot;. Pourquoi &quot;automatique&quot;? Est-ce une machine qui compile les données et crache ces lettres d'exclusion -j'ose le mot- à la louche? Est-ce une façon de me signifier qu'aucun recours n'est plus possible, que la justice est rendue?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Je vous informe donc, par la présente, de la décision qu'a prise la Commission Nationale d'Arbitrage et de Contrôle&quot; (ouf, une majuscule de moins!) d'appliquer cet article 4 et de vous radier de la qualité de membre de l'UDF&quot;. J'apprends donc que la CNAC a examiné mon cas en quelques secondes. Mais à quelle date? Pourrait-on me fournir les noms de mes compagnons d'indignité? Appel à témoignages!
Un peu de grammaire cependant, M. Arnaud&amp;nbsp;: on ne radie pas &quot;de la qualité de membre&quot;. On ôte, on prive de la qualité de membre, et on radie d'une organisation ou d'une liste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Dans l'hypothèse où nos renseignements seraient infondés ou érronés (sic), je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'en avertir le plus rapidement possible, ce qui me permettrait de régulariser votre situation&quot;. Qu'attendez-vous de moi, M. Arnaud? Un remords en lisant votre prose?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Je vous prie de croire, Monsieur, l'assurance (sic) de mes sentiments les meilleurs&quot;. Changez de secrétaire, M. Arnaud. Le ou la vôtre maîtrise mal sa grammaire, ses accents et ses majuscules. Il (elle) bâcle les formules de politesse, ce qui fait mauvais genre. Mais je crois bien volontiers, cher camarade, cher ami, à l'assurance de vos sentiments les meilleurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Philippe Arnaud&quot;. Je l'avoue avec honte, M. Arnaud, j'ignorais tout de vous avant de recevoir ces lignes. D'autres pourraient témoigner que je n'ai pas fait que passer à l'UDF. J'y ai mouillé la chemise à l'occasion. Pas plus, mais pas moins que d'autres. Et jamais je n'avais entendu parler de vous, M. Arnaud, même à propos de la CNAC.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, oui, M. Arnaud, je vous ai &quot;googlé&quot;. Mille excuses, M. le sénateur, mais vous êtiez demeuré à mes yeux de militant UDF dans une discrétion de bon aloi, jusque-là. Je connais un peu la Charente, j'aime assez la géographie électorale, et pourtant... Silence radio.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis un numéro de carte à rayer pour vous&amp;nbsp;; vous n'avez pas daigné exciper de votre qualité d'élu de la Nation pour moi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Inconnu pour inconnu, parlons-nous en militants, mon cher Philippe&amp;nbsp;: il se trouve que beaucoup d'hommes et de femmes rêvent de retrouvailles du Centre dans les mois ou les années qui viennent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le ton de ta lettre, cher camarade, m'a glacé l'échine. Sache cependant qu'au jour attendu, notre accolade fraternelle n'aura rien d'un baiser Lamourette pour moi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A toi sans rancune,&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;                                 David Valence.&lt;/pre&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Arnaud, Nicolas et les autres</title>
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    <pubDate>Sat, 27 Oct 2007 19:33:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;A trop peu allumer son téléviseur, on se coupe du ressenti de l'événement dans l'électorat. J'avoue avoir péché par incuriosité depuis juin&amp;nbsp;: plus de scrutin national, des votes d'outre-frontières mal entendus ou tus par l'étrange lucarne, voilà qui en aurait dissuadé plus d'un. L'audition d'Arnaud Lagardère par la Commission d'enquête sur &quot;l'affaire EADS&quot; m'a cependant convaincu de m'abandonner aux images informatives l'autre soir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De quoi s'agissait-il? D'un délit d'initiés qui aurait permis à une compagnie privée de s'enrichir en vendant -avant que le marché ait vent des difficultés de l'A 380- des actions d'EADS&amp;nbsp;: à charge pour le contribuable de payer ensuite, au moment où le cours du titre s'est effondré. L'accusation est grave, le soupçon lui-même devrait être de nature à indigner ou crisper les traits les plus mous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. Lagardère fils, convoqué par la Commission d'enquête parlementaire, est arrivé et reparti souriant. Nous lui reconnaissons ce droit. Que penser en revanche de son audition proprement dite, et de l'humour dédaigneux qui la parsema? Les caméras tournaient lorsque Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne élu contre le juge Bruguière, interrogea M. Lagardère sur le leadership à la tête d'EADS et le bras de fer Camus-Forgeard.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au lieu de répondre, M. Lagardère se fendit d'un sourire et demanda&amp;nbsp;: &quot;J'ai droit à un joker?&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tant de mépris consterne. Suis-je naïf? On me répliquera aussi que la France est le &quot;seul pays au monde&quot; à traîner ainsi ses grands patrons devant le Parlement. Comme si elle n'aimait pas ceux qui réussissent, suggèrent les mêmes. L'ennui, c'est que la formule &quot;le seul pays au monde&quot; dénonce souvent l'ignorance crasse de son utilisateur pour ce qui dépasse le Quiévrain, la Manche, le Rhin ou les Alpes. Figurez-vous, Messieurs, qu'aux Etats-Unis aussi des patrons sont auditionnés de la sorte, et qu'ils n'y paraissent jamais devant les délégués de la souveraineté nationale sans respect.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, mais voilà, M. Lagardère est l'ami de M. Sarkozy, plus même qu'un ami, un &quot;frère&quot; (dixit Jean-Luc Junior). Il se sait dès lors intouchable par le politique ou le juridique...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A l'heure où la réforme des institutions, et le renforcement du Parlement qu'elle devait apporter, se trouve repoussés aux calendes grecques, rien ne dit mieux la misère de notre représentation nationale que ce &quot;joker&quot; narquois brandi par Lagardère pour éteindre la légitime curiosité de nos représentants.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Un souvenir</title>
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    <pubDate>Fri, 19 Oct 2007 18:41:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Histoire politique</category><category>Politique étrangère</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;En mettant un peu d'ordre dans mes fichiers, j'ai retrouvé le texte d'une conférence prononcée le 21 février 2007, à l'invitation de l'Association ResPublica Nova, à l'Ecole Normale supérieure (rue d'Ulm). Je tiens à en remercier à nouveau les responsables,  8 mois plus tard.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'agissait d'évoquer le projet de l'UMP et de Nicolas Sarkozy&amp;nbsp;; j'avais procédé à l'analyse clinique qui suit, à laquelle un Responsable des Jeunes Populaires, P. Aronoff, avait apporté quelques objections.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne sais trop quoi penser de ce texte&amp;nbsp;: à vous de le commenter avec le recul, en pardonnant son &quot;oralité&quot;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Depuis janvier, le combat électoral évolue en terre meuble et trompeuse&amp;nbsp;: sondages contradictoires, sondés prétendument versatiles (ou circonspects), candidats léchés par les médias un jour, et lynchés le lendemain. La politique paraît libérée des variables les plus lourdes, qui permettaient aux commentateurs du sérail de prendre un peu de recul face aux enquêtes d’opinion&amp;nbsp;: les classes populaires seraient désormais tentées par un vote de droite, les bourgeois- bohèmes par un bulletin centriste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est une donnée qui cependant demeure stable&amp;nbsp;: le maintien de Nicolas Sarkozy à un niveau élevé des intentions de vote. Cet élément déjoue les analyses de ceux qui pariaient sur la systématicité de l’alternance, depuis 1978, pour assurer la victoire des socialistes. L’UMP et son candidat sont apparus, dans la première partie de la campagne présidentielle, mieux préparés, plus affûtés. Le professionnalisme ne constitue pourtant pas une garantie de victoire. Si le sérieux tenait lieu de martingale, nul doute que Giscard l’eût emporté en 1981, Barre en 1988, Balladur en 1995 et même Jospin en 2002. Tout juste cette expertise supposée de la droite a-t-elle pu se trouver remise en cause à quelques reprises, à mesure que des interrogations sur le chiffrage du projet apparaissaient, ou que les discours maximalistes du candidat ressuscitaient le spectre du chiraquisme redistributeur.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Sur le fond, les adversaires comme les thuriféraires de Nicolas Sarkozy le créditent d’une vision claire des enjeux, d’un dessein pour la France. Vu de senestre, le candidat serait «&amp;nbsp;dangereux&amp;nbsp;» : quand la gauche parle de danger, elle entend toujours l’Amérique ou le fascisme. C’est entendu, Sarkozy ferait donc figure, à l’envi, de «&amp;nbsp;caniche des Américains&amp;nbsp;» (Laurent Fabius) ou d’avatar à peine policé de Jean-Marie Le Pen. A l’inverse, les embardées étatistes du ministre de l’Intérieur, à Agen ou Périgueux, ou plus récemment sur le dossier Airbus, ont pu désorienter une certaine frange de l’UMP&amp;nbsp;: celle que forment les nouvelles générations d’hommes et de femmes de droite, plus idéologues qu’autrefois, libérés en tout cas de la mauvaise conscience de leurs aînés face à la gauche. En résumé, les troupes très minoritaires qui aspirent à concilier respect du ciboire et «&amp;nbsp;égoïsme sacré&amp;nbsp;» pioché chez Barrès.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Où se trouve la vérité du projet de l’UMP pour le pays&amp;nbsp;? Dans un néo-chiraquisme où les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent, et où la conquête du pouvoir importe plus que les conditions de son exercice&amp;nbsp;? Ou dans une rupture dont les concepteurs auraient été nourris au lait de Hayek, de Thatcher et du Chirac de 1986-1988&amp;nbsp;? Il importe pour répondre de se référer au contrat de législature 2007-2012 de l’UMP, ainsi qu’aux déclarations du candidat Sarkozy depuis son investiture, le 14 janvier 2007. Une mise en garde préalable s’impose à destination des spectateurs exigeants du débat public&amp;nbsp;: en termes de philosophie politique «&amp;nbsp;pure », un projet présidentiel s’avère nécessairement décevant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D’abord parce qu’un contrat de législature, un projet présidentiel, a pour enjeu minimal de souder une famille, un camp, dans la perspective d’un combat commun. La lecture attentive du contrat de législature proposé par l’UMP conduit donc nécessairement à atténuer l’impression de monolithisme conservateur et néo-libéral parfois dégagée par la droite relookée. Au contraire, l’aspect relativement composite du projet de l’UMP traduit la nécessité, pour les dirigeants de ce mouvement, de satisfaire chacune des familles politiques qui firent le deuil de leur indépendance, en 2002, pour tenter le pari d’un grand parti de la droite et du centre-droit.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Les radicaux valoisiens, associés à l’UMP, se satisferont de la réaffirmation très ferme de la laïcité comme valeur fondamentale de la France, au rang de ces règles que tout immigrant présent sur notre territoire se devrait de connaître et de respecter scrupuleusement. On observe cependant que la question laïque n’est pas associée à l’école, dans le projet de l’UMP, mais seulement dans les hôpitaux&amp;nbsp;: moyen peut-être d’éviter de heurter les partisans de la liberté de l’enseignement tout en désignant plus aisément, en l’espèce, le nouvel ennemi imaginaire -et tu- d’un laïcité de combat&amp;nbsp;: l’Islam. La concession laïque n’a, semble-t-il, pas suffi à convaincre les héritiers de Daladier, d’Herriot et du père Queuille&amp;nbsp;: beaucoup n’hésitent pas à pencher vers François Bayrou, jusqu’à Jean-Louis Borloo, dont le ralliement à l’UDF put être évoqué un temps.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Aux libéraux de l’ancien Parti républicain devenu Démocratie libérale, l’UMP et son candidat concèdent fatalement plus&amp;nbsp;: la suppression ou la diminution progressive des droits de succession&amp;nbsp;; le redéfinition d’un bouclier fiscal situé à 50% du revenu, qui viderait l’impôt de solidarité sur la fortune de tout sens&amp;nbsp;; une critique du caractère trop homogène de la formation en France, même si l’idée de chèque- éducation, chère aux adversaires de l’école publique, est passée sous silence&amp;nbsp;; la réactivation de l’idée de service minimum garanti dans les services publics, en particulier s’agissant des compagnies de transports (SNCF, RATP).&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Aux rares démocrates-chrétiens sincères qui ont rejoint l’UMP, comme l’insubmersible Pierre Méhaignerie, la promesse de donner plus de liberté aux établissements privés sous contrat dans leur implantation.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Aux gaullistes autoproclamés enfin, dont les bataillons s’éclaircissent à mesure que les années passent, le contrat de législature de l’UMP abandonne une référence à cette vieille lune de l’Association capital- travail. Peu favorable à ce qu’il envisageait comme une «&amp;nbsp;usine à gaz », Pompidou n’avait pas hésité un instant avant de jeter aux orties une évolution qui heurtait son électorat naturel. Pour le de Gaulle de 1969 en revanche, cette refonte non seulement de l’actionnariat salarié, mais aussi des relations de pouvoir dans l’entreprise, devait permettre de réconcilier les classes possédantes et les classes laborieuses. La troisième voie supposée entre capitalisme et collectivisme est souvent défendue par des orthodoxes en manque d’idées originales (type Michèle Alliot-Marie) ou des hurluberlus (type Nicolas Dupont-Aignan, ou autrefois Louis Vallon). L’Association capital- travail tenait à la fois du christianisme social à la Marc Sangnier et du personnalisme&amp;nbsp;: soit des courants d’idées généreux, mais relevant plus du gazeux que du marmoréen.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aux gaullistes de sentiment, encore, le contrat de législature de l’UMP formule la promesse de conférences de cohésion nationale réunissant des syndicalistes et des représentants de l’ensemble des formations politiques, consultés sur des sujets engageant l’avenir de la Nation. Evoquer ces initiatives, dans un contexte porteur pour les prophètes de l’Unité nationale, permet également de faire pièce à François Bayrou. Aux gaullistes toujours et enfin, le rappel très appuyé de la nécessité de maintenir une force de dissuasion nucléaire autonome&amp;nbsp;: l’idée de construire un deuxième sous-marin nucléaire en partenariat avec les Britanniques se trouve de facto écartée, qui suscitait des cris d’orfraie chez les nostalgiques de «&amp;nbsp;Mon Général ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si ce projet présidentiel et législatif est le premier qu’ait eu à envisager le grand Parti de la droite, il aurait pu témoigner également d’une forme de «&amp;nbsp;normalisation&amp;nbsp;» idéologique des conservateurs en France par rapport aux droites européennes. Depuis la Libération, et surtout depuis mai 1958, la droite française avait été dominée par une tradition politique identifiant l’Etat à la Nation, et reconnaissant à la puissance publique la légitimité nécessaire pour peser sur l’économie, accélérer les mutations de la société, donner du sens à la vie collective. Une droite, sinon statolâtre, du moins statophile, en quelque sorte.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;De ce point de vue, le gaullisme n’est pas mort avec de Gaulle ou Pompidou&amp;nbsp;: Giscard et Chirac, passés par l’E.N.A., cette école pensée par Michel Debré comme celle du service de la Nation par excellence, avaient continué à se méfier des corps intermédiaires. Beaucoup des jeunes soutiens de l’UMP attendaient que le Ministre de l’Intérieur incarne une volonté de lutter frontalement contre les syndicats de fonctionnaires et contre le recours systématique à la puissance publique pour apaiser les inquiétudes de l’opinion. A première vue, le projet de l’UMP répond à ces attentes, puisqu’il énonce un décalage entre «&amp;nbsp;une société au fait de son époque, clairvoyante sur les enjeux et les risques du monde contemporain, et une gestion publique incapable de régler les problèmes et de proposer une vision&amp;nbsp;» (P. 2).&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Pour autant, la rupture théorisée par le toujours Ministre de l’Intérieur ne s’avance pas à découvert sur le terrain de l’interventionnisme étatique. Au contraire, le volontarisme –dont on sait qu’il se révèle à l’usure le pire ennemi de la volonté- exalté par l’UMP, et incarné par son champion sur le dossier Alsthom, en 2004, l’emporte de beaucoup, au niveau des intentions, sur le laisser-faire néolibéral. Plus qu’en matière économique, la volonté de rompre avec l’exceptionnalité de la droite française se traduit, à l’UMP, sur le plan symbolique&amp;nbsp;: à savoir sur les principes de la politique étrangère gaullienne et le fragile équilibre de la Constitution de 1958.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;On écrit souvent qu’il n’est pas de rupture en matière de politique étrangère, celle-ci correspondant aux intérêts vitaux d’un pays, qui relèvent par définition du temps long de l’histoire. L’expérience avortée du tiers-mondisme pratiqué par Claude Cheysson au Quai d’Orsay, assisté de Jean-Pierre Cot au Ministère de la Coopération, aux lendemains de mai 1981, semble confirmer cet axiome. Tout se passe cependant comme si la France devait désormais revoir les fondamentaux stratégiques de son action diplomatique.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Beaucoup d’intellectuels, mais aussi de journalistes et de membres des organisations non gouvernementales (O.N.G.) reprochent aujourd’hui à la politique étrangère française de rester articulée autour de principes obsolètes. L’ouverture d’un dialogue sans a priori avec des régimes autoritaires ou dictatoriaux convenait certes à une époque où la France pensait pouvoir jouer l’équilibre entre l’Est et l’Ouest. L’Est ayant rejoint l’Ouest quant aux principes spirituels et au système économique, il ne serait dorénavant plus possible de se situer dans une perspective de dialogue ouvert avec les ennemis du monde occidental et des valeurs libérales, à savoir essentiellement le terrorisme, depuis le 11 septembre 2001.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Au-delà de la scène germanopratine, des voix se font entendre pour appeler à semblable révision de l’action de la France dans le monde&amp;nbsp;: Ezra Suleiman, professeur à Princeton, invitait notre pays, dans Le Figaro du 14 février 2007, à une «&amp;nbsp;rupture (même «&amp;nbsp;douce ») avec le gaullisme&amp;nbsp;» en matière diplomatique. Il poursuivait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Peut-on continuer éternellement à utiliser ou (…) à abuser du nom et de la politique du général de Gaulle&amp;nbsp;? (…) Et pourtant les politiques français et leurs «&amp;nbsp;experts&amp;nbsp;» n’ont guère évolué dans leur approche du monde. Les résultats sont plus que minces. Paradoxe&amp;nbsp;: plus les dirigeants croyaient être fidèles au Général, plus ils ont réussi à réduire le rôle et l’influence de la France au sein de l’Union européenne et sur la scène internationale ».&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Pour examiner sereinement le rapport entre ces attentes et la «&amp;nbsp;doctrine internationale&amp;nbsp;» de l’UMP, écartons-nous du trop fameux discours prononcé par Nicolas Sarkozy devant les Français expatriés aux Etats-Unis, il y a quelques mois&amp;nbsp;: le candidat y reprochait à la France d’avoir mal défendu une position juste sur l’opportunité d’une intervention militaire en Irak. Ce faisant, il exprimait une opinion largement partagée dans les chancelleries, pas seulement outre-Atlantique&amp;nbsp;: l’erreur ne tenait pas au sens des propos de Sarkozy, mais à l’idée qu’un candidat à la magistrature suprême puisse critiquer son propre pays sur un sol étranger.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;En réalité, il est rare que des contrats de législature abordent les affaires internationales de front. Celui de l’UMP le fait dès la page 7, où il est écrit que «&amp;nbsp;notre diplomatie doit être moins soucieuse d’attirer les faveurs de nos clients que d’assurer la rigueur de son éthique ». Difficile de ne pas voir derrière cette formulation une dénonciation de la synthèse chiraquienne entre soumission aux intérêts des marchands d’armes et défense intransigeante de la paix et des droits de l’homme. Plus loin, les auteurs du contrat de législature ajoutent&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Notre politique étrangère ne devra donc pas rechercher la stabilité pour la stabilité, car à celle-ci correspond trop souvent un statu quo cruel et injuste, fondé sur des situations malsaines&amp;nbsp;» et évoquent «&amp;nbsp;l’aide à la création de véritables Etats de droit et de sociétés civiles ouvertes ».&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;C’est ce type de textes qui gagne à la cause sarkozyste des intellectuels «&amp;nbsp;ancienne formule », s’intéressant plus à la diffusion des valeurs libérales dans un monde globalisé qu’à l’étude concrète des mutations de la société et des opinions publiques. Contrairement aux affirmations de certains opposants, la volonté manifestée par Sarkozy de «&amp;nbsp;rompre&amp;nbsp;» avec une certaine politique étrangère héritée de la guerre froide est ancienne.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Alors qu’il avait quitté le gouvernement à la demande Jacques Chirac et s’exprimait en Israël, à la conférence d’Herzliya, le 16 décembre 2004, le président de l’UMP ne plaidait-il pas pour une politique étrangère qui gagnât «&amp;nbsp;en transparence, en simplicité, en sincérité&amp;nbsp;» ? N’affirmait-il pas trouver plus «&amp;nbsp;légitime (…) que l’Union européenne accorde sa confiance et son aide en priorité à ceux de ses voisins dont les valeurs sont les plus proches des siennes&amp;nbsp;» ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Propos lourds de sens pour les anti-atlantistes radicaux. Il s’agissait, pour Nicolas Sarkozy, de souhaiter que la France assume mieux ses valeurs dans la qualité du dialogue noué avec les pays étrangers. Ainsi, il ne fait pas de doute que le projet de la droite se situe plus du côté du discours de La Baule prononcé par François Mitterrand en 1990 –il y invitait fermement les états africains à instaurer le pluripartisme- que de Jacques Foccart sur les dossiers «&amp;nbsp;africains ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le malheur de l’UMP tient à ce que la déroute américaine en Irak jette un soupçon de néo-conservatisme sur toute critique de notre cynisme du faible en matière de relations internationales. En clair, le réalisme voudrait la paix, et l’éthique la guerre, comme vient encore de l’écrire Hubert Védrine, ce Kissinger au petit pied. On peut cependant observer que Ségolène Royal, en dépit d'un atlantisme moins marqué que celui d’une certains gauche française, se situe également sur le terrain d’une nécessaire révision de notre politique diplomatique. Malgré ses voltes-faces et des ambiguïtés, la candidate du Parti socialiste s’inscrit dans la continuité d’un Lionel Jospin qui, soucieux de «&amp;nbsp;parler vrai », avait dénoncé le Hamas comme un mouvement «&amp;nbsp;terroriste&amp;nbsp;» à l’Université de Bir Zeit. La candidate du Parti socialiste n’a pas hésité à dénoncer les errements de notre politique africaine, ou à hausser le ton sur les «&amp;nbsp;droits humains&amp;nbsp;» lors de son voyage en Chine communiste. Sans que leurs visions se puissent superposer, il apparaît que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal partagent certaines analyses en matière de politique étrangère, et quant aux inflexions à apporter dans le discours de la France à l’international.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Le projet de l’UMP, peu prolixe sur les questions de réforme institutionnelle, porte cependant une nouvelle rupture avec les institutions de la Ve République. La mention la plus explicite concerne l’idée que le chef de l’exécutif puisse se rendre devant les Chambres, non pour prononcer une manière de «&amp;nbsp;discours du Trône&amp;nbsp;» à l’anglaise, mais pour rendre compte de son action devant la représentation nationale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut estimer cette modification timorée, comparée aux rêves de grand soir constituant de l’UDF et d’une partie du PS. Un certain nombre de «&amp;nbsp;gaullistes&amp;nbsp;» sourcilleux eurent ainsi, au moment de la préparation du projet de l’UMP, le sentiment d’être entendus&amp;nbsp;: l’activisme forcené de Sarkozy s’arrêterait au seuil du temple constitutionnel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au vrai, la manie de modifier notre loi fondamentale à chaque variation de la météorologie élyséenne étonne beaucoup les juristes étrangers. Ce faisant, on nage en pleine tyrannie de l’«&amp;nbsp;ici et maintenant », de ceux qui représentent la France à un moment donné parce qu’ils en ont l’âge ou parce qu’ils sont vivants. Or, toute démocratie suppose des institutions qui tendent à assurer par des moyens humains une certaine permanence de la Nation. On sait le président de l’UMP très attaché à cette idée d’une continuité de la Nation française à travers les âges historiques&amp;nbsp;: il doit être dans tout régime démocratique des institutions qui répondent à la nécessité de faire le pont entre les générations et d’assurer que la nation souveraine ne soit pas seulement représentée par ceux qui vivent et pensent à un moment donné.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour autant, le président in camera  rêvé par Sarkozy se substituerait à la conception «&amp;nbsp;gaullienne&amp;nbsp;» d’un président- arbitre, qui ne doit de compte à personne et ne dépend pas des partis. La Ve République telle que nous la pensons est un régime né en 1962, avec l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel, de façon presque subreptice. Sur le fond, le changement proposé par l’UMP affecterait notre système de «&amp;nbsp;monarchie républicaine », où la fonction présidentielle, pour que soit respecté l’esprit de la Constitution, ne peut être exercée que par un homme dont la légitimité tienne d’abord à autre chose qu’à la politique&amp;nbsp;: l’Histoire, idéalement. Système imparfait auquel la droite se propose de mettre fin en accentuant l’aspect «&amp;nbsp;présidentiel&amp;nbsp;» du régime&amp;nbsp;: un chef de l’Etat responsable, mais plus fragile, moins «&amp;nbsp;arbitre ». Un président «&amp;nbsp;dans l’Assemblée&amp;nbsp;» serait un président «&amp;nbsp;en danger », susceptible d’être sifflé, contesté, hué ou boudé. En outre, cette évolution institutionnelle accréditerait à nouveau l’idée d’un Sarkoy fasciné par le modèle américain, ici le régime présidentiel, et son strict respect de la séparation des pouvoirs.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Ces deux éléments de rupture avec le gaullisme évoqués, il semble que l’américanophilie supposée de l’UMP soit moins à rechercher dans le fond que dans la forme, dans l’exercice du pouvoir que dans la stratégie. Comme aux Etats-Unis, Sarkozy est issu de la frange dure du mouvement auquel il appartient&amp;nbsp;: sa désignation devait permettre d’abord que se cristallisassent sur son nom les soutiens traditionnels de sa famille politique (professions libérales, retraités). Libre à lui d’élargir ensuite sa base électorale au centre, comme il ne manqua pas de le faire en se voulant le candidat de «&amp;nbsp;l’ouverture ».&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Plus structurellement, sur le plan de la stratégie, le choix opéré par la droite s’inspire de celui des républicains au milieu des années 70, aux Etats-Unis. Le diagnostic originel, de ce côté-ci de l’Atlantique, mettait en cause le «&amp;nbsp;sinistrisme&amp;nbsp;» de la vie politique française,déjà décrit par Albert Thibaudet dans la première moitié du XXe siècle&amp;nbsp;: en bref, les idées naissaient à gauche, puis passaient à droite, en une manière de dérive des continents polarisée (et accélérée). La droite française se serait donc vue condamnée à une situation d’infériorité morale et réelle par rapport aux progressistes, même quand ceux-ci ne gouvernaient pas.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Armée de ce constat, pour construire une idéologie de la reconquête, l’UMP s’est lancée dans une reconquête de l’idéologie. Plus encore que la conquête immédiate du pouvoir, il me semble que l’ambition de Nicolas Sarkozy a consisté à donner à sa formation politique le primat des idées, en déplaçant le combat sur le terrain des valeurs, préféré à celui des évolutions de la société. Soulignons d’emblée ce que cette démarche pouvait avoir d’atypique&amp;nbsp;: la principale faiblesse de la droite, mais également son honneur, tenait, jusqu’à Jacques Chirac, à ses professions de foi pragmatiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, l’originalité de la droite modérée relevait moins, historiquement, des valeurs qu’elles défendaient que de la manière dont elle les relativisait. Nicolas Sarkozy a, lui, choisi d’articuler son projet autour de trois valeurs, de préférence à trois «&amp;nbsp;mesures-phares&amp;nbsp;» ou propositions détonnantes&amp;nbsp;: liberté, travail, respect.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy en sait quelque chose&amp;nbsp;: l’épithète «&amp;nbsp;libéral&amp;nbsp;» se charge, pour qui se le voit accolé en France, d’un poids d’infamie à nul autre pareil. Sans beaucoup s’avancer, on devine que les Français sont le seul peuple d’Europe occidentale à qui le vocable du communisme apparaît moins redoutable que celui du libéralisme. C’est que le libéralisme économique, dans ses applications concrètes, s’attaque prioritairement à l’Etat. Or, la nation française a été construite par l’Etat, un Etat dont l’existence l’a précédée&amp;nbsp;: dans notre pays plus qu’ailleurs, tout discours violemment anti-étatique ressuscite le fantôme de la loi de la jungle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seule expérience vraiment libérale qu’ait connue la France se situe entre 1986 et 1988, sous le second gouvernement de Jacques Chirac, voire, plus restrictivement, en 1986. Elle s’est soldée par un échec retentissant aux élections présidentielles, la droite ayant échoué à construire une action qui ouvre ses soutiens au-delà de la seule clientèle des indépendants et inactifs, et renié ses deux meilleures alliées des années 60 et 70, Jeanne d’Arc et la Sécurité sociale (JL Bourlanges dixit).&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;L’UMP, ayant choisi de s’imposer sur le plan des valeurs, ne pouvait pour autant négliger de tirer quelques enseignements de l’histoire. En la matière, l’expérience désastreuse de 1988 semblait montrer qu’une droite hostile à l’Etat par principe, prônant une sorte d’anarcho-libéralisme venu du fond des âges, dénonçant derrière toute politique sociale des velléités d’égalitarisme et de nivellement par le bas, une droite qui abandonnerait en chemin les valeurs des Lumières, n’avait aucune chance de l’emporter en France sur le terrain électoral.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Pour être audible et entendu, le discours sur la valeur «&amp;nbsp;liberté&amp;nbsp;» devait se faire à la fois plus sophistiqué, moins étriqué et plus juste&amp;nbsp;: la liberté comme promesse d’émancipation pour l’Homme, et d’ascension sociale pour les faibles, plutôt que comme dénonciation d’un Etat qui assujettit, et d’une énarchie qui corrompt. Anatole France écrivit qu’un millionnaire et un clochard étaient également libres de dormir sous un pont. La liberté ne peut se réduire à ce cynisme-là, surtout lorsqu’on sollicite les suffrages des Français. Dans cette perspective, pour être «&amp;nbsp;comestible&amp;nbsp;» électoralement, le libéralisme doit remplir trois impératifs&amp;nbsp;: éviter de contester sa légitimité historique à l’Etat, promouvoir l’ascension sociale des classes moyennes et défavorisées, et étendre le champ des libertés individuelles.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;A l’examen de son projet, l’UMP pourrait donc avoir saisi la nécessité, à la fois stratégique et morale, de ne pas réduire les valeurs libérales aux caquets de Patrick Devedjian et de Gérard Longuet. Les discours de Nicolas Sarkozy sur l’Etat évitent soigneusement tout dérapage sur la «&amp;nbsp;mauvaise graisse&amp;nbsp;» de certains fonctionnaires, ou la nécessité de «&amp;nbsp;dégraisser le mammouth&amp;nbsp;» éducatif. La réforme de l’Etat telle que l’entend le projet de l’UMP&amp;nbsp;? Un silence presque total sur les perspectives de privatisations futures, ce qui tranche avec la «&amp;nbsp;Plateforme pour gouverner ensemble&amp;nbsp;» de 1986&amp;nbsp;; une promesse de remplacement d’un fonctionnaire sur deux, irréaliste et démagogique, même complétée par un engagement de revalorisation des agents du secteur public&amp;nbsp;; une suite d’annonces concernant la fusion de certains services (DST et DGSE&amp;nbsp;; impôts et Trésor&amp;nbsp;; Unedic et ANPE)&amp;nbsp;; des engagements sur le périmètre des départements ministériels (rattachement de la culture à l’Education nationale, du secteur de l’Energie au Développement durable et à l’Ecologie)&amp;nbsp;; la remise en cause des promotions à la seule ancienneté et une évaluation plus précise des agents publics.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plus qu’une politique idéologiquement hostile à l’Etat, on pourrait parler d’une tentative de penser une politique globale de la Fonction publique, loin de tout poujadisme anti-étatique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy pouvait-il raisonnablement faire autrement&amp;nbsp;? Sa prudence ne prend que le risque de décevoir une population très marginale, celle qui rêve d’une révolution thatchérienne ou reaganienne dans notre pays. En tant que ministre de l’Intérieur, donc responsable, en quelque sorte, de la survie de l’Etat, le candidat se devait jusqu’à présent de tenir un discours de réforme de l’Etat qui, pour paraître ferme, ne versât pas dans une «&amp;nbsp;pureté idéologique&amp;nbsp;» qui l’eût condamné à l’échec. Satisfaisante intellectuellement, la stricte fidélité à une vision du monde conduit en politique à la réduction minoritaire.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;L’Etat utile, dans les discours de Nicolas Sarkozy, s’incarne dans la figure du policier ou dans celle de l’enseignant. Cette dernière référence n’est pas anodine, pas plus que les clins d’œil récents du Ministre de l’Intérieur aux personnels de l’Education nationale.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Pour se détacher de la gangue ultra-libérale, le ministre de l’Intérieur et son camp ont en effet choisi d’articuler leurs propositions autour de l’idée de promotion sociale, dont l’Ecole pourrait redevenir le pivot. Classes préparatoires dans les quartiers difficiles, accès pour les 5% des élèves ayant les meilleurs résultats, quel que soit leur lycée, aux classes préparatoires&amp;nbsp;; réforme du service public de l’orientation, sans préciser selon quelles modalités et avec quels moyens&amp;nbsp;; discrimination positive, enfin.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Ce dernier terme, remisé par le ministre de l’Intérieur depuis l’automne, absent du contrat de législature de l’UMP, n’est plus utilisé que de manière subreptice dans ses discours, face à des publics choisis. C’est heureux… Il traduisait une vision communautarisé et presque ethnicisé du problème de la mobilité sociale, et pouvait à ce titre être critiqué&amp;nbsp;: les fils et filles de «&amp;nbsp;petits blancs&amp;nbsp;» chômeurs de la Thiérache, du Biterrois ou de la Maurienne ont, eux aussi, besoin de croire qu’ils peuvent trouver leur place dans la société, et s’y épanouir.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Les mots pourtant, ici comme ailleurs, invitent à la prudence quant à ce visage volontairement «&amp;nbsp;généreux&amp;nbsp;» de Nicolas Sarkozy et de la droite-UMP. Plutôt que de parler de mobilité sociale, ce qui heurterait sans doute un électorat pour partie décidée à conserver pour ses enfants des positions acquises, le contrat de législature évoque le «&amp;nbsp;mérite&amp;nbsp;» comme valeur cardinale. Or, il n’est évidemment pas d’équivalence des termes en cette occurrence.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Valoriser le mérite pourrait signifier que toute situation d’échec ou d’exclusion serait voulue&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;pourquoi venir en aide à celui qui ne veut pas s’en sortir ?» se chargerait ensuite de demander M. Sarkozy, familier des interrogations dans le discours, et plus encore des interro-négatives. Suivre cette pente-là serait pénible pour la cohésion nationale&amp;nbsp;: John Rawls n’écrivait-il pas que le degré de civilisation d’une société se pouvait mesurer à la place que les plus faibles s’y voyaient réservée&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Le projet de l’UMP méconnaît pour partie qu’il n’est pas de liberté sans justice, ce qui infère que la puissance publique se charge de donner à chacun les moyens d’exercer sa liberté. La liberté, c’est certes la capacité de créer des inégalités, mais ce n’est pas strictement celle de les perpétuer. Ainsi, la suppression des droits de succession proposée par le contrat de législature de l’UMP vient heurter la logique de mobilité sociale, d’autant que les inégalités de patrimoine l’emportent de beaucoup, en France, sur les inégalités de revenus (assez raisonnables). Pourquoi ne pas se limiter à élever le plafond au dessous duquel les successions sont exonérées de contributions, plutôt que de favoriser outrageusement les gros patrimoines de ce pays en soutenant leur logique de conservation&amp;nbsp;? Sur ce plan, l’UMP et Nicolas Sarkozy demeurent prisonniers de Neuilly sur Seine et de Versailles.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Plus généralement, en croisant la liberté et la valeur «&amp;nbsp;travail », beaucoup à droite pensent avoir réconcilié l’intérêt des patrons et la dignité ouvrière, les angoisses des indépendants et la frénésie consommatrice du salariat.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;La liberté de travailler plus pour gagner plus se veut au cœur du projet de l’UMP pour la France&amp;nbsp;: le paradoxe veut que ce slogan n’ait de sens ou d’intérêt que dans la fonction publique, qui le rejette pourtant par la voix de ses syndicats. La mesure permettrait certes de produire plus de richesses -beaucoup de Français savent gré à Sarkozy de rappeler que celles-ci doivent être créées avant d’être redistribuées- mais elle favoriserait les seuls insiders du monde du travail, au détriment probable des chômeurs et des précaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En revanche, dans la fonction publique, le «&amp;nbsp;travailler plus pour gagner plus&amp;nbsp;» prend du sens&amp;nbsp;: aux enseignants acceptant d’assurer des heures de surveillance, d’encadrement des devoirs, voire de dispenser une autre matière, l’Etat saurait accorder un surcroît de revenus, revalorisant ainsi des traitements qui demeurent, au lycée, très médiocres compte tenu du niveau d’études préalable. Nul doute que les comptes publics y trouveraient leur compte. Pour autant, la déréglementation du régime des heures supplémentaires ne permettrait aucunement d’augmenter la taille de la population active occupée dans notre pays.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Enfin, la faiblesse principale de Nicolas Sarkozy et du projet législatifs de l’UMP tiennent à la question de la société civile. Ministre des charters, candidat qui préfère parler d’ «&amp;nbsp;immigration&amp;nbsp;» plutôt que d’immigrés pour minimiser peut-être l’aspect humain de ce problème, ministre des libertés publiques mais les ayant régulièrement restreintes depuis 2002, ministre de la Police critiquant la justice, Nicolas Sarkozy a-t-il réfléchi aux conditions qui permirent que la société française «&amp;nbsp;accepte&amp;nbsp;» autrefois les dérégulations économiques dont il estime que la France a de nouveau besoin?&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Malgré la confusion entretenue entre le pouvoir d’Etat et le pouvoir politique, les années 60 virent, en France, une déréglementation du marché, consécutive au traité de Rome. Cette désétatisation de la France et son insertion dan le commerce international ne se firent pas sans heurts (grèves des mineurs notamment). Mais le pouvoir sut accompagner son dessein libéral de mesures qui étendaient le champ des libertés individuelles, comme l’autorisation de la pilule contraceptive en 1967, ou la loi Faure de réforme des Universités en 1968. De même, Valéry Giscard d’Estaing entendit-il poser des fondements sociétaux à sa politique économique «&amp;nbsp;libérale&amp;nbsp;» en faisant voter des lois sur le regroupement familial (la nationalité comme choix), sur l’avortement et sur l’élargissement de la saisine du Conseil constitutionnel en 1974. C’est à cette «&amp;nbsp;ouverture&amp;nbsp;» que le pouvoir giscardien dut sans doute de l’emporter encore en 1978&amp;nbsp;: si on ne gagne pas toujours à faire la politique de ses adversaires, on perd toujours à ne faire que la politique des siens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour éviter l’accusation d’anarcho-capitalisme, le libéralisme se doit de revendiquer hautement sa dimension politique et morale. Un projet authentiquement libéral se doit donc d’assurer et de garantir l’égal respect de la dignité humaine, sans distinction de race, de religion, de sexe ou de préférence sexuelle. A cet égard, le contrat de législature de l’UMP se contente de promettre plus de moyens pour la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations) et de brandir la collégialité comme rempart aux dérives du système de la détention provisoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si l’UMP et Nicolas Sarkozy entendent sortir du piège anarcho-libéral en créant de nouveaux droits individuels, ils ne s’engagent guère sur le plan de leur garantie. La justice vue par la droite s’accommode des peines planchers, négation de tout le système pénal à la française. La possibilité d’une saisine du Conseil constitutionnel par les citoyens, la progression des droits du consommateur par l’autorisation des actions de groupe (repoussée aux calendes grecques par l’actuelle Assemblée nationale), le recours systématique aux travaux d’intérêt général pour les faits délictueux les moins lourds, l’amélioration des conditions de vie dans les prisons sont peu évoquées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La construction d’établissements pénitentiaires n’est pas une garantie de progression des libertés publiques, car on sait qu’elle a des conséquences inévitables sur les décisions d’incarcération prises par les juges d’instruction. S’ils répondent à l’exigence de décence des conditions de détention, les programmes immobiliers de l’administration pénitentiaire ne peuvent tenir lieu de réflexion sur la place de la prison dans notre société, ou sur la réinsertion des délinquants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur le plan des libertés individuelles, le projet de l’UMP et de Nicolas Sarkozy offre des garanties insuffisantes pour démentir l’impression laissée par des déclarations agressives sur le pouvoir judiciaire et les juges. On sait pourtant que la France consacre proportionnellement moins de moyens à sa justice que la plupart des Etats européens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quid de la nécessaire protection (voire progression) des libertés «&amp;nbsp;privées&amp;nbsp;» dans le projet de l’UMP&amp;nbsp;? Il y est d’abord question d’une progression des libertés individuelles&amp;nbsp;: sur le terrain sociétal, l’aménagement du PACS pour le rendre porteur des mêmes droits que le mariage, notamment en matière de successions, constituerait une réelle avancée, si d’aventure une droite victorieuse ne choisissait pas d’oublier ses promesses en chemin, comme en 2002.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plus largement, le contrat de législature dénonce «&amp;nbsp;l’intrusion de la puissance publique dans la vie privée », ce qui évoque Sieyès («&amp;nbsp;la fin de tout établissement public est la liberté individuelle »), et comporte un passage obligé sur les droits des femmes, sans en faire  une priorité au même titre que l’UMP. Le droit à un environnement sain se voit au contraire accorder une place considérable, signe sans doute de l’influence de Mme Kosciusko-Morizet au sein de l’UMP.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;En conclusion, le projet de l’UMP et de Nicolas Sarkozy se voudrait l’incarnation d’une double rupture&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-rupture avec les traditions politiques de sa famille politique, pour mieux incarner l’union des droites gaulliste, libérale et même traditionaliste (bonapartiste, orléaniste et légitimiste, si on tient à la tripartition établie par René Rémond)&amp;nbsp;; elle passe par une reconquête de l’idéologie, qui voudrait cependant éviter les pièges du libéralisme réactionnaire se gardant d’attaquer l’Etat de front, en s’attachant à promouvoir l’ascension sociale, en assurant de nouveaux droits&amp;nbsp;; pour autant, la faiblesse du projet quant aux garanties dont disposent les citoyens face à la puissance étatique est susceptible de réactiver le fantasme d’un «&amp;nbsp;libéralisme conservateur&amp;nbsp;» ;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-rupture avec les politiques conduites en France depuis 25 ans&amp;nbsp;; de ce point de vue, le projet ménage un équilibre subtil entre la reconnaissance du travail accompli depuis 2002 par les gouvernements Raffarin et Villepin, notamment sur les retraites ou la lutte contre les discriminations, et la formalisation d’une série de ruptures symboliques discrètes mais décisives&amp;nbsp;: une politique étrangère qui tranche avec le «&amp;nbsp;cynisme du faible&amp;nbsp;» ; un président ayant accès à l’hémicycle de l’Assemblée nationale&amp;nbsp;; une politique de la fonction publique plus cohérente, mais dont l’énoncé n’échappe pas à la démagogie&amp;nbsp;; la revalorisation de la valeur «&amp;nbsp;travail&amp;nbsp;» et du mérite, comme pour rompre avec l’esprit de jouissance, de loisirs et d’oisiveté fantasmé de certains Français.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Pour l’essentiel, l’hétérogénéité du contrat de législature tient à ce grand parti de la droite et du centre que l’UMP est devenue, sinon électoralement, du moins en termes notabiliaires et d’appareils. Le hiatus le plus préoccupant se noue entre les déclarations –parfois aventureuses- d’un candidat à la proposition facile, et une ambition partidaire à la fois plus raisonnable et plus ambitieuse. Comme si la droite mesurait à son tour le décalage entre les nécessités de la conquête du pouvoir et celles de l’exercice du pouvoir…&quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Gourmand, trop gourmand</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/09/29/Gourmand-trop-gourmand</link>
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    <pubDate>Sat, 29 Sep 2007 08:10:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Valeurs</category><category>Vosges</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Chacun ses marottes&amp;nbsp;: ce billet enfourche derechef le cheval institutionnel. Vous vous lasserez peut-être de ce goût-là, et de ne pas lire sur le blog plus de considérations sur la  Birmanie, le Grenelle de l'environnement ou la réforme des régimes spéciaux (en vrac). Le cas échéant, mille excuses aux esprits moins obsessionnels que le mien ou, soyons cruels, plus immodestes encore.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un entrefilet paru dans &quot;Le Monde&quot; daté d'avant-hier avait le don de stupéfier&amp;nbsp;: Jean-François Copé, ci-devant maire de Meaux et président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui émerge à peine de cinq années dans les palais ministériels, aurait été recruté par le cabinet d'affaires &quot;Gide Loyrette Nouel&quot; pour une activité de consultant ponctuel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mettons de côté l'aspect &quot;incarné&quot; de cette information. Oui, Jean-François Copé tient le rôle de la parfaite tête à claques pour l'opposition depuis plusieurs années. Bosseur mais arrogant, discourtois et péremptoire, Jean-François Copé s'est appliqué à poser en chef de meute depuis juin 2007.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est pourtant une contradiction entre les nécessités de la carrière personnelle de M. Copé et l'intérêt du groupe majoritaire&amp;nbsp;: le maire de Meaux, que le président de la République apprécie peu, cherche à se faire bien voir de l'Elysée pour retrouver un maroquin&amp;nbsp;; les élus UMP doivent au contraire réinventer le rôle d'une majorité dans le cadre s'une république &quot;sur-présidentialisée&quot;. Adepte de la férule plus que de la carotte pour faire avancer le groupe dans un sens purement gouvernemental, l'ancien ministre du budget n'était pas un bon choix pour ce poste, qui exige doigté, connaissance et respect de la fonction parlementaire. Un garde-chiourme y réussira moins bien qu'un diplomate&amp;nbsp;: nous n'irons pas plus loin, réservant tout  jugement développé sur l'action de M. Copé à une date ultérieure.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans l'absolu, la révélation du &quot;Monde&quot; soulève deux problèmes&amp;nbsp;: celui du cumul des mandats, et plus largement de l'opportunité du cumul entre activité professionnelle et fonction parlementaire&amp;nbsp;; celui de l'éthique en politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lors du colloque sur les institutions organisé il y a peu par le Nouveau Centre et les réformateurs de l'UMP, Gérard Longuet et Hervé Morin étaient tombés d'accord pour préconiser l'interdiction du cumul entre un exécutif local et un mandat de député. A l'heure actuelle, un député &quot;vertueux&quot;, qui refuse l'exercice de tout autre mandat, se place en situation difficile face aux élus locaux qui guignent son siège ou même aux parachutés soutenus par ces élus locaux&amp;nbsp;: en témoignent les sueurs froides d'Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire lors des dernières législatives. Pour compenser cet absence de mandat local, le député roublard aura tendance, en l'état présent des choses, à se muer en élu local (bis), bureau des pleurs et des réclamations plus que faiseur de lois&amp;nbsp;: songeons à certain député de la 3e circonscription des Vosges...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre opinion est faite depuis longtemps sur ce sujet. La mère des réformes en matière d'institutions, c'est l'interdiction du cumul des mandats pour les députés. En ce sens, nous blâmons M. Copé, député-maire de Meaux, sans oublier que la mécanique élective contemporaine le contraint à la collection de casquettes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Etait-il bien nécessaire d'en coiffer une aux couleurs d'un prestigieux cabinet d'affaires?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ecoutons M. Copé&amp;nbsp;: il justifie sa décision par le souci de rester en contact avec &quot;la réalité&quot;. Comme si le quotidien des avocats d'affaires avait à voir avec les tracas de Mme Michu... Plus prosaïquement, on peut envisager que l'embauche de M. Copé ne soit pas étrangère, pour ce qui le concerne, à des préoccupations pécuniaires et familiales. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale pourrait cependant interpeler l'opinion sur la nécessité de revaloriser le traitement des députés. Ce serait prendre un risque politique. Alors qu'en apposant discrètement sa signature au bas d'un contrat, dans l'atmosphère ouatée d'un siège parisien...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N'oublions pas de surcroît qu'en sa qualité d'ancien ministre du Budget, M. Copé a pu rencontrer, il y a six mois, les intérêts de certains des clients du cabinet pour lequel il va travailler, ce qui pose un problème de moralité publique. Le problème n'est pas neuf&amp;nbsp;: après tout, M. Edmond Alphandéry, ancien ministre de l'Economie, est devenu peu après PDG d'EDF, mais il s'agissait alors d'une entreprise publique. Le choix de M. Copé évoque plus volontiers le destin du chancelier Schröder -toutes proportions gardées-.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On objectera que l'exercice en parallèle d'une activité professionnelle permet aux députés de s'assurer, en cas de défaite, d'échapper à l'ANPE. En 1993, au moment de la déroute socialiste, beaucoup d'anciens parlementaires se retrouvèrent au contraire le bec dans l'eau, faute d'avoir préparé un plan &quot;défaite&quot;. Et d'aborder ici la question du statut de l'élu, serpent de mer s'il en est.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une option raisonnable consisterait à prévoir que les député battus intègrent un corps de l'Inspection de l'administration (inspection du travail, de l'éducation nationale, des prisons, ...) pour une durée de 5 ans&amp;nbsp;: je soumets cette hypothèse à la sagacité de mes lecteurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quant à M. Copé, nous souhaitons que les négociations qu'il aura à connaître chez &quot;Gide, ...&quot; lui apprennent la souplesse et le respect de l'adversaire. Ou comment passer de l'indignation au voeu pieux...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le calme et l'audace des vieilles troupes</title>
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    <pubDate>Fri, 31 Aug 2007 08:24:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Gouvernement Fillon</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La comité chargé de réfléchir à la réforme des institutions ne compte , et c’est heureux, pas que des Jerphanion&amp;nbsp;: aussi vénérables que nous paraissent MM. Balladur, Lang, Duhamel et Bourlanges, le souvenir de leur énergie, au coeur de la mêlée, reste vif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les sages, c’est connu, réfléchissent mieux à l’ombre cependant. Qui sait où le comité en question se réunira&amp;nbsp;? Auditionnera-t-il des responsables politiques, syndicaux, des intellectuels, comme le fit naguère la Commission Stasi&amp;nbsp;? Chacun fait mine de l’ignorer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A celui qui rechigne, on oppose la torpeur estivale. Circulez, on vous donnera quelque chose à voir dans deux semaines, trois mois ou six, c’est selon. En cas de calendrier désertique, gageons que le président de la République saura sommer les «&amp;nbsp;Sages&amp;nbsp;» de se presser, pour recevoir de leurs mains de nouvelles Tables de la loi fondamentale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ai dit il y a peu mon sentiment quant au contenu de la feuille de route tracée par le président de la République. En bref, ce qui étonne, c’est la propension du pouvoir à invoquer la culture républicaine pour user de ses valeurs dans le sens de la fermeture, tout en affectant d’ignorer cette composante essentielle de la République telle que l’entendaient Léon Gambetta, Jules Ferry ou Georges Clemenceau&amp;nbsp;: le parlementarisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le comité de la réforme constitutionnelle ouvrira-t-il le bocal où le débat parlementaire se dessèche depuis 1958&amp;nbsp;? L’avenir, ou l’oracle Balladur le diront. Les signes les plus concrets et les plus déchiffrables d’une évolution institutionnelle vers le haut, dans le sens d’une relative déconcentration des pouvoirs, viennent pour le moment d’ailleurs. Du Parlement lui-même, où beaucoup de députés, bousculés et bluffés à la fois par Sarkozy, ont décidé dès aujourd’hui de «&amp;nbsp;l’ouvrir ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un exemple&amp;nbsp;? Pierre Méhaignerie, dans Le Monde daté du 29 août 2007.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La voix du député d’Ille-et-Vilaine n’a rien d’un organe de stentor&amp;nbsp;: timide, sinueuse, la phrase en tient plus de Pinay que de Mendès France, de Chautemps que de Blum. Son «&amp;nbsp;non à la TVA sociale&amp;nbsp;» s’est perdu dans la forêt des tribunes qui paraissent chaque jour&amp;nbsp;: qui écoute encore Pierre Méhaignerie à Paris&amp;nbsp;? Pas les journalistes, qui boudent ce cheval de retour peu glamour, dont le seul titre de gloire récent est d’avoir refusé un ministère –l’Agriculture- qu’un autre, plus jeune et plus «&amp;nbsp;capé&amp;nbsp;» pourtant, s’est fait un plaisir d’accepter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Regardons de plus près l’article de M. Méhaignerie. Il commence par ces mots&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le gouvernement se trompe ». C’est le président de la Commission des Affaires sociales, culturelles et familiales qui le dit. Du fond de l’article, on pourra discuter plus tard. Il importe beaucoup aux démocrates et libéraux de ce pays, en revanche, qu’un président de commission parlementaire autre que Didier Migaud écrive ces mots&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le gouvernement se trompe ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. Copé peut s’époumoner, hurler au respect strict et entier du vote des Français, rien n’y fait&amp;nbsp;: la voix de M. Méhaignerie perce pour notre oreille le hourvari orchestré par le président du groupe UMP. La TVA sociale ne figurait pas dans le projet de Nicolas Sarkozy, rien n’interdit donc à un ancien Secrétaire général de l’UMP d’en critiquer publiquement le principe. Quant aux électeurs de M. Sarkozy, ne vous en faîtes pas une tunique trop moulante, M. Copé, sous peine de subir le sort d’Héraclès dans celle de Nessus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, il est des électeurs de M. Sarkozy au second tour qui souhaitent des députés plus libres, une démocratie plus profonde et responsable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette audace-là se trouve aujourd’hui dans la bouche et sous la plume des vieilles troupes. Je forme le vœu que demain, les députés français sachent retenir la leçon de M. Méhaignerie, ou des parlementaires britanniques&amp;nbsp;: voter contre ses convictions, c’est laisser à la réalité le soin de trancher de la qualité de la loi. Avec les risques que cela suppose.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Point Barre</title>
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    <pubDate>Sat, 25 Aug 2007 19:06:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Histoire politique</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les enterrements sont moments d'adieux et de retrouvailles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A l'heure où chacun titre à la mort d'un centriste en la personne de Raymond Barre, la grande famille des modérés est appelée à se réunir et à en célébrer la mémoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les enfants que nous fûmes dans les années 1980, Barre restera associé à une clarté lumineuse dans l'explication. Doué de cette forme exigeante d'attention à l'autre qu'exige la pédagogie, le professeur Barre promenait en politique sa liberté d'universitaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les Français, qui ne l'aimaient guère en mai 1981, lui surent gré d'avoir préché l'effort, même à contretemps. Les égarements économiques à senestre lui firent, a posteriori, une réputation de sage dans le grand public&amp;nbsp;; les bachoteurs de tout poil lui avaient reconnu cette dignité-là depuis longtemps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A quoi sert-il d'être sage dans des hémicycles où tout fait tumulte? On attend de vous l'apaisement, la mollesse, l'à-quoi bon. Voilà qui tient lieu de sagesse trop souvent. Barre n'était pas de ces sages en gélatine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il choquait encore, à bon escient jusqu'en 2007. L'élu du Rhône vilipendait la cohabitation dès 1986, avant que l'unanimité se fasse contre elle à la faveur du référendum sur le quinquennat (2000) et de l'inversion du calendrier (2001). L'ancien Premier ministre osait parler de l'indépendance corse sur le ton de la boutade, ce qui révoltait les Corses du continent -des légions!-. Mais il posait les termes du débat. Raymond Barre ne s'enferrait pas dans un parti, il n'hésitait pas distribuer les louanges à gauche (Rocard, Jospin) et les baffes à droite (Chirac 1986, Raffarin, Villepin).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans l'ensemble, M. Barre ne se trompait pas d'adversaire cependant, et ne se retrouva jamais à plaider le &quot;ni-ni&quot;, écrasé entre deux icebergs. Il était de la famille pour les gens de droite, de ces cousins éloignés qui scandalisent les vieilles lignées quand leur réputation va jusque-là. En dernier ressort, on savait bien où il penchait, et à Dieu vat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, Raymond Barre n'avait pas confondu la liberté avec l'absolue solitude, la sincérité avec le non-alignement. La leçon en pourrait être méditée longuement, à l'heure où la voix d'or de François Bayrou se perd dans les sables d'un été pluvieux, mais heureux pour le pouvoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant de conclure par un coup de chapeau, comment taire un regret? Les derniers propos de Raymond Barre au public, en février 2007 ne le valaient pas. Parler de &quot;lobby juif&quot;, c'était rappeler les mots malheureux de la rue Copernic (des &quot;Juifs et des Français innocents&quot;), et autoriser les soupçons les plus malintentionnés. Chacun sait pourtant, M. Barre, que vous fûtes un modèle sur le plan des actes et de l'esprit de tolérance, contrairement à d'autres...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un homme d'Etat s'en va avec nos regrets et nos souvenirs d'un temps où le centre, quoique divisé, savait recoller les morceaux dans un gros ventre confédéral.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et la question de surgir à nouveau, qui nous taraude à l'instant des pertes nationales comme des deuils intimes&amp;nbsp;: mort, où est ta victoire?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La prolifération presque tranquille</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/07/30/La-proliferation-presque-tranquille</link>
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    <pubDate>Mon, 30 Jul 2007 15:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Ecologie</category><category>Politique étrangère</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il est improbable qu'une huile du nucléaire échoue jamais en ces lieux. Si une rencontre survenait entre mes mots et un marchand d'atome, elle l'emporterait dans l'incongru sur la machine à coudre, le parapluie et la table de dissection. Le cas échéant, il pourrait lire dans les lignes qui suivent l'état d'une indignation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le président Sarkozy clamait, dans sa campagne, son désir de rompre avec une politique étrangère du gros chèque et des grosses compromissions. Qu'a-t-on vu dans l'affaire des infirmières bulgares il y a peu? Un marché contestable conclu sous l'auvent d'une bonne action. Du classique. A la Chirac pourrait-on dire, s'il ne fallait reconnaître au sarkozysme débutant une maestria que rien n'émousse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sous Chirac? On reculait par lâcheté et par manque de confiance en la France, pour mieux signer (pensait-on) de jolis contrats. Sous Sarkozy? On avance dans la lumière, bravache, jouant de la starisation -l'épisode Cécilia comme poudre aux yeux- pour mieux ménager en coulisses les intérêts industriels, dussent-ils l'emporter sur tout le reste (préoccupations stratégiques ou écologiques).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi donc, la France aura profité de la condamnation à mort inique de ressortissantes de l'Union européenne pour glisser en Cyrénaïque et en Tripolitaine le nez retroussé d'Anne Lauvergeon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre pays, dans cette affaire, a irrité l'Europe en tirant la couverture à lui, quand les négociations étaient conduites ensemble par les 25, puis les 27, depuis 2 ans. La France a surtout accordé une prime au terrorisme&amp;nbsp;: Kadhafi se dira simplement à l'avenir qu'il est plus efficace de faire des otages légaux que d'assassiner des citoyens (Lockerbie). Morale, où est ta victoire?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Soyons sérieux&amp;nbsp;: la France a pris la responsabilité historique de donner les clefs du nucléaire civil à un état quasi-terroriste. Les choses ont changé depuis les années 1980, c'est vrai, mais pas pour les Libyens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je veux bien qu'entre nucléaire civil et nucléaire militaire, il existe une marge.
Je veux bien que les futures installations nucléaires de Libye soient contrôlées par Areva, et non par Kadhafi directement ou par intermédiaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais était-il bien nécessaire de vendre une technologie, et surtout, à terme, des déchets dangereux, à un pays riche en énergies fossiles (pétrole, ...) et renouvelables (éolien, solaire)? Non, M. le Président de la République, la Libye n'a pas besoin du nucléaire pour se développer, mais de libertés politiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il semble que les Allemands, par la voix de leur ministre de l'Environnement, aient fait connaître leur désaccord avec ce projet d'exportation du nucléaire civil en Iran. Depuis 20 ans, le géant d'Outre-Rhin agit au contraire de notre cynisme en matière de relations internationales&amp;nbsp;: en est-il affaibli dans le monde?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M. Sarkozy n'a pas remporté une victoire diplomatique. Il a saisi l'imminence d'un succès européen et l'a mise à profit pour céder aux lobbies. Le &quot;coucou Sarkozy&quot;, en somme. Notre président de la République voulait rompre, mais s'est contenté de changer la manière, plus habile sous les caméras.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La dure loi du genre, et des années, décillera les yeux sur cette affaire de libération des infirmières bulgares. Rappelant qu'en matière de politique étrangère, l'ambition dont on n'a pas le talent est un crime.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Prendre parti</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/06/16/Prendre-parti</link>
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    <pubDate>Sat, 16 Jun 2007 09:42:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Valeurs</category><category>Vosges</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Pour emporter l’eau sale de la politique, qui contamine toute pensée depuis plusieurs mois, rien de mieux que la littérature ancienne. A l’aune des mots aigus et brillants, des combats où chacun croit jouer l’avenir de sa cité sur un coup de main, l’esprit retrouve des préoccupations plus hautes peut-être que les résultats législatifs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En l’espèce, mon choix s’est porté sur Thucydide, lecture fétiche, dit-on, de François Mitterrand. Dès le début de «&amp;nbsp;La guerre du Péloponnèse », je me rendis à l’évidence&amp;nbsp;: la passion partisane avait encore frappé. Ou plutôt, devais-je y voir une maladie française de l’engagement, qui s’oppose par exemple à un supposé tempérament helvétique&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le fait demeurait&amp;nbsp;: mon cœur était spartiate, sans que le goût de la victoire finale y soit pour quelque chose&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une conversation conjugale m’apprit d’ailleurs que le clivage grec recoupait, sous mon toit, le politique&amp;nbsp;: la gauche modérée plaidant pour les Athéniens, tandis que j’avouais –en bon électeur de centre-droit- mon goût pour Lacédémone.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’y ai réfléchi depuis lors, en partant de cette constatation grossière que le choix de la puissance terrestre plutôt que de l’empire maritime portait un sens précis&amp;nbsp;: des valeurs de conservation obscurément préférées à celles de l’échange, l’ordre spartiate l’emportant secrètement sur la démagogie de Cléon en mon cœur. Cette option avait une saveur d’audace, de révolte contre le prêchi-prêcha philo-athénien de notre école républicaine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Feuilletant peu après les œuvres complètes de Maurice Barrès aux éditions Bouquins, j’y trouvai un texte consacré au «&amp;nbsp;Voyage à Sparte&amp;nbsp;» du Carpinien. Quelques lignes de la préface suffirent à me faire comprendre que mes sentiments, à la lecture de Thucydide, offraient un écho affaibli aux préférences de Barrès, lui qui s’ennuya d’Athènes, bailla au Panthéon, colline pourtant «&amp;nbsp;inspirée », et céda au charme, râpeux comme un cilice, de Sparte. Dieu merci, mes rencontres avec Barrès s’arrêtent là pour l’instant, même si je sais le nationalisme du «&amp;nbsp;rossignol des hécatombes&amp;nbsp;» plus inclusif que celui de Maurras.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et de m’interroger désormais sur cette habitude, contractée dans l’enfance, de combattre en pensée au côté d’un des belligérants, pour mieux saisir la trame du conflit et ses ressorts. Le travers ne m’en a jamais quitté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’année où je préparais l’agrégation d’histoire, je devins donc à la fois pro-Séleucide, car l’Orient hellénistique figurait alors au programme, et gibelin de cœur. Ma raison politique retrouvait ses droits en histoire moderne, où la Gironde exerçait une fascination attendue. Ajoutons que, lisant «&amp;nbsp;Le rivage des Syrtes », j’identifiai le Farghestan à une principauté située en Asie centrale, idéalement moghole, et pour laquelle je pris d’avance parti, sans savoir que le charme de Gracq est tout dans sa manière de craquer l’allumette, en nous épargnant le spectacle de l’incendie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Séleucie, l’Empire romain germanique que soutenaient les Gibelins en Italie, le Farghestan&amp;nbsp;: soit le goût des grands états, recouvrant comme un manteau troué mais splendide une vermine d’intérêts. Est-il besoin d’associer Rome à ces partis pris&amp;nbsp;? Chacun de ces empires, et nous retrouvons ici Sparte, se voulait puissance avant tout continentale, même s’il faudrait apporter certaines nuances à la marge.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La terre préférée à la mer, l’immobile (ou ce que nos sens perçoivent comme tel) au mouvant, le sillon à la ligne de fuite. On n’échappe pas à ses ancêtres&amp;nbsp;: beaucoup des miens ne virent jamais de rivage autre que fluvial, au pied des Vosges. L’infini de l’onde les eût effrayé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un très beau roman d’Aharon Appelfeld, «&amp;nbsp;L’amour, soudain&amp;nbsp;» illustre la nécessité, pour vivre en paix, d’assumer en partie l’imaginaire et l’existence de ses parents. Prendre parti sur tout est un travers français&amp;nbsp;; le goût pour Sparte m’est venu en héritage. La terre m’émeut plus spontanément que le flot, Mycènes et sa solitude hautaine plus que le Cap Sounion et la lumière attique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Même si, à cette heure, et à dire vrai, on se satisferait fort bien d’un été dans quelque cité de Grèce que ce soit…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>L'avenir d'une illusion</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/05/13/Lavenir-dune-illusion</link>
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    <pubDate>Sun, 13 May 2007 06:49:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Pour un centre utile</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Jeudi 10 mai 2007, une nouvelle formation politique est née&amp;nbsp;: le Mouvement démocrate. Autant le préciser tout de suite&amp;nbsp;: je n’ai pas assisté au Conseil national de l’UDF qui a entériné la volonté de François Bayrou.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n’était pas difficile de deviner que les opposants à cette évolution, minoritaires dans une salle emplie d’apparatchiks ou de jeunes idéalistes, seraient hués, sifflés, voire humiliés, si d’aventure on les laissait s’exprimer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Seul Jean-Louis Bourlanges a, paraît-il, eu le cran de tenir le discours de la responsabilité au chœur des
«&amp;nbsp;bayrouisto-bayrouistes ». Résultat&amp;nbsp;: l’intelligence la plus vive de l’UDF a quitté ses anciens camarades sous les lazzis. Belle leçon de démocratie&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce Conseil national décrit à lui seul le fossé dans lequel le Mouvement démocrate s’apprête à verser.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis quelques mois, voire quelques années, l’UDF a été entièrement cadenassée par un petit noyau dur.
Une phalange qui, loupe à la main, a mené la guerre aux esprits libres pour leur substituer des affidés, fédération par fédération.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les statuts de l’UDF ont été appliqués selon le principe du centralisme démocratique, cher à l’ancien PCF&amp;nbsp;: vous pouvez exposer vos idées, mais le débat direct entre les courants est interdit&amp;nbsp;; in fine, un vote tranchera la controverse, mais l’union devra au préalable se faire autour des seuls projets nourris «&amp;nbsp;en haut ». D'où des votes à mains levées (lors de la création du Mouvement démocrate) ou des résultats de république bananière (investiture de François Bayrou&amp;nbsp;; Congrès de Lyon).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jusqu’à la méfiance à l’égard des élus, teintée désormais d’un antiparlementarisme nauséabond, qui rappelle le PCF de la grande époque&amp;nbsp;! Seulement, là où les communistes se battaient pour changer le monde, l’UDF ne lutte officiellement que pour changer le mode de scrutin...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La vérité, c’est que la famille centriste et libérale a été victime d’une OPA progressive, visant à la transformer en un club de supporters.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ai beaucoup d’estime pour François Bayrou, pour qui j’ai mené campagne jusqu’au 22 avril 2007. Mais je rappelle à tous mes camarades de l’UDF que nos idées ont existé avant François Bayrou, et qu’elles lui survivront.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La personnalisation du pouvoir représenta toujours, pour la démocratie-chrétienne, un tentation&amp;nbsp;; elle n’y avait jamais cédé jusqu'à 2002, hostile par principe à l’idée que la vérité appartiendrait à un homme seul.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Bayrou se sent investi d’une mission au service de notre pays, c’est là sa force et sa faiblesse. Ne pas douter rend plus fort, plus inébranlable, et vous donne parfois aux yeux des naïfs un air d’homme d’Etat. Ceux qui vous créditent de la sorte se trompent&amp;nbsp;: Mendès France doutait par méthode, de Gaulle avec angoisse, Clemenceau avec fureur. En politique, on n’EST jamais le meilleur. On le devient, et au contact des autres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, j’ai vu l’UDF, rejointe en 2002, se muer en parti de supporters, de fans plus ou moins intéressés. Un parti qui ne se révélait, à l'usage, pas plus ouvert que les autres, avec les mêmes tyranneaux de sous-préfecture, les mêmes cercles d'influence, les mêmes rumeurs, ...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne répéterai pas ici les mots de Jean-Louis Bourlanges à propos de l'impasse où le centro-centrisme conduirait l'UDF. Disons qu'il s'agirait d'un sectarisme du &quot;ni-ni&quot;, d'une stérilisation accélérée de millions de voix, aggravés par le verrouillage des instances dirigeantes du Mouvement démocrate.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La logique de François Bayrou repose sur un double pari&amp;nbsp;: celui de l'échec du gouvernement à venir, d'une part&amp;nbsp;; celui d'un enlisement du processus de rénovation de la gauche. Il faut toujours se méfier des hommes qui remettent aux autres les clefs de leur propre destin, surtout s'ils prétendent entraîner des décennies de tradition politique à la semelle de leurs souliers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment peut-on souhaiter que la France ne se relève pas, que la gauche ne se réforme pas?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Mouvement démocrate est une initiative sympathique, mais condamnée à l'échec parce que le masque débonnaire du centro-centrisme finira par tomber. Révélant aux militants qu'ils ont été abusés au nom de l'ambition d'un seul homme.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Un certain désarroi</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/05/03/Un-certain-desarroi</link>
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    <pubDate>Thu, 03 May 2007 23:58:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>2007, année électorale</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;A l’issue du débat entre Mme Royal et M. Sarkozy, mercredi 2 mai 2007, François Bayrou a exprimé sa claire intention de ne pas voter pour l’ancien ministre de l’Intérieur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le président de l’UDF n’a pas donné plus de précisions sur son choix. Sa dernière déclaration vient cependant confirmer certains propos antérieurs (et sibyllins).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dire qu’on refuse d’apporter sa voix à M. Sarkozy peut signifier trois choses&amp;nbsp;: l’abstention -improbable pour un leader d’envergure nationale-, le vote blanc, le vote en faveur de Mme Royal. Entre ces deux dernières alternatives, François Bayrou tranchera dans le secret des isoloirs palois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est sa liberté, celle d’un candidat qui a porté avec force et succès les valeurs d’un centre humaniste et libéral. Un candidat que des millions de Français ont choisi pour son courage, sa sincérité, sa probité granitique. Un candidat et un projet pour lesquels des milliers de militants et de sympathisants ont mouillé la chemise, le temps d’une campagne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le 22 avril 2007, François Bayrou nous avait délivré un message d’espoir. La «&amp;nbsp;bonne nouvelle&amp;nbsp;» toute profane de ce soir-là, portait un nom de roman&amp;nbsp;: possibilité du centre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour pérenniser cet élan, une condition nécessaire s’imposait&amp;nbsp;: réserver à chacun la liberté de se prononcer pour l’un, l’autre ou aucun des deux protagonistes du second tour.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’électeur de François Bayrou a pris le beau risque du centre, du vote hors des sentiers battus et bipolaires&amp;nbsp;; ce n’était certes pas pour se conformer plus tard aux oukases ou consignes de tel ou tel, fût-ce son candidat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis ce soir de premier tour, disons-le tout net, une certaine confusion prévaut dans nos rangs centristes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D’aucuns –dont je suis- ont cru que la liberté de vote ne valait pas indignité pour l’un des bulletins. Ils ont pesé les arguments des uns et des autres, chaussant au besoin leurs lunettes pour mieux se fier aux écrits, plutôt qu’aux propos de Mme Royal et de M. Sarkozy.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bien sûr, la racine de certains ralliements plonge sous la surface des seules opinions, jusqu’aux intérêts. Est-ce une raison pour vouer à l’opprobre ceux qui opteront pour M. Sarkozy, pour leur promettre un grand grincement de dents (restons bibliques)&amp;nbsp;? Est-ce une raison pour leur intenter des procès en centrisme et en sincérité&amp;nbsp;? Est-ce une raison pour les agonir d’injures, de reproches teintés d’un antiparlementarisme immémorial et nauséabond&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les derniers billets de ce blog ont annoncé la couleur de mon 6 mai. Ils ont aussi déclenché une salve de commentaires, dont la camaraderie est trop souvent absente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les centristes venus de la gauche m’y reprochent tout et le contraire de tout, ma liberté de ton et mon inféodation supposée aux &quot;vilaines&quot; puissances de la droite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je le dis tout net&amp;nbsp;: si nous n’y prenons garde, les exclusives finiront par provoquer l’échec de notre dessein. A famille déchirée, ambition embourbée&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les cadres ou les militants qu’on vilipende aujourd’hui sont souvent fidèles, quand l’engagement des contempteurs est neuf. Qu’aura-t-on gagné à gauchir trop strictement le centre, sinon une coupure avec un électorat solide&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La dernière déclaration de François Bayrou, après un débat trop calme, faute d’enjeu, avec Mme Royal, vient accréditer en apparence les jeteurs d’anathèmes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Telle n’est pas l’intention de notre candidat, je le sais. Mais l’amertume lui a peut-être fait lâcher des mots trop définitifs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En explicitant son vote, il a donné les verges pour faire battre une partie de notre famille.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je forme le vœu que nous saurons pourtant nous retrouver ensemble, au lendemain du 6 mai, pour porter l’espérance d’une France réconciliée avec elle-même, unie autour des valeurs humanistes et libérales.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Perspectives et réalités : pourquoi je voterai Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/04/27/Perspectives-et-realites-%3A-pourquoi-je-voterai-Nicolas-Sarkozy-le-6-mai-2007</link>
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    <pubDate>Fri, 27 Apr 2007 06:16:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>2007, année électorale</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La déception du dimanche 22 avril passée, chaque électeur de François Bayrou se voit confronté au choix du second tour.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nos voix ont été beaucoup sollicitées dès que furent connues les premières estimations des instituts de sondages&amp;nbsp;: avec brutalité par le candidat de la droite, avec une hypocrisie de maquignon du côté socialiste. Hier vilipendé, notre candidat s’est vu paré, notamment par Mme Royal, des qualités les plus éminentes tout au long de ce début d’entre-deux tours. On comprend que cette sollicitude prenne pour François Bayrou un goût de revanche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais à l’électeur et au militant anonymes, le vertige des 18,57% ne saurait tenir longtemps lieu de ligne de conduite. Les plus déçus –et les moins lucides ?- de mes camarades envisagent de se retirer du jeu, de passer leur tour à la table où se décide l’avenir de la France. Que rêvent-ils, ces moines- soldats du centre&amp;nbsp;? Souvent jeunes ou neufs en politiques, ils ont formé l’espoir qu’un mouvement de taille réduite, privé de beaucoup de ses cadres les mieux implantés depuis la saignée de 2002 et armé du seul enthousiasme de ses néo-militants, pouvait terrasser deux mastodontes héritiers de décennies d’histoire politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le combat valait la peine d’être mené, et je suis fier d’en avoir été, avec beaucoup d’autres. En votant UDF, nous avons affirmé avec force la possibilité d’un centre humaniste et libéral, pour peu que son projet s’incarne dans une personnalité de haute valeur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La démocratie porte pourtant des règles que chacun doit respecter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Malgré nos efforts conjugués, plusieurs millions de voix séparaient, dimanche 22 avril, François Bayrou de Ségolène Royal, et plus encore de Nicolas Sarkozy. Il importe désormais de tenir compte du fait majoritaire, sauf à contester jusqu’au principe de l’élection présidentielle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ceux qui refusent de trancher entre Mme Royal et M. Sarkozy sont maîtres de leur non-choix.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ose croire pour ma part qu’en tenant un discours de liberté et de courage, François Bayrou ne nous a pas fait franchir le Rubicon pour y pêcher à la ligne le 6 mai.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux préoccupations doivent gouverner l’intime conviction des centristes à l’approche du second tour&amp;nbsp;: l’intérêt de la France, d’abord&amp;nbsp;; l’intérêt stratégique de l’UDF et du futur Parti démocrate, ensuite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il se trouve qu’ils coïncident en cette circonstance. L’intérêt de la France exige que se trouve placée, à la tête de l’Etat, une personnalité d’expérience, capable d’avoir la main sûre et la décision prompte en cas d’atteinte portée aux intérêts vitaux de notre pays.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, la candidate du Parti socialiste ne sait pas ce qu’elle veut pour la France, pas plus d’ailleurs que la pléiade de mouvements qui la soutiennent pour le second tour (LO, LCR, PCF, MRC, Les Verts, PS, PRG, …). C’est bien simple&amp;nbsp;: depuis ses victoires de 2004, le Parti socialiste croit pouvoir emporter l’élection présidentielle sans avoir à effectuer en profondeur de révision de sa doctrine, qui «&amp;nbsp;met le réformisme au service des espérances révolutionnaires&amp;nbsp;» (la formule vaut toujours !).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quant à la méthode employée par les gauches pour convaincre, elle évoque rien de moins que la IVe République. Ségolène Royal, sous prétexte de l’emporter au second tour, a cédé depuis dimanche aux poisons et délices de la combinazione, pensant acheter les électeurs du centre comme des clémentines sur un marché, au prix de deux ou trois strapontins ministériels.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais, amis centristes, souvenez-vous que nous avons su préserver notre indépendance en 2005, au moment où l’UMP formulait les mêmes propositions indécentes à certains de nos élus&amp;nbsp;! Pourquoi céder aujourd’hui, après avoir fait preuve de notre courage hier?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’intérêt de la France me poussera dimanche 6 mai à choisir un bulletin au nom de Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’ancien Ministre de l’Intérieur a construit un projet clair, moins caricatural que le répètent ceux qui ne l’ont pas lu. Un projet qui, sur les questions économiques et sociales, demeure incontestablement proche de celui de François Bayrou, comme l’ont constaté de nombreux économistes. A l’heure où la principale préoccupation des Français demeure l’emploi, pouvons-nous appeler à voter pour le projet du tout-étatique?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Non, résolument non.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur l’immigration ou l’éducation, nous n’avons pas plus de points communs avec un PS laxiste et laïcard. L’approche sécuritaire de Nicolas Sarkozy mérite d’être nuancée par des propositions concrètes en matière de libertés publiques, mais elle répond aux attentes de très nombreux Français, et rejoint les analyses de Jean-Christophe Lagarde, par exemple.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-ce un hasard si le rédacteur de notre projet –Pierre Albertini-, notre Porte-parole –François Sauvadet- et un de nos Vice-présidents –Maurice Leroy- ont appelé sans ambiguïté à voter Nicolas Sarkozy, comme une majorité de parlementaires UDF&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Remarquez bien qu’aucun député UDF n’a déclaré envisager de voter Royal&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis prêt à parier qu’AUCUN ne le fera. Voter pour Royal pour voter contre Sarkozy, c’est faire le choix de l’irrationnel contre la cohérence, du fantasme antifasciste contre le réformisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En outre, notre mouvement comme le futur Parti démocrate ont tout intérêt à une victoire de Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réfléchissons un peu en cyniques -une fois n'est pas coutume-&amp;nbsp;: quel est le principal enjeu des législatives à venir pour l’UDF&amp;nbsp;? Réponse&amp;nbsp;: réussir à fidéliser les voix de gauche qui se portèrent sur François Bayrou le 22 avril 2007.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En cas de victoire «&amp;nbsp;royaliste », les voix en question risqueraient d’être emportées dans la dynamique d’un vote de soutien au nouveau pouvoir. Pour peu que Mme Royal ait l’habileté d’appeler quelques attrape-bobos au gouvernement (Mmes Autain et Taubira, MM. Mamère et Montebourg), nous serions certains de retrouver les basses eaux du centrisme politique dans l’écrasante majorité des 577 circonscriptions de France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En revanche, François Bayrou a tout intérêt à une victoire de Nicolas Sarkozy la plus large possible&amp;nbsp;: elle accélérerait la recomposition du paysage politique, ferait entrer le PS dans une zone de turbulences, l’UDF pouvant lui dérober définitivement le feu social-démocrate.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne suis ni un grand féodal, ni une éminence grise de l’UDF.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’appartiens à cette génération de jeunes militants qui a rejoint la famille centriste et libérale depuis 2002.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est en homme libre, sans hésitation aucune, que je voterai Nicolas Sarkozy dimanche 6 mai 2007.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je lance un appel à tous mes camarades qui ont fait le même choix&amp;nbsp;: pour la France et dans l’intérêt du centre comme force politique, faîtes voter Nicolas Sarkozy, et n’hésitez pas à convaincre jusqu’aux plus réticents de vos proches&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chaque voix comptera.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Tristesse et beauté</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/04/22/Tristesse-et-beaute</link>
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    <pubDate>Sun, 22 Apr 2007 20:03:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>2007, année électorale</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;On me permettra d'emprunter le titre de ce billet à Kawabata Yasunari, et à un roman que j'ai aimé. Mes sentiments quant aux résultats de ce premier tour se retrouvent dans leur balancement subtil.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, j'éprouve une évidente tristesse à ce que le candidat de la famille centriste et libérale ne puisse être présent dans les isoloirs le 6 mai. Tristesse nuancée de joie, celle de voir près de 75% des Français se rassembler autour des trois principaux candidats&amp;nbsp;: soit la promesse d'une vie politique qui se structure dans une diversité raisonnée plutôt qu'elle ne se fragmente à l'infini.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bonheur de lire dans un taux de participation historique une soif de politique dont l'inextinguibilité est porteuse d'exigence.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, beaucoup d'entre nous, à l'UDF, sont déçus. Pourtant, il y a de la beauté et du panache dans l'attitude de notre candidat au soir du premier tour. Pas de ralliement automatique, pas de négociations de marchands de tapis, mais une attitude digne et responsable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les militants en campagne manquent trop souvent de recul historique. Qui eût osé croire que François Bayrou réunirait 19% sur son nom, il y a six mois? Quelques inconditionnels, quelques brillantes passionnées du centre comme Quitterie Delmas, mais peu de militants &quot;lambda&quot;, encore moins d'analystes politiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;19%, c'est mieux que Raymond Barre en 1988 ou Jean Lecanuet en 1965. Notre famille a enfin retrouvé un résultat conforme à son identité et à la qualité de son projet pour la France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le second tour du 6 mai sera incertain, et se jouera à peu de voix près. Chacun de nous croit savoir quel sera son choix à ce moment-là, malgré la commotion reçue ce soir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes préférences pour le second tour sont bien connues des habitués de ce blog, ou aisément devinables. Les millions de Français qui nous ont apporté leur confiance attendent de S. Royal et de N. Sarkozy une vraie vision  des enjeux et une réelle capacité de rassemblement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gageons que l'UDF, avec François Bayrou, saura peser au trébuchet les positions et déclarations des uns et des autres pour s'exprimer sur le fond, et continuer à construire un grand parti ouvert et démocrate.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le moment venu, Jean-Marie Cavada l'a dit, nous choisirons d'assumer nos responsabilités en donnant notre sentiment aux électeurs sur le meilleur chemin pour le pays. En Parti libre!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Croire en la France</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/04/21/Aimer-la-France</link>
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    <pubDate>Fri, 20 Apr 2007 23:57:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>2007, année électorale</category><category>Histoire politique</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Drôle de période que celle qui précède le vote. Les éditorialistes se taisent, les Français relisent les professions de foi reçues à domicile ces jours derniers, chacun essaie d'obtenir des informations sur le verdict des urnes et le devenir de la France. On cite ici un sondage des RG, là les confidences d'un journaliste de la presse régionale...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'autres, dont je suis, musardent dans les images ou textes du passé pour mieux affermir, s'il était besoin, une conviction forgée depuis longtemps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La flânerie virtuelle a conduit mes yeux jusqu'au site de l'INA, et aux voeux de François Mitterrand le 31 décembre 1994. C'est dans cette allocution que le Président de la République d'alors avait évoqué les &quot;forces de l'esprit&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'expression avait frappé les Français&amp;nbsp;: il est vrai que François Mitterrand pesait ses mots au trébuchet, guidé par une admirable connaissance de la littérature nationale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Inutile de revenir sur la nature de nos sentiments à l'égard du Président Mitterrand, il serait trop malaisé de démêler ce qui relève de l'admiration coupable pour sa rouerie de Florentin et la reconnaissance pour un chef de l'Etat qui sut tenir son rang au nom de la France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai été frappé par les deux ultimes recommandations formulées à l'intention des Français dans cette allocution&amp;nbsp;: deux recommandations pour l'avenir et pour guider le choix du peuple à la veille d'une campagne électorale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mitterrand nous enjoignait d'abord de ne jamais séparer les notions de liberté de celle d'égalité. On observera qu'il fit souvent profession de préférer la seconde à la première, c'est un fait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le conseil pèse de tout son poids ce 21 avril 2007, à l'heure où le brouillard persiste, qui empêche de bien discerner l'état des forces en présence avant la bataille du premier tour. Libre à chacun de murmurer en son for intérieur le nom du candidat qui concilie le mieux, à son sens, le lien intime entre la pensée libérale et l'aspiration à plus de justice.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde recommandation mitterrandienne nous dissuadait de jamais séparer la grandeur de la France de la construction européenne. Demain, je veux croire que les Français porteront massivement leurs suffrages sur des candidats sincèrement Européens, sans préciser plus ma pensée, réglementation oblige.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gardons à l'esprit la leçon de François Mitterrand, tout en sachant articuler sur les vingt dernières années de la France un jugement balancé mais plein d'espoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre pays, le Président Chirac l'a redit avec force il y a peu, n'a pas fini d'étonner le monde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Demain, le courage et la fidélité à nos valeurs passeront par un vote qui porte l'audace de la raison.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Des verges pour se faire battre ?</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/04/17/Des-verges-pour-se-faire-battre</link>
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    <pubDate>Tue, 17 Apr 2007 06:12:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>2007, année électorale</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Jean-Marie Le Pen vient de récidiver, qui a renvoyé Nicolas Sarkozy à ses origines étrangères en lui déniant le droit de parler au nom de la France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ai déjà expliqué pourquoi, à mon sens, l’antisarkozysme n’était pas un antifascisme, même si les bonnes consciences d’aujourd’hui s’égarent plus facilement encore que celles d’hier, puisqu'elles se trompent d'ennemi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faut condamner les propos de Le Pen affirmant que la «&amp;nbsp;magyarité&amp;nbsp;» de Sarkozy pourrait gêner les Français&amp;nbsp;: c'est de l'ordre de la nécessité absolue. Que certains ricanent à ces sous-entendus ignobles, ou pire, les cautionnent par leur silence, voilà une chose que je ne puis comprendre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon billet «&amp;nbsp;un borgne contre la République&amp;nbsp;» a suscité deux réactions assez argumentées mais souvent à côté de la plaque, sur le mode&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Sarkozy l’a bien cherché, c’est l’arroseur arrosé ». Pardonnez-moi, amis, de vous rappeler qu’en démocratie, il arrive de défendre des responsables politiques malgré eux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’exigence de dignité du débat public n’est pas à géométrie variable selon qu’il s’agit de Mme Royal ou de M. Sarkozy.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, les mêmes qui s’indignaient hier à juste titre de la misogynie anti-royaliste se taisent face à la xénophobie anti-sarkozyste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que diriez-vous, belles âmes, si Julien Dray se voyait reprocher d’avoir passé ses premières années en Algérie&amp;nbsp;? Que diriez-vous, si on lui contestait le droit de solliciter les suffrages des Français&amp;nbsp;? Vous parleriez d’antisémitisme larvé, et vous auriez raison.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est vrai que le coup d’envoi des hostilités douteuses avait été donné par M. Besson (depuis passé à droite) qui avait repeint Sarkozy aux couleurs du «&amp;nbsp;Parti de l’Etranger&amp;nbsp;» ; le diable, pour la gauche, c’est toujours l’Amérique…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors oui, je suis révolté par les propos de Sarkozy sur l’inné et l’acquis.
Oui, je reproche au président de l’UMP d’être un candidat de division, et c’est même pour cela que je soutiens un autre candidat, celui du rassemblement&amp;nbsp;: François Bayrou.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais on ne peut se satisfaire de voir la xénophobie et l’antisémitisme ainsi mis en scène pour déstabiliser un candidat. La joie mauvaise des hommes de gauche lorsqu’ils entendent attaquer Sarkozy par Le Pen me fait peur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La démocratie exige de nous une vigilance de chaque instant&amp;nbsp;: et s’il faut donner à certains l’impression que je défends ici Sarkozy, le candidat du fric et des grands media, peu m’importe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est certains principes avec lesquels on ne transige pas, même -et surtout!- en période pré-électorale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;David Valence&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Notre maître à tous</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/04/16/Notre-maitre-a-tous</link>
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    <pubDate>Mon, 16 Apr 2007 23:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>2007, année électorale</category><category>Histoire politique</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Samedi 14 avril 2007, René Rémond est, comme on dit, &quot;entré dans le mystère de la mort&quot;. Gageons que ce croyant a abordé la fin de son existence avec sérénité, et dans l’espérance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au-delà des hommages parfois convenus au «&amp;nbsp;Pape de l’histoire contemporaine », une génération plus verte que celles qu’il a formées se souvient de l’auteur de La Droite en France (titre passé au pluriel lors de la réédition de 1982), mais aussi d’un mandarin «&amp;nbsp;pour rire », l’humilité en plus&amp;nbsp;; un vrai maître.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si j’ai souvent aperçu la longue silhouette de René Rémond dans les couloirs de Sciences-Po, je ne lui avais jamais adressé la parole avant l'année 2006.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Provincial jusqu’à la moelle, arrivé à Paris sans appui autre que l’amour de mes parents et de ma soeur, j’ai été très ému, une fois entré sous le porche de la rue Saint-Guillaume, de pouvoir découvrir le visage de chercheurs émérites comme les professeurs Berstein, Azéma, ou le facétieux Alain-Gérard Slama. Ce sentiment d’irréalité, lié à la proximité d'historiens que j’admirais et admire, ne m’a jamais vraiment quitté&amp;nbsp;: il est vrai que ces années-là ne sont pas encore trop lointaines…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme doctorant, je suis tenu depuis octobre 2005 d’assister à un séminaire hebdomadaire au Centre d’histoire de Sciences-Po, où des chercheurs viennent présenter un ouvrage récemment paru, et ouvrir un dialogue souvent fructueux avec les étudiants. René Rémond devait se soumettre à l’exercice pour ses «&amp;nbsp;Droites aujourd’hui&amp;nbsp;» début 2006&amp;nbsp;: en raison de mon objet de recherches, je fus préposé à l’avance à l’emploi de discutant pour cet ouvrage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je garde de René Rémond un souvenir plein de gratitude.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout à ma posture de doctorant un peu «&amp;nbsp;tête brûlée », je m’efforçai le jour venu de poser des questions incisives, notamment sur la question des «&amp;nbsp;sensibilités&amp;nbsp;» en politique. Le toujours président de la FNSP se livra à l’exercice avec beaucoup de gentillesse et de courtoisie à mon égard&amp;nbsp;: l’homme aimait visiblement, ayant ciselé ses analyses, les confronter à de jeunes interlocuteurs. Après plus de cinquante ans de vie intellectuelle, cette disponibilité m’avait beaucoup impressionné.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La jeunesse pour un chercheur, c’est peut-être cela&amp;nbsp;: accepter de nuancer un argument, de préciser un point de détail, bref, de «&