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  <title>Blog de David Valence - Cinéma</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 13 Nov 2008 11:29:12 +0100</pubDate>
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    <title>&quot;Choisir&quot;, disent-elles</title>
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    <pubDate>Tue, 11 Nov 2008 09:52:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le titre du dernier film de Claire Denis sonne comme une provocation. &quot;Les bureaux de Dieu&quot;&amp;nbsp;: voilà un nom de baptême inattendu -et heureux- pour un documentaire-fiction consacré au Planning familial. Une interprétation s'en impose, qui insiste sur l'âge d'émancipation  ouvert pour les femmes avec la maîtrise de leur fécondité. Dans cette perspective, la contraception revêt une dimension prométhéenne. Elle contrarie la loi de l'espèce et du hasard -ce que d'aucuns appellent &quot;Dieu&quot;-.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La réalisatrice a choisi de mêler actrices professionnelles et anonymes pour incarner des scènes observées dans plusieurs centres du Planning familial entre 2001 et 2007. Cela nous vaut quelques moments de grâce à la Maurice Pialat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une jeune femme dont les troubles psychiques se révèlent progressivement au spectateur confie son espoir à Nicole Garcia. Espoir d'amour auquel elle n'ose croire et que le refus de maternité consacre au lieu de le condamner. Prendre le temps de vivre ce qui s'offre de beau &quot;pour soi&quot; avant de décider, le cas échéant, de donner la vie&amp;nbsp;: les quelques minutes de cette scène offrent un antidote humaniste à beaucoup de préjugés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Autre merveille, la variation autour du canevas de la prostituée amoureuse. Celle d'aujourd'hui est bulgare, blonde, presque masculine. On sent chez elle l'habitude des choses du corps. Et la pudeur pour celles du coeur, dissimulée derrière une précision presque médicale (&quot;j'ai fait l'amour le 18 août&quot;). Quelle histoire merveilleuse que celle d'une femme qui tombe enceinte trois fois du même homme, après chaque étreinte partagée!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De précieux moments de répit entre deux plongées dans l'intime sont offerts au spectateur. Le médecin (Michel Boujenah, étonnant) change une ampoule, Nathalie Baye (merveilleuse de subtilité) s'étend sur le sol pour reprendre de l'énergie, les cigarettes s'allument et s'éteignent sur le balcon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un regret&amp;nbsp;: le cadrage ne sert pas toujours le propos de Claire Denis. Trop large, il ne permet pas toujours de saisir les visages dans leur entier et ouvre des lignes de fuite dans un décor banal. Le grain de l'image aurait pu être travaillé dans un esprit plus cuivré, moins électrique. Ces menus défauts donnent (à tort) l'impression que le film compte dix ou quinze minutes inutiles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En résumé, hâtez-vous de voir &quot;les bureaux de Dieu&quot;, oeuvre d'art autant qu'acte militant.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Qu'est-ce qu'un raté?</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/11/17/Quest-ce-quun-rate</link>
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    <pubDate>Sat, 17 Nov 2007 12:03:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category><category>Valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Si Woody Allen bénéficie d'un public captif en France -400.000 entrées au pire-, les critiques hexagonaux ne l'ont guère ménagé par le passé. La rengaine sur le tarissement de son inspiration fut entonnée dès la fin des années 1980. Certaines des réussites qui suivirent -&quot;Celebrity&quot; ou &quot;Sweet and Lowdown&quot;- ne rendirent pas les plumitifs plus circonspects. La vérité est qu'ils guettaient l'épuisement du filon, en étranges chercheurs d'or.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Couardise ou lucidité, beaucoup de journalistes se rêvent derrière une caméra sans passer nécessairement à l'acte. On conçoit qu'un auteur aussi prolifique que le schmoll de Brooklyn les agace. Je concéderai un ratage complet aux aigreurs de la critique&amp;nbsp;: &quot;Anything else&quot;, opus bavard et inutile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Déroutés par &quot;Match point&quot;, les adversaires d'Allen Stewart Königsberg, ont repris leur souffle avec &quot;Scoop&quot;. Ils soupirent d'aise depuis la sortie à Paris, il y a quelques semaines, du &quot;Rêve de Cassandre&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, ils vont pouvoir reprocher à Allen ses redites, feindre la lassitude et trouver le film bâclé. La singulière brièveté des articles à lui consacrés par Le Monde et Libération traduit cependant un malaise dans l'argumentation. Qui soutient ce film, me direz-vous? La Croix et Le Figaro. Tout un programme, auquel vous ne devrez pas vous arrêter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le long métrage traite de la réussite sociale (comme &quot;Match point&quot;). L'élément américain se fait ici corrupteur (l'oncle), quand il n'était que victime dans &quot;Match point&quot; (l'actrice minable, mais sublime de puissance érotique). L'American dream se déplace jusqu'à Londres et y prend visage de pousse-au-crime. Etrange cinéaste que ce jeune homme de Woody Allen! Le grand fleuve du film est nourri par des infiltrations karstiques, dont l'incommunicabilité entre Ancien et Nouveau monde n'est pas la moindre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une analyse fine révèle que le propos du &quot;Rêve de Cassandre&quot; se distingue des deux autres films &quot;londoniens&quot; d'Allen.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Résumons&amp;nbsp;: &quot;Match point&quot;, c'était &quot;Que sommes-nous prêts à sacrifier pour réussir?&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Scoop&quot;&amp;nbsp;: &quot;Le mensonge est-il la condition de toute ascension sociale?&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Le Rêve de Cassandre&quot;&amp;nbsp;: &quot;Qu'est-ce qu'un raté?&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n'est pas un homme de 25 à 34 ans qui pourra regarder le film sans trembler. Les deux acteurs principaux, nourris au lait du rêve américain par leur mère, jettent un regard sans concession sur leur père. Malheur à celui qui ne réussit pas mieux que son père, dirait un proverbe de l'Afrique sahélienne -que M. Guaino eût gagné à connaître avant de décrire l'Afrique noire comme égarée dans un présent  infini-.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tenaillée par la pression sociale qui réclame qu'on respecte son modèle de réussite, toute une génération de jeunes hommes connaît l'angoisse du déclassement dans nos sociétés occidentales. Deux alternatives&amp;nbsp;: rejeter le joug, ou se couler dans un moule conçu par d'autres, qui vous ont précédés. Les frères du &quot;Rêve de Cassandre&quot; se perdront par trop de soumission à la seconde hypothèse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ressort noué de ce long métrage, essoré par les questions surgies sur soi au fil des images.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les dix premières minutes galopent -merveilleux premiers plans dans le port-, les ceintures doivent demeurer attachées jusqu'au terme. L'orée du film et son débouché se font écho, comme chez Hemingway (&quot;Pour qui sonne le glas&quot;). Rien de mécanique dans le récit pourtant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je gage que dans trente ans, d'autres critiques blâmeront les ricaneurs d'aujourd'hui, les mal embouchés de novembre 2007, pour avoir fait la fine bouche devant un film tendu, sec, funèbre.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Un genre américain</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2007/10/07/Un-genre-americain</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Oct 2007 08:15:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Un récent séjour outre-Atlantique m'a permis de constater un renouveau du western, genre américain par excellence. A voir &quot;3h10 pour Yuma&quot; ou &quot;L'assassinat de Jesse James&quot; à l'affiche des salles obscures de Princeton, New Jersey, on pouvait se croire ramené 60 ans en arrière. Las! Il ne s'agissait que de remakes, peut-être valables au demeurant. La question de fond demeurait et demeure cependant&amp;nbsp;: pourquoi ce retour de flamme hollywoodien?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Premier élément de réponse&amp;nbsp;: la crise d'inventivité des scénaristes. A l'époque des studios -où les acteurs s'enchaînaient à la Columbia, à United artists, à la MGM, à la Warner, à la Fox, à la Republic-, un scénariste se recrutait parmi les auteurs de théâtre (Clifford Odets), les auteurs tout court (Faulkner, Chandler, Fitzgerald) voire les diplômés des grandes universités américaines, non spécialisés pourtant dans les scénarii (Joseph L. Mankiewicz, diplômé de Columbia University). Entre ces grands noms et le scribouillard de série B -le personnage joué par William Holden dans &quot;Sunset boulevard&quot; avoue un passé de journaliste dans le Midwest-, le fossé pouvait sembler énorme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le métier de scénariste n'était pas enseigné, et c'est là pour nous l'essentiel&amp;nbsp;: où naît l'enseignement de ce qu'un récit doit comporter de spécifiquement cinématographique, périt la démesure dans le rapport au film, l'idée même que puisse exister un autre cinéma. Pensons à cette veine épique et non strictement narrative qu'inaugura -sans suite- &quot;Birth of a nation&quot; de Griffith... Sans se prononcer sur le fond du film, qu'on sait raciste au dernier degré, on ressent à le visionner une sensation de dépaysement que le seul muet ne saurait expliquer. C'est que le cinéma s'inventait alors. Griffith et son scénariste en avaient tiré parti en explorant les ressources de l'épopée sur grand ércan, sans personnage principal ni héros.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On enseigne désormais l'art du scénariste dans toutes les universités américaines, en rapport étroit avec les exigences des producteurs. Ceci conditionne cela. Quand vous savez que votre metteur en scène, quelque prestigieux qu'il soit, n'aura pas la liberté nécessaire pour imposer un plan de 5 ou 6 minutes -là où Ford par exemple l'osait, dans &quot;Two rode together&quot;- , vous n'écrivez pas de scènes se prêtant à des techniques &quot;exceptionnelles&quot;. Au contraire, vous hachez, vous faîtes se succéder très rapidement les épisodes narratifs&amp;nbsp;: trop de metteurs en scène américains ont aujourd'hui à coeur de respecter cet usage au départ télévisuel et qui consiste à limiter chaque plan à 30 secondes au maximum, quitte à se payer un ou deux travelings &quot;artistiques&quot; au début et à la fin du long métrage. Un scénario calibré, une mise en scène calibrée, un film calibré pour un public le plus large possible&amp;nbsp;: recette conteporaine du succès?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le système, cependant, finit par tourner en rond. Et les entrées de se tarir. Le spectateur se lasse des récits construits sur une trame identique. Que faire, se demandent les producteurs? Les plus audacieux ou les mieux renseignés -au moyen d'enquêtes coûteuses auprès de &quot;consommateurs de films&quot;- réalisent que le public nourrit une vague nostalgie pour des genres délaissés&amp;nbsp;: le film noir, le péplum (Troie&amp;nbsp;; Alexandre), le western, demain peut-être le film de cape et d'épée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce constat dressé, l'industrie du cinéma s'ébranle à la recherche d'un scénario valable. L'idéal demeure d'adapter un livre à grand succès, ce qui garantit que les lecteurs se rendront à tout le moins dans les salles, par curiosité&amp;nbsp;: on se souvient de l'excellente version du &quot;Dahlia noir&quot; de James Ellroy, sorti en France l'an dernier, et qui renouait avec la blonde platine, les costumes un peu larges, les conduites intérieures noires et le whisky-eau de Seltz. Autre solution, le remake, plus hasardeux en apparence&amp;nbsp;: qui dira, sans présumer du reste, que Keanu Reeves vaille feu Glenn Ford (3h10 pour Yuma)?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'usage du genre dans ce type de productions ne tourne jamais au parodique ou au contraire à l'épure, que se permirent respectivement Jarmusch (Dead man) et Eastwood (Unforgiven) avec le western. Au contraire, les scénaristes du XXIe siècle respectent strictement les codes d'autrefois, ce qui donne à ces bouquets de films de genre un caractère académique, donc éphémère.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;S'agissant du frémissement manifesté par le cinéma américain en faveur du western, une autre explication peut être avancée. La guerre en Irak, quoique moins meurtrière que le conflit vietnamien, invite les Etats-Unis à repenser leur rôle de &quot;porteurs de flamme du progrès&quot; comme leur destinée manifeste. Il n'est pas indifférent qu'après que sa mort avait été annoncée, le western ait retrouvé une faveur éphémère dans le cinéma américain des années 1965-1975, en particulier pour l'oeil des jeunes réalisateurs&amp;nbsp;: Monte Hellman (L'ouragan de la vengeance&amp;nbsp;; The shooting), Robert Altman (John MacCabe), Samuel Peckinpah (La horde sauvage), Sydney Pollack (Jeremiah Johnson), Clint Eastwood (L'homme des hautes plaines, Josey Wales hors-la-loi). Souvent violents -Peckinpah- ou désenchantés, ces films avaient en commun de détruire à leur manière le mythe de l'invincibilité et de la bonté &quot;américaines&quot;, dans un contexte marqué par la guerre du Vietnam. On pourrait ajouter à cette liste un sauvageon tardif, &quot;Heaven's gate&quot; de Cimino.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A l'époque, le cilice des studios ne meurtrissait pas la chair des réalisateurs avec autant de cruauté qu'aujourd'hui. Le retour momentané au film de genre pour penser la &quot;saga americana&quot; et son avenir procédait d'un questionnement d'artiste. Qu'en sera-t-il des westerns contemporains?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre désenchantement quant au fonctionnement de l'industrie du cinéma outre-Atlantique nous pousserait au pessimisme. Ajoutez à cela le choix de certains acteurs&amp;nbsp;: le musculeux et médiocre Brad Pitt pour le film sur Jesse James... Mais taisons là nos doutes, et jugeons -demain- sur pièces.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Gloire à George Cukor</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2006/09/18/Gloire-a-George-Cukor</link>
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    <pubDate>Mon, 18 Sep 2006 23:17:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category>    
    <description>&lt;p&gt;Hommage à un maître de style et d'humour&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Délicieux frisson que procurent les grands westerns...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On croit maîtriser le genre, on en connaît les accessoires –chevaux, éperons, stetsons, armes à feu, alcool, jeux de cartes et saloons, Indiens-, les ressorts dramatiques –lutte pour une femmes ou de l’argent, vengeance-, les acteurs –John Wayne, Gary Cooper, Henry Fonda, Randolph Scott, James Stewart pour les plus emblématiques-.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dès lors, chaque liberté prise avec les codes du genre, chaque nuance apportée par le metteur en scène au récit attendu apparaît comme une surprise délicieuse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La plupart des réalisateurs hollywoodiens des années 40-50 ont sacrifié à ce genre, ne serait-ce que pour des raisons de contrats avec les studios&amp;nbsp;: John Ford, évidemment (mon préféré&amp;nbsp;: &lt;em&gt;The man who killed Liberty Valance&lt;/em&gt;, sans narcissisme), Fritz Lang (&lt;em&gt;Rancho notorious&lt;/em&gt; notamment), Anthony Mann (&lt;em&gt;The Man from Laramie&lt;/em&gt;,...), Bud Boetticher, King Vidor, Jacques Tourneur,...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien ne prédestinait George Cukor à aborder ce genre-là, où la mort est plus familière que les mots d’esprit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le réalisateur venu du théâtre, amoureux (derrière une caméra) des femmes et misogyne à la fois, s’y colla cependant à la fin des années 50 pour la Paramount, sur un scénario de D. Nichols et W. Bernstein. Le résultat ne pouvait ressembler à rien de connu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Heller in pink tights&quot; est plus une comédie grinçante et virtuose qu’un drame&amp;nbsp;: Sophia Loren y cabotine en toute liberté, aux côtés d’un Anthony Quinn dépassé par les événements&amp;nbsp;; les couleurs claquent comme jamais (le décor feu du saloon), la première demi-heure semble une minute, les chevaux courent dans les théâtres, les plans sont élégants et virtuoses...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On goûte, à voir ce film sur grand écran, un plaisir d’esthète, certes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais il est possible d'y voir aussi un monument du &lt;em&gt;camp&lt;/em&gt;, comme diraient les Anglais.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A chaque minute, le film manque de basculer dans le ridicule, et se rattrape de justesse. Il n'en est que plus beau, &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans un registre moins lyrique, cela m’évoque &lt;em&gt;Johnny Guitar&lt;/em&gt;, où Nicholas Ray montre le même souci des couleurs (Joan Crawford en robe blanche jouant du piano) et construit également son film autour d’une femme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En bref, vivent les films funambules&amp;nbsp;! Et je termine en rappellant aux cinéphiles parisiens que la Cinémathèque française donne une rétrospective Cukor en ce moment...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;David Valence&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Cinéma et politique</title>
    <link>http://david-valence.net/index.php/post/2006/08/30/Cinema-et-politique</link>
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    <pubDate>Wed, 30 Aug 2006 07:50:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category>    
    <description>&lt;p&gt;A quand un festival du film politique?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La politique, dans ses processus (débats parlementaires, votes, élaboration des programmes) comme dans ses modalités (militantisme, engagement) est peu présente sur grand écran. Ou plutôt, la fiction cinématographique abandonne ce champ aux reportages -type Le Cauchemar de Darwin- ou aux portraits-charges -Dans la peau de Jacques Chirac-.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certes, les figures de l'élu-local-redresseur-de-torts et du président-entouré-de-conseillers-avisés envahissent la télévision&amp;nbsp;: dans les séries franchouillardes du samedi soir sur France 3&amp;nbsp;; dans les feuilletons américains de TF1 ou France 2.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais il est très rare que le cinéma contemporain occidental dépeigne la politique en train de se faire. Comme si le dégoût du politique, qui frappe de nombreux citoyens, affectait également les cinéastes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faut reconnaître à Arte le mérite d'avoir tenté de remédier à cet état de fait&amp;nbsp;: il y a quelques années, la chaîne franco-allemande avait passé commande de (vrais) films sur le clivage droite/gauche à plusieurs réalisateurs français. Dans mon souvenir, hormis un volet portant sur les années Mitterrand, le résultat était mitigé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, le film politique est en genre passionnant en soi. Parce que la politique ne manque pas de ressources romanesques&amp;nbsp;; parce que la description d'un engagement permet de provoquer l'émotion du spectateur en évitant le pathos et le sentimental , comme l'a enfin compris Ken Loach (Le vent se lève)&amp;nbsp;; parce que la comédie du pouvoir se prête aussi à des satires féroces et jouissives.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Trois exemples&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-Advise and consent, d'Otto Preminger. Le film date du début des années 60, ou de la fin des années 50, je ne sais plus. Tourné en Scope (Preminger est le Prince de ce format), le film décrit l'examen (une enquête) par le Sénat américain, du Secrétaire d'Etat (Ministre des Affaires étrangères) nommé par un Président vieillissant, inspiré par Franklin D. Roosevelt. Le titre en français&amp;nbsp;: Tempête à Washington. Ce film est à la fois passionnant et juste dans sa description des régles du Parlement américain. Avec Henry Fonda, Charles Laughton, Walter Pidgeon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-Flamme de mon amour, de Mizoguchi Kenji (fin des années 40). Une merveille. Film féministe comme peu de réalisateurs osent en tourner aujourd'hui. A voir absolument pour se convaincre que l'art (la beauté des plans) n'est pas nécessairement compromis par les bons sentiments.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-Le Soleil, d'Andreï Sokourov. Après Hitler et Lénine, Sokourov poursuit son travail sur les &quot;personnages historiques&quot;. Il s'agit ici de l'empereur Hiro-Hito, confronté à la défaite de son pays à l'été 1945, et contraint de renoncer à son titre de Dieu vivant. Le pouvoir manipulé, l'isolement, la fascination qu'exerce l'empire, tout est représenté avec un austère raffinement, dans le silence ou le chuchotement. Le film est sorti cette année, une salle le donne encore à Paris.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'absence de festival du film politique, mêlant projections de films anciens et sorties à venir, est donc regrettable. Je dépose l'idée dans la besace des élus locaux soucieux de dynamiser leur commune!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;David Valence&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La guerre sur grand écran</title>
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    <pubDate>Fri, 18 Aug 2006 06:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>David Valence</dc:creator>
        <category>Cinéma</category>    
    <description>&lt;p&gt;Un peu de cinéma, pour changer.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Toutes les guerres se ressemblent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certes, le progrès technique a &quot;permis&quot; de fabriquer des armes d'une puissance de mort de plus en plus inouïe, jusqu'à la bombe atomique ou aux bombes bactériologiques. Certes, les stratégies adoptées par les belligérants font de chaque guerre un épisode sans réel précédent&amp;nbsp;: l'attaque des troupes allemandes contre l'URSS, en 1941, et leur retraite plusieurs mois plus tard, ne présentent que peu de points communs avec les péripéties napoléoniennes dans ces mêmes &quot;plaines blanches&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais les mécanismes économiques à l'oeuvre pendant un conflit, tout autant que les réalités de cet &quot;autre front&quot; qu'est l'arrière, et les conséquences de la guerre sur les civils, changent peu pour leur part.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Les Contes de la lune vague après la pluie&quot;, de Mizoguchi Kenji, est un film admirable -pardon pour la syllepse-, magnifiquement filmé (la traversée du lac, la vie dans le palais du spectre), lyrique et désespéré.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, au-delà même de l'aspect esthétique, il montre la guerre dans ce qu'elle peut avoir de bouleversant et d'absurde pour ceux qui ne la font pas directement (artisans, femmes surtout, enfants, paysans).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bouleversant, parce que les époux s'y perdent de vue, sans être certains de se retrouver.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bouleversant, parce que les fortunes s'y font et s'y défont plus vite. Tobei devenu un samouraï respecté, quoiqu'il ne soit qu'un pleutre, évoque certains résistants du lendemain, bravaches qui obtinrent parfois plus de décorations que de vrais héros. Gendjuro, poussé par la cupidité, compte sur la guerre pour mieux vendre ses poteries, comme certains vendirent du pétrole ou des vivres contrôlées sous l'Occupation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bouleversant, parce que chacun y consent, face au danger, à fuir ses objets, son âtre, tout un cadre intime et rassurant, parfois hérité de parents ou d'aïeux. Comment ne pas penser au Liban?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'absurdité de la guerre est un lieu commun. Camus disait que l'absurde naît de la rencontre entre l'homme, qui cherche un sens, et le monde, qui n'en propose pas. D'où on peut voir la guerre comme un retour de l'homme à l'animalité, puisque l'Homme y produit de l'aburde alors que, pris individuellement, il aspire à trouver un sens à ce qui l'entoure et à sa conduite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après Mizoguchi, c'est un film de Richard Fleisher qui m'a ramené hier à de telles réflexions -peut-être naïves-. Je parle des &quot;Vikings&quot;, avec Kirk Douglas et Tony Curtis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un sommet du film d'aventures à grand spectacle, avais-je lu quelque part. J'en suis d'accord&amp;nbsp;; on pourrait dire la même chose des &quot;Contrebandiers de Moonfleet&quot;, de Fritz Lang. A ceci près que &quot;Les Vikings&quot; comportent quelques scènes -classiques, me direz-vous-, où des paysans délaissent leur soc pour fuir, à la vue des guerriers varègues.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Où l'on saisit, en un ou deux plans, ce que pouvait être une existence susceptible d'être bouleversée à chaque instant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La &quot;paix des chaumières&quot;, la quiétude des fermes isolées, sont des figures &quot;modernes&quot;, parce qu'elles présupposent un état en paix, un Etat qui fasse respecter l'ordre et vienne en aide aux plus démunis, ce qui les écarte des voies ouvertes aux plus pauvres autrefois&amp;nbsp;: mercenariat, brigandage, braconnage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien de plus sain que de retrouver un instant, devant un écran, l'effroi que devrait naturellement provoquer en nous toute évocation de la guerre comme &quot; chose naturelle&quot;. L'ordre européen que cherchèrent à construire les Aristide Briand, Robert Schuman, Jean Monnet, Alcide de Gasperi et Paul-Henri Spaak, n'en apparaît que plus insolite et grandiose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment conclure? En invitant à voir et revoir les films de Mizoguchi Kenji, cet humaniste désespéré, ce défenseur en images de la cause des femmes, ce moraliste et cet esthète. A vos écrans, ou à vos DVD!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;David Valence&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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